Eglises d'Asie

La jeunesse et la liberté religieuse sont des priorités pour le nouvel évêque de Hong-Kong

Publié le 20/05/2021




Dans sa première interview depuis sa nomination, Mgr Stephen Chow encourage les fidèles à « ne pas systématiquement considérer Pékin comme l’ennemi » et espère apporter la réconciliation à une communauté divisée.

Nouvel évêque de Hong-KongAu cours de sa première conférence de presse en tant qu’évêque de Hong-Kong, Mgr Stephen Chow a déclaré que ses priorités seraient de reconstruire les relations entre le diocèse et les jeunes, ainsi que de défendre la liberté religieuse.

L’évêque a exhorté les catholiques de Hong-Kong « ne pas supposer que Pékin est toujours l’ennemi », et ajouté qu’il espérait développer un dialogue et une meilleure compréhension dans une communauté divisée. « Ce n’est pas que j’aie peur de parler de questions controversées ou politiques, a-t-il tenu à préciser, mais nous pensons plutôt que la prudence est une vertu » Le cardinal John Tong, ancien évêque et administrateur apostolique du diocèse, et l’évêque auxiliaire Joseph Ha étaient également présents à la rencontre avec les journalistes.

L’engagement de nombreux jeunes hongkongais au sein du mouvement prodémocratie, suivi de la répression imposée par Pékin à travers la loi sur la sécurité nationale, l’arrestation et la condamnation de plusieurs leaders catholiques du camp prodémocratie, avaient fait naître l’espoir chez certains fidèles que l’Église de Hong-Kong pourrait se ranger du côté des manifestants.

Aujourd’hui, la communauté catholique locale est, à l’image de la population hong-kongaise, divisée entre les militants prodémocratie et ceux qui soutiennent la suprématie de Pékin. La neutralité officielle de l’Église a conduit certains fidèles, notamment chez les jeunes, à se détourner des communautés chrétiennes.

Pour Mgr Chow, qui possède une expérience considérable dans le domaine de l’éducation, en tant que superviseur des prestigieux collèges Wah Yan depuis 2006, les jeunes à Hong-Kong font partie des groupes les plus oubliés de la société. L’évêque a souligné sa volonté de rétablir la confiance. « Nous n’avons pas à être d’accord avec eux, mais nous devons les comprendre et les écouter », a-t-il dit, ajoutant que la pratique de l’empathie aiderait les Hong-Kongais à « se rapprocher ».

La nomination du père Chow, considéré comme une figure consensuelle, est interprétée par les observateurs comme un moyen de lutter contre la polarisation des catholiques locaux « Je crois qu’il y a un Dieu qui veut que nous soyons unis », a-t-il commenté, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas de supprimer la diversité de pensée et de sensibilité politique au sein des communautés. « L’unité n’est pas la même chose que l’uniformité. J’ai toujours mentionné dans mes écoles, il faut respecter l’unité dans la pluralité. C’est quelque chose que nous devons apprendre à respecter – la pluralité », a-t-il déclaré.

Le nouvel évêque a d’ailleurs eu des termes forts pour exprimer son attachement à la liberté religieuse. « La liberté religieuse est notre droit fondamental. Nous voulons vraiment nous adresser au gouvernement pour qu’il ne l’oublie pas. Il est important de permettre à toutes les religions —pas seulement catholique — d’être librement pratiquées. »

Répondant à la question d’un journaliste qui l’interrogeait sur sa position au sujet des commémorations du massacre de Tiananmen par le régime chinois le 4 juin 1989, Mgr Chow a précisé qu’il avait participé plusieurs fois par le passé à des manifestations de commémoration à Hong Kong. Il a néanmoins ajouté qu’il n’était pas sûr qu’il soit légal de le faire cette année, les autorités chinoises les ayant interdites l’année dernière, et noté qu ‘« il existe différents moyens de commémoration. Dans le passé, j’allais commémorer dans l’arène publique. Mais il y a des moments où je ne pouvais pas y aller », a-t-il déclaré « Alors je prie. Je prie pour la Chine, je prie pour tous ceux qui sont décédés en 1989. »

Le nouvel évêque a évité certaines questions sur la répression des communautés catholiques en Chine, arguant qu’il serait malvenu pour lui de commenter, mais qu’il espérait davantage d’harmonie et de compréhension à l’avenir.

 

(Avec Asianews)