Eglises d'Asie

Journée internationale des droits de l’homme : un prêtre anglican sri-lankais défend les droits des détenus

Publié le 12/12/2020




Le jeudi 10 décembre, alors que la Journée internationale des droits de l’homme était célébrée, le révérend Marimuttu Sathivel, un prêtre anglican de Colombo, la capitale sri-lankaise, reconnu comme défenseur des droits des détenus dans le pays, rappelle qu’au Sri Lanka, « les droits fondamentaux des prisonniers sont gravement menacés ». Marimuttu Sathivel, coordinateur du Mouvement national pour la libération des prisonniers politiques, appelle le gouvernement à abroger la loi PTA (Prevention of Terrorism Act), souvent détournée afin d’arrêter des opposants politiques.

Alors que la Journée internationale des droits de l’homme était célébrée ce jeudi 10 décembre, le révérend Marimuttu Sathivel, prêtre anglican et coordinateur du Mouvement national pour la libération des prisonniers politiques, affirme qu’au Sri Lanka, cependant, « les droits fondamentaux des prisonniers sont gravement menacés ». C’est pourquoi il estime que dans ces circonstances, dans le pays, « il y a peu de raisons de célébrer les droits de l’homme », affirme Marimuttu Sathivel, basé à Colombo, la capitale, et reconnu localement comme défenseur des droits des détenus. Il explique que même si « la devise ‘les prisonniers sont des êtres humains’ est écrite sur les murs de nos prisons, nous devons nous demander s’ils sont vraiment traités ainsi ». Le révérend Sathivel appelle depuis plusieurs années à retirer la Loi pour la prévention du terrorisme (PTA), trop souvent manipulée et détournée selon lui, dans le but d’arrêter des personnes à cause de leur seule opinion politique. Le gouvernement a toujours rejeté ses accusations, en affirmant qu’il n’y a aucun prisonnier politique au Sri Lanka. Toutefois, pour Marimuttu Sathivel, le cas de Hijaz Hezbollah prouve le contraire. Arrêté officiellement pour terrorisme, cet avocat spécialiste des droits de l’homme, de confession musulmane, a passé huit mois en prison sans aucune forme de procès.

Le prêtre anglican précise que toute personne arrêtée pour terrorisme dans le cadre de la loi PTA n’a pas le droit à une mise en liberté sous caution. De plus, il ajoute que certains détenus ont été placés en isolement pendant vingt ans, et que les visites familiales ne sont pas facilitées. « Et ça ne serait pas une violation des droits de l’homme ? » demande-t-il. Le problème de la surpopulation carcérale est un autre grave problème dans le pays. Les prisons sri-lankaises sont prévues pour accueillir un maximum de 12 000 détenus, mais on y compterait actuellement environ 34 000 prisonniers – 28 000 selon les chiffres officiels du gouvernement. Quel que soit le nombre réel, la surpopulation est tellement critique que les prisonniers sont souvent forcés de se relayer pour pouvoir dormir, voire de se reposer dans les salles de bains. Marimuttu Sathivel appelle à respecter l’État de droit, et donc à libérer les prisonniers politiques au Sri Lanka. Il aimerait également voir un changement d’état d’esprit : il souligne que les prisons ne doivent pas être « des lieux de torture ni même de sanction, mais des institutions permettant la réhabilitation ». « Au lieu de prévenir le crime, le système actuel pousse les gens dans des cercles vicieux de pauvreté et de marginalisation », affirme-t-il.

(Avec Asianews, Colombo)


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