Eglises d'Asie – Bangladesh
La mission de Suihari, dans le nord du Bangladesh, prépare quatre villages au baptême
Publié le 21/03/2020

« Malheureusement, comme le gouvernement a imposé la fermeture des écoles jusqu’au 31 mars à cause du coronavirus, les élèves ont dû repartir chez eux », explique le missionnaire. À Dacca, au 20 mars, on comptait dix personnes infectées qui revenaient de l’étranger. « Nous prions et nous espérons que le virus ne se répandra pas ici aussi, parce que nous manquons de tout », souffle-t-il. Le prêtre explique que malgré les risques de contagion, « nous avons maintenu le programme de carême jusqu’à ce que le diocèse prenne une décision ». « Nous continuons les confessions, les visites dans les villages et la catéchèse », précise-t-il. Le père Zanchi confie que les habitants du village de Paskur « doivent être baptisés fin mai et non à Pâques, parce que ce jour-là, avec le père Joseph Murmu [l’autre prêtre de la paroisse], nous avons prévu d’aller de village en village pour célébrer la Résurrection du Christ ». De plus, la paroisse compte d’autres membres de la communauté Santhal parmi les futurs baptisés : 12 familles de Durgadanga (45 personnes), 7 familles de Damoua (33 personnes) et 16 familles de Koiruri (61 personnes). « Ils ont commencé leur cheminement avec un catéchiste, un animateur laïc et une religieuse qui sont dévoués auprès d’eux à plein temps », se réjouit le prêtre.
« Nous ne faisons qu’annoncer »
Le missionnaire poursuit en décrivant le processus qui peut mener à la conversion et à la demande de baptême. « Cela fonctionne ainsi : la communauté locale demande officiellement à devenir une communauté chrétienne. Cela permet de favoriser un mouvement communautaire. La préparation au baptême dure ensuite trois ans. » Le missionnaire cite l’exemple d’un village où un garçon et une autre famille ont demandés à devenir chrétiens. « Ce jeune homme était le fils du chef du village mais je l’ignorais. Dès que le père a appris leur conversion, il a décidé de punir son fils en privant les convertis d’accès à l’eau potable du village. Il a fait construire une clôture autour des maisons des convertis pour les séparer des autres habitants. Durant deux ans, ils ont dû aller chercher l’eau dans un autre village situé à deux kilomètres de là. » Mais un autre événement inattendu s’est produit : « La mère est tombée malade et a demandé mon aide pour son hospitalisation à Rajshahi, au Centre d’assistance des malades géré aujourd’hui par les sœurs de Marie-Enfant. Elle y a été traitée et elle a pu guérir en quinze jours. De retour chez elle, elle a confié à son mari que les patients y sont très bien traités, et que personne ne l’a obligée à aller à la messe. ‘Les malades qui arrivent sont accueillis tout de suite avec charité’, lui a-t-elle expliqué. »
Le même jour, son mari a retiré la clôture qu’il avait fait construire, et il a confié à tous : « Si vous voulez devenir chrétiens, je ne m’y opposerai pas. » « Aujourd’hui, il y a beaucoup de catholiques dans ce village », confie le père Zanchi. En général, souligne-t-il, « il y a toujours une personne à l’origine du processus, qui est intriguée par le fonctionnement de l’Église locale, et par l’accueil des malades sans distinctions ». « Cette personne revient alors dans son village pour témoigner de ce qu’elle a vu et ressenti. Nous ne faisons qu’annoncer, sans aucune contrainte, et ne voulons pas ‘créer’ des chrétiens à tout prix. C’est la gratuité de notre service qui les surprend, le fait que nous ne demandions rien en retour », explique le missionnaire. « J’ai reçu le don de la foi, et à notre tour, nous enseignons aux fidèles à se mettre au service des autres gratuitement. »
(Avec Asianews, Dinajpur)
CRÉDITS
Asianews