Eglises d'Asie

La Caritas birmane lance une opération de prévention au Kachin face à l’épidémie du coronavirus

Publié le 08/02/2020




Alors que l’épidémie du coronavirus 2019-nCoV continue de se développer rapidement en Chine continentale, aucun cas d’infection n’a encore été détecté en Birmanie. En prévention de toute aggravation éventuelle de la situation dans l’État Kachin, dans le nord-est de la Birmanie près de la frontière chinoise, Caritas Birmanie (Karuna mission social solidarity) a accentué ses efforts auprès des camps IDP (personnes déplacées internes), installés dans la région suite aux conflits régionaux. L’organisation catholique travaille aux côtés du gouvernement birman, des groupes rebelles locaux et des organisations internationales dont le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. La région compte encore 97 455 personnes IDP vivant dans 139 camps au Kachin.

Un camp IDP (Personnes déplacées internes) de Myitkyina, dans l’État Kachin, dans le nord-est birman près de la frontière chinoise.

Selon Richard Win Tun Kyi, directeur national de la Caritas birmane (Karuna mission social solidarity), l’organisation est engagée au Kachin, dans le nord-est du pays près de la frontière chinoise, pour la prévention contre l’épidémie du coronavirus. Caritas travaille particulièrement aux côtés du gouvernement, des groupes rebelles et des organisations internationales au sein des camps IDP (Personnes déplacées internes), installés dans la région suite aux conflits régionaux. Selon les derniers chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), 97 455 personnes vivent encore dans les 139 camps installés dans l’État Kachin. Parmi eux, 57 951 vivent dans les 120 camps contrôlés par le gouvernement, et 39 504 sont installés dans 19 camps dépendants de l’Organisation pour l’indépendance du Kachin (KIO). Quelque 8 850 autres ont trouvé refuge plus au sud, dans 32 camps construits par les autorités birmanes dans l’État Shan. Au Kachin et au Shan, l’Église conserve une forte présence avec un grand nombre de chrétiens catholiques et baptistes. Les autorités locales n’ont pas encore signalé de cas d’infections au coronavirus 2019-nCoV, malgré le développement rapide de l’épidémie chinoise. « Dans les régions frontalières, Caritas et les partenaires locaux se sont préparés suite à la crise sanitaire, mais pour le moment, aucune infection n’a été détectée », affirme Win Tun Kyi. « L’État Kachin est l’un des principaux points d’accès en Birmanie depuis la province chinoise du Yunnan, où le gouvernement chinois a déjà rapporté plusieurs cas d’infection. C’est pourquoi les gens sont en alerte », explique-t-il.

« La communauté catholique birmane est prête à réagir. »

Il y a quelques jours, Caritas a accentué ses efforts pour la prévention de l’épidémie dans les camps IDP. « Nous formons les gens pour leur apprendre les précautions hygiéniques et sanitaires nécessaires, comme se laver les mains et porter des masques », ajoute-t-il. « Il faut absolument que tout cas d’infection soit rapporté au personnel médical et aux responsables des camps. En attendant, nous restons en contact avec les organisations de l’ONU basées à Rangoun, avec qui nous échangeons sur les procédures nécessaires en cas d’urgence. Une prochaine rencontre est prévue cette semaine », poursuit le directeur de Caritas Birmanie. « Nos volontaires travaillent aussi avec le département de la santé de la KIO. » Bien qu’aucun cas n’ait été déclaré, la situation d’urgence a déjà bouleversé le quotidien dans l’État Kachin. « Les frontières sont fermées. Les transports de marchandises d’un pays à l’autre sont rendus impossibles. Cette situation a des conséquences néfastes sur l’économie des régions situées près de la frontière chinoise », souligne Win Tun Kyi, précisant que l’effet le plus immédiat est la montée des prix de la consommation. « Pour le moment, cette situation n’interfère pas avec les opérations locales de Caritas. Mais nous sommes préparés à agir si la situation devait empirer. Nous allons rencontrer sous peu nos bienfaiteurs et nos soutiens avec qui nous étudierons un ‘plan B’ », assure-t-il. « Nous travaillons selon nos capacités. La conférence épiscopale birmane contrôle la situation de près par l’intermédiaire des évêques du Kachin. En cas de besoin, la communauté catholique birmane est prête à réagir. »

(Avec Asianews, Rangoun)


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