Eglises d'Asie

Karachi : des jeunes catholiques pakistanais partagent leur foi et leurs repas avec les toxicomanes

Publié le 27/11/2020




Depuis le 15 novembre, à l’occasion de la 4e Journée mondiale des pauvres, un groupe de neuf jeunes catholiques pakistanais rend visite aux toxicomanes et aux sans-abri de Karachi, dans le sud du Pakistan. Environ deux à trois fois par semaine, ils partagent du thé et de la nourriture avec eux. Le responsable du groupe, Daniel Bashir, âgé de 28 ans, qui a participé au Synode des Jeunes de 2018, se fonde sur la pensée du pape François, notamment dans Laudato Si, qui rappelle que « les pauvres sont au cœur de l’Évangile ». Malgré l’absence de statistiques officielles, on compte plusieurs millions de drogués au Pakistan.

Deux à trois jours par semaine, des jeunes catholiques pakistanais rendent visite à des toxicomanes, des sans-abri et des personnes transgenres vivant dans les rues de Karachi. Leur désir étant de passer quelques heures avec eux en offrant du thé et de la nourriture, échanger avec eux et partager leur foi dans l’Évangile. Une initiative inspirée par l’encyclique Laudato Si du pape François, où il est souvent souligné que « les pauvres sont au cœur de l’Évangile » et que l’on « ne peut pas comprendre l’Évangile sans les pauvres ». Le groupe spontané et informel qui s’est formé est composé de neuf jeunes catholiques. Parmi eux, on compte Daniel Bashir, âgé de 28 ans, qui a participé au Synode des Jeunes de 2018, ainsi que Waqar Naeem, 27 ans, et Jaish Yousaf, 19 ans. Ils ont lancé leur initiative le 15 novembre à l’occasion de la 4e Journée mondiale des pauvres. Depuis, ils ont continué de visiter les drogués de Karachi en leur apportant un petit-déjeuner et du thé trois fois par semaine. La première fois, ils sont allés à Korangi Road, où on trouve entre 50 et 60 toxicomanes.

On en compte plusieurs millions à travers le pays, bien qu’il n’y ait pas de statistiques officielles. Daniel Bashir, le responsable du groupe, confie que « ces gens sont pauvres et oubliés de tous ». « Durant la pandémie, leur situation a empiré. J’ai compris que la vie dans ce monde est courte, et qu’on ne sait pas si on sera encore en vie demain. En nous souvenant des paroles de l’Évangile qui demandent d’aimer son prochain comme soi-même, nous avons voulu partager une tasse de thé et un repas en utilisant notre propre argent », explique-t-il. Waqar Naeem ajoute que leur but ultime est « d’aider ces personnes toutes les semaines, et peut-être leur donner des vêtements chauds à l’approche de l’hiver ». « Souvent, ces personnes deviennent droguées ou sans-abri à cause de tensions à la maison », souligne-t-il. « En m’asseyant avec eux pour parler, je partage leur douleur, mais en même temps, je me sens envahi par la paix de Jésus-Christ. C’est pourquoi nous avons décidé de continuer cette mission caritative en partageant l’Évangile. C’est une expérience bénie : alors que vous partagez votre temps et votre foi avec eux, vous les encouragez à commencer une nouvelle vie avec plus d’espoir. »

Un nouvel espoir

Daniel reconnaît que cette initiative auprès des drogués de Karachi est « très modeste ». « Nous ne leur rendons visite que deux ou trois fois par semaine, et nous partageons un peu de thé avec eux. Mais c’est important, parce que ces gens sont ceux qui sont les plus rejetés et les plus vulnérables dans notre société », insiste-t-il. Le groupe a appelé d’autres jeunes à participer à leur mouvement. « Le fait de voir des drogués dans ces conditions et dans cet état, cela m’attriste profondément. Ils essaient de se droguer plusieurs fois par jour, et ils ne soucient même pas de manger. Cela me peine de penser que plusieurs d’entre eux sont mariés, avec des enfants, et qu’ils ont vécu comme cela pendant des années », confie Daniel, qui est convaincu que le Christ lui-même l’a envoyé avec ses amis pour cette mission. « Notre prochaine étape sera de leur fournir des couvertures, alors que le froid arrive à Karachi. Mais le but est de les aider à changer de vie, avec un nouvel espoir. » Il y a deux jours, Rajo Masih, une des personnes droguées assistées par le nouveau groupe, leur a dit qu’il aimerait revoir sa famille et recommencer une nouvelle vie avec sa femme et ses enfants, qu’il n’a pas vus depuis au moins un an. « Je remercie Dieu pour tout l’amour qu’il m’a donné par l’intermédiaire de ces jeunes gens. »

(Avec Asianews, Karachi)


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