Eglises d'Asie

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est appelée à intensifier ses actions sur la crise birmane

Publié le 13/05/2021




Le 9 mai, trois journalistes et deux militants birmans ont été détenus en Thaïlande après être entrés illégalement dans le pays. Ils pourraient être renvoyés en Birmanie par le gouvernement de Bangkok après une période de quarantaine. De son côté, le Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a appelé l’Asean (l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est), dont fait partie la Thaïlande, à intensifier ses actions contre la répression birmane. Le 24 avril, l’Asean a voté un consensus en cinq points appelant à une cessation immédiate des violences et à l’organisation de pourparlers.

Le 5 mai une manifestation a été organisée à Dawei, dans le sud-est de la Birmanie, où beaucoup de jeunes ont apporté des fleurs et des bougies devant les maisons des victimes.

Le gouvernement thaïlandais s’apprêterait à expulser trois journalistes et deux opposants politiques birmans, qui ont été arrêtés pour être entrés illégalement dans le pays, selon les autorités locales. Les cinq ressortissants birmans ont été détenus le 9 mai dans la ville de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. S’ils sont renvoyés dans leur pays, ils risquent l’emprisonnement ou pire, ont averti les organisations humanitaires engagées sur le terrain. « Leur vie pourrait être gravement menacée s’ils étaient expulsés en Birmanie », a souligné Aye Chan Naing, directeur général du journal local DVB (Democratic Voice of Burma), qui a publié un communiqué appelant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à soutenir les détenus. Les cinq demandeurs d’asile ont fui leur pays d’origine durant la répression brutale de l’armée birmane contre les manifestants prodémocratie, après le coup d’État du 1er février – selon DVB, qui fait part des nombreux abus des droits de l’homme commis par les militaires birmans depuis plus de trois mois. Plus de 782 personnes ont été tuées depuis le début de la crise politique birmane, et au moins 5 000 personnes ont été arrêtées en Birmanie, dont plus de 70 journalistes – alors que les forces de l’ordre tentent de réprimer toute dissidence contre le régime militaire. Les exécutions extrajudiciaires et les actes de torture ont été fréquemment utilisés par la Tatmadaw (le nom officiel de l’armée birmane) contre les militants, les journalistes et autres citoyens considérés comme des « ennemis », selon de nombreux rapports.

« Il faut garantir leur protection »

Le 11 mai, un officier de police de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, a confié à l’agence Reuters que cinq citoyens birmans doivent être expulsés après avoir été placés en quarantaine durant 14 jours, selon les régulations sanitaires en vigueur. Dans une déclaration publiée en ligne le même jour, le Club des correspondants étrangers de Thaïlande (FCCT), basé à Bangkok, s’est dit « extrêmement préoccupé » par les arrestations et par le projet d’expulsion des trois journalistes et des deux militants politiques birmans. « Ces cinq individus risquent à coup sûr d’être arrêtés et persécutés, voire pire, à cause de leur travail et de leurs liens avec DVB. Ils ne doivent surtout pas être renvoyés en Birmanie », a souligné le FCCT. « Au contraire, les journalistes de DVB et leurs associés doivent être libérés de détention, et il faut garantir leur protection et leur droit de rester temporairement en Thaïlande. » En réaction aux vives oppositions de l’opinion thaïlandaise, Tanee Sangrat, porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Bangkok, a publié un commentaire sur Twitter en assurant que les autorités thaïlandaises cherchent une « solution humanitaire » concernant les détenus birmans. « Les autorités thaïlandaises se coordonnent afin de trouver une solution humanitaire éventuelle pour cette affaire », a confirmé Tanee Sangrat. Selon le FCCT, l’expulsion des trois journalistes birmans serait non seulement une violation de la liberté de la presse mais aussi un sérieux coup porté à l’image de la Thaïlande à l’étranger. « Le monde observe le comportement et la réaction des autorités thaïlandaises dans cette affaire importante pour la liberté de la presse en Birmanie et dans la région, et pour la protection de tous ceux qui fuient la répression violente de la junte contre les médias indépendants et la société civile », a poursuivi le FCCT.

(Avec Ucanews)


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