Eglises d'Asie

La junte militaire birmane parie sur le tourisme et les investisseurs étrangers pour redresser l’économie

Publié le 18/11/2021




Alors que l’économie birmane a été fortement ébranlée ces derniers mois, en raison de la crise sanitaire puis du coup d’État militaire du 1er février 2021, la junte espère que la réouverture des frontières et la reprise du tourisme encourageront à nouveau les investisseurs étrangers. Le gouvernement birman a notamment annoncé la réouverture des frontières territoriales avec la Thaïlande et la Chine en janvier, et celle des vols commerciaux internationaux au cours du premier trimestre 2022. En attendant, de nombreux analystes se montrent sceptiques.

La ville de Thanlyin, dans la région de Rangoun, reliée à l’ancienne capitale par un pont construit sur la rivière Bago.

La junte militaire birmane semble espérer que la réouverture des frontières du pays et la reprise du secteur du tourisme encourageront à nouveau le retour des investisseurs et commerces étrangers. L’économie locale a été fortement ébranlée par la pandémie, une crise encore empirée par le coup d’État du 1er février. Afin de remédier à la situation, le ministre birman de l’Information, Maung Maun Ohn, a annoncé que son gouvernement prévoit la réouverture des frontières territoriales avec la Thaïlande et la Chine, dès le mois de janvier, et de reprendre les vols commerciaux internationaux durant le premier trimestre 2022.

Le régime militaire a expliqué s’attendre à ce que des groupes privés russes, chinois et indiens se hâtent d’investir dans le pays, en évoquant le redressement apparent du kyat, la monnaie locale, par rapport au dollar. « Ces derniers mois, nous avons reçu de vifs intérêts étrangers concernant des opportunités d’investissement », a assuré le ministre birman dans une interview.

« La reprise des voyages aériens sera un catalyseur important pour le tourisme, la reprise des investissements étrangers et les activités commerciales internationales », a-t-il poursuivi. Toutefois, de nombreux analystes se montrent moins optimistes, en remarquant que l’économie birmane est en péril en raison d’une inflation élevée, d’un manque de fonds et de prix alimentaires en hausse. La Banque asiatique de développement (ADB) s’attend à ce que l’économie locale se dégrade de près de 18,4 %, soit l’une des pires performances de l’histoire de la Birmanie.

Les violences continuent dans l’État Shan

En attendant, grâce aux pressions de la communauté internationale, le journaliste américain Daniel Fenster a été libéré hier. Depuis le coup d’État qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi (récemment victime de nouvelles accusations de fraude électorale), plus de 7 000 personnes ont été arrêtées et plus de 1 200 autres ont été tuées. Les dégâts matériels sont également importants, dont des édifices religieux qui ont été visés, et qui continuent d’être la cible des attaques militaires. La semaine dernière, l’artillerie de l’armée a frappé l’église du Sacré-Cœur de Jésus de Pekhon, une ville de l’État Shan, où un couvent avait également été bombardé trois jours plus tôt. Aucune victime n’a été annoncée, mais les combats entre les militaires et les milices armées de la région se sont intensifiés depuis le début du mois. Selon les habitants, au moins 10 000 personnes ont fui la ville à cause des violences.

(Avec Asianews)


CRÉDITS

Werner Bayer (CC0 1.0)