Eglises d'Asie

L’aide humanitaire en Birmanie inadaptée aux personnes âgées, selon un nouveau rapport

Publié le 19/06/2019




Selon un rapport publié le 18 juin par Amnesty International, l’aide humanitaire n’est pas suffisamment adaptée aux droits et aux besoins des milliers de personnes âgées qui ont dû fuir les atrocités commises par l’armée birmane. Leurs droits et leur dignité ne sont pas convenablement respectés face aux conflits et aux crises qui ont touché la région, a alerté l’ONG. Le rapport, intitulé « Fuir toute ma vie : l’expérience des personnes âgées face aux conflits et aux migrations en Birmanie », se concentre sur les besoins des personnes âgées qui sont négligées par le système humanitaire, explique Matthew Wells, principal conseiller d’Amnesty International sur les situations de crise.

« Des dizaines de milliers de femmes et d’hommes âgés se retrouvent parmi plus d’un million de personnes déplacées qui vivent dans les camps, fuyant les conflits et les abus de l’armée. La communauté humanitaire a réagi de façon admirable, crise après crise, en sauvant de nombreuses vies. Mais cette aide n’est pas adaptée aux personnes âgées, leurs besoins spécifiques sont souvent ignorés », affirme Matthew Wells. Le rapport d’Amnesty International est basé sur 146 entretiens avec des femmes et des hommes âgés originaires des minorités ethniques Kachin, Lisu, Rakhine, Rohingya, Shan et Ta’ang. Dans les camps de réfugiés bangladais, beaucoup de personnes âgées rohingyas n’ont pas d’accès régulier aux services les plus basiques, comme les sanitaires, les services de santé, l’eau ou la nourriture. D’autant plus que selon le rapport, l’encombrement des camps et le terrain accidenté en font un environnement particulièrement difficile pour des personnes âgées à mobilité réduite. Dans le nord de la Birmanie, où beaucoup de membres de l’ethnie Kachin ont été déplacés depuis 2011, plusieurs programmes humanitaires négligent l’assistance aux personnes âgées, notamment concernant les programmes de subsistance. Les personnes âgées souffrent également de discrimination face à l’accès au travail, ce qui entraîne une avalanche de conséquences regrettables – une situation aggravée par la baisse de l’aide humanitaire ces dernières années, notamment due à la démotivation des donateurs.

« J’ai approché des employeurs en leur demandant du travail », explique Zatan Hkawng Nyoi, une femme Kachin de 67 ans, qui a travaillé dans les champs toute sa vie avant de devoir fuir les conflits. « Ils ont dit que j’étais trop vieille, que je ne serais pas capable de marcher jusqu’aux rizières », regrette-t-elle. En général, ces personnes, en particulier les femmes âgées, sont également sous-représentées par les directions des camps, qui refusent de les associer aux prises de décisions, affirme le rapport. « Les personnes âgées doivent être mieux accompagnées dans tous les aspects de l’aide humanitaire. Répondre à leurs besoins et respecter leurs droits de façon plus efficace, cela commence par prendre en compte leur expérience et leurs perspectives uniques », insiste Matthew Wells.

(Avec Ucanews)


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