Eglises d'Asie

La commission Justice et Paix du diocèse de Hong-Kong dénonce la répression des militants prodémocratie

Publié le 22/04/2020




La commission Justice et Paix du diocèse de Hong-Kong a dénoncé, dans un communiqué, une répression policière contre les militants prodémocratie dans la région administrative spéciale, alors que 15 activistes ont été arrêtés le 18 avril. Les militants ont été détenus pour leur rôle au cours du mouvement prodémocratie de l’an dernier contre les autorités chinoises, lancé dans le cadre du projet de loi sur l’extradition. Bien que relâchés sous caution dans la journée, ils risquent des poursuites judiciaires d’ici le 18 mai. Le diocèse catholique de Hong-Kong a dénoncé une répression politique.

Le 18 avril, la police hongkongaise a arrêté 15 activistes prodémocratie, dont d’anciens parlementaires, accusés d’avoir pris part activement aux manifestations organisées l’an dernier contre les autorités chinoises. Ils ont tous été libérés sous caution dans la journée, mais risquent des poursuites judiciaires dès le 18 mai prochain. Dans un communiqué, la commission Justice et Paix du diocèse de Hong-Kong a dénoncé ces arrestations comme faisant partie d’une « répression politique ». Le groupe a souligné que les arrestations doivent cesser jusqu’à la création d’une commission d’enquête indépendante et la publication d’un rapport par cette commission. Depuis le début du mouvement prodémocratie, qui a commencé il y a près d’un an, en juin 2019, près de 7 000 personnes accusées de violences et d’émeutes ont été arrêtées, dont une majorité d’étudiants. Toutefois, parmi les 15 personnes arrêtées le 18 avril, se trouvait Martin Lee, ancien parlementaire et fondateur du Parti démocratique de Hong Kong. L’arrestation de cet avocat de 81 ans, considéré comme le père fondateur du mouvement démocratique hongkongais depuis la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine en 1997, a choqué l’opinion publique. Parmi les autres militants arrêtés se trouvaient d’autres parlementaires, dont Albert Ho, Leung Kwok-hung et Au Nok-hin, accusés de rassemblements « non-autorisés ».

Selon la commission catholique, cette loi votée en 1967, qui a été amendée 26 fois, doit être abrogée « afin de restaurer la liberté de procession et de rassemblement du peuple hongkongais ». Le groupe diocésain a également appelé la police à « rendre les téléphones portables de toutes les personnes arrêtées pour respecter leur vie privée ». L’arrestation du 18 avril est considérée comme la plus forte répression du mouvement prodémocratie depuis les manifestations de l’an dernier. Dès juin 2019, les manifestants étaient descendus dans la rue afin de s’opposer au projet de loi sur l’extradition, retiré depuis. Ils y voyaient la nouvelle étape d’une série de mesures destinées à réduire leurs droits démocratiques. Un responsable du Bureau de la Sécurité de Hong-Kong a affirmé que la police a agit à la suite d’une enquête prouvant que les personnes arrêtées avaient violé la loi sur les rassemblements non-autorisés.

Arrestations politiques

L’organisation Hong-Kong Watch, basée au Royaume Uni, a dénoncé les « motivations politiques » derrière les arrestations, considérées comme « un effort concerté du Parti communiste chinois, qui profite de la pandémie de Covid-19 pour étouffer toute dissidence », a ajouté le groupe dans son communiqué, publié le 18 avril. Les arrestations sont survenues après plusieurs mois de relative accalmie, alors que la population hongkongaise était confinée partiellement en raison de l’épidémie. Toutefois, de nombreuses critiques estimes qu’elles font partie des mesures prévues par le régime communiste chinois en prévision des élections législatives hongkongaises de septembre prochain. Claudia Mo, une parlementaire prodémocratie, l’une des 15 personnes arrêtées, affirme que les autorités hongkongaises, dirigées par Carrie Lam, cheffe de l’exécutif, cherchent à « faire tout ce qu’elles peuvent pour faire taire et réprimer tout opposition locale ». Selon elle, les répressions politiques sont aussi destinées à renforcer l’influence de Pékin à Hong-Kong. La Loi fondamentale hongkongaise, qui fait office de Constitution, est en effet supposée empêcher les autorités chinoises d’interférer dans les affaires intérieures de la région administrative spéciale. Toutefois, le bureau de liaison de Pékin à Hong-Kong a maintes fois répété qu’il ne dépendait pas des lois hongkongaises et qu’il était dans son droit en « supervisant » la façon dont le principe « un pays, deux systèmes » était appliqué. Depuis le début du mouvement prodémocratie, la Chine a refusé d’écouter les demandes des manifestations, qui insistaient notamment pour l’instauration d’un véritable suffrage universel pour les 7 millions d’habitants de la ville-État.

(Avec Ucanews, Hong-Kong)


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