Eglises d'Asie

La pandémie a limité les déplacements et les opportunités d’embauche des migrants sri-lankais

Publié le 01/10/2020




Une annonce récente du ministère de la Santé, indiquant que presque 50 000 migrants sri-lankais sont prêts à rentrer au Sri Lanka, a suscité les craintes de la population locale face aux risques de contagion. Selon le Bureau sri-lankais pour l’emploi étranger, plus de 2 000 travailleurs migrants sri-lankais de 16 pays différents ont été infectés par le Covid-19 depuis le début de la pandémie. Francis Solomantine, un catholique sri-lankais qui travaille à Dubaï, estime que les autorités sri-lankaises devraient se préoccuper davantage des travailleurs migrants, qui représentent l’une des principales sources extérieures de revenus pour le pays.

Plusieurs centaines de migrants sri-lankais ont été bloqués dans plusieurs pays durant la pandémie. Parmi eux, ceux qui se trouvaient au Moyen-Orient ont rencontré de nombreux problèmes, notamment par manque de nourriture, de logement et de vêtements. « À moins que le gouvernement sri-lankais ne sensibilise la population sur le besoin de cohésion sociale, la pandémie pourrait avoir une conséquence douloureuse sur ceux qui vivent grâce aux sommes envoyées depuis l’étranger par les migrants, et elle pourrait les empêcher de prendre part aux activités socio-économiques », affirme un migrant sri-lankais, employé à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis. Francis Solomantine, catholique, travaille comme coordinateur de programme au sein d’un centre de formation (Middle East Center for Training and Development) de Dubaï. Francis estime que le gouvernement sri-lankais et les autres autorités concernées devraient se préoccuper davantage des travailleurs migrants, qui représentent l’une des principales sources extérieures de revenus pour le pays. En raison de la pandémie, les migrants sri-lankais de retour au pays et ceux qui sont restés bloqués à l’étranger ont rencontré de nombreuses difficultés socio-économiques.

Une forte contribution à l’économie locale

Avec les restrictions sur les transports, la situation sanitaire a réduit les opportunités d’embauche des migrants sri-lankais, aussi bien dans leur pays d’origine qu’à l’étranger. Malheureusement, ceux qui reviennent au pays ont fait face à des préjugés après des rumeurs de cas d’infections dont ils ont été accusés. Le manque de sensibilisation et de cohésion sociale a aggravé l’inquiétude de la population locale, persuadée que les migrants de retour pourraient entraîner un nouveau pic d’infections au Covid-19. Une annonce récente du ministère de la Santé, indiquant que presque 50 000 migrants sri-lankais sont prêts à rentrer chez eux, notamment depuis la région du Golfe, a suscité une certaine angoisse parmi la population locale. Selon le Bureau sri-lankais pour l’emploi étranger (SLBFE), plus de 2 000 travailleurs migrants sri-lankais de 16 pays différents ont été infectés par le Covid-19 depuis le début de la pandémie, dont 52 sont décédés. Les travailleurs migrants sri-lankais représentent une source majeure de revenus extérieurs, qui contribuent de façon significative au PIB du pays. Depuis les années 1970, le gouvernement a pris des mesures afin d’assurer leur protection. Des législations ont été adoptées pour contrôler les migrations, notamment la loi de 1985 sur l’emploi à l’étranger, ainsi que plusieurs programmes politiques lancés en 2008 puis en 2015, afin de soutenir les migrants sri-lankais travaillant à l’étranger et de favoriser la réintégration de ceux qui reviennent au pays. Le gouvernement sri-lankais continue de protéger les migrants en les encourageant à s’inscrire auprès du Bureau sri-lankais pour l’emploi étranger, afin qu’ils bénéficient d’avantages sociaux durant le cycle de migration (avant le départ, sur place, durant le voyage de retour et lors de la phase de réintégration au Sri Lanka).

(Avec Asianews, Colombo)


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