Eglises d'Asie

Laudato Si : appels à protéger la réserve de Muthurajawela, la plus vaste zone humide du Sri Lanka

Publié le 10/07/2020




Selon Sajeewa Chamikara, environnementaliste et directeur de l’organisation locale Environmental Conservation Trust, dénonce une décision des autorités sri-lankaises, autorisant une zone de décharge publique dans la réserve de Muthurajawela, au sud de la lagune de Negombo, à 30 km de Colombo. Considérés comme l’une des zones humides les plus vastes du pays, les marais de Muthurajawela couvrent une superficie de 3068 hectares et abritent la plus grande tourbière saline côtière du Sri Lanka. En 2017, l’Église locale a tenté de protéger la zone en organisant des débats et des campagnes de sensibilisation. Nilushi Wickrama, une militante locale, appelle les catholiques à mettre en pratique les recommandations de l’encyclique Laudato Si comme un témoignage de foi.

Plusieurs organisations locales, engagées pour la protection de l’environnement, ont demandé aux autorités sri-lankaises de suspendre les projets de décharges dans les marais de Muthurajawela, au sud de la lagune de Negombo, à 30 km au nord de la capitale, Colombo. Les marais de Muthurajawela couvrent une superficie de 3068 hectares, et abritent la plus grande tourbière saline côtière du pays. Selon Sajeewa Chamikara, un environnementaliste travaillant pour le Mouvement pour la réforme territoriale et agricole, un organisme local, explique que les autorités ont déjà donné leur accord aux projets de déversement de déchets dans la zone humide de Muthurajawela. Sajeewa Chamikara, qui est également directeur général de l’organisation Environmental Conservation Trust, ajoute qu’une délimitation est en train d’être tracée dans la zone pour pouvoir couvrir 50 hectares. « Ces déversements vont menacer la survie de la lagune de Negombo, y compris. Les marais de Muthurajawela font partie des 41 zones humides classées comme les plus importantes du pays, et ils sont reconnus comme l’un des 12 écosystèmes humides au Sri Lanka », poursuit-il. Sajeewa explique que les marais permettent l’incubation naturelle de nombreuses espèces de la lagune de Negombo. C’est également une zone naturelle d’expansion de crue qui permet de contrôler les inondations. C’est une zone essentielle qui abrite un écosystème extrêmement varié. Le 31 octobre 1996, les marais de Muthurajawela ont acquis le statut de réserve naturelle, dans le cadre d’un décret pour la Protection de la faune et de la flore.

Selon une étude publiée par l’Union internationale pour la conservation de la nature, la zone de Muthurajawela compte 209 espèces d’animaux, 194 espèces d’arbres, 40 espèces de poissons, 31 espèces de reptiles, 102 espèces d’oiseaux et 48 espèces de papillons. On y trouve également 18 espèces de mangrove sur 22 identifiées. En 2017, des prêtres, des religieuses et des laïcs se sont rassemblés à Muthurajawela pour tenter de protéger la zone humide. Ils ont organisé deux campagnes de sensibilisation ainsi que des débats afin de dénoncer les déversements de déchets dans les marécages. L’Église a également organisé une messe, des manifestations et des échanges avec des membres du gouvernement afin de convaincre de l’urgence de la protection de la plus grande zone humide du pays. Sajeewa Chamikara souligne que le site de Muthurajawela, avec la lagune de Negombo (qui couvre 4 360 hectares), est un site protégé d’une valeur écologique considérable. Il ajoute que les autorités, en donnant leur accord aux déversements de déchets, ont violé la loi sri-lankaise. Nilushi Wickrama, une militante environnementaliste, confie que la région est notamment connue pour ses papillons et ses nombreuses espèces. « La biodiversité des zones humides compte de nombreuses espèces d’animaux et de plantes. Les autorités ne peuvent pas permettre de déverser des déchets dans cette zone sans respecter des procédures strictes au préalable. Le gouvernement doit agir immédiatement afin de protéger la zone », ajoute-t-elle. Selon Nilushi Wickrama, les catholiques n’ont pas véritablement pris en compte les recommandations du pape François dans sa lettre encyclique Laudato Si sur la Protection de la maison commune. Elle appelle à les mettre en pratique comme un témoignage chrétien.

(Avec Ucanews, Colombo)


CRÉDITS

DR