Eglises d'Asie

Le Bangladesh au 101e rang sur 163 pays selon l’Indice mondial de la paix 2019

Publié le 19/06/2019




Le Bangladesh a encore reculé dans le classement du dernier Indice mondial de la paix (GPI – Global peace index), publié ce 13 juin. Le pays d’Asie du Sud, majoritairement musulman, a été classé au 101e rang sur 163 pays et territoires indépendants par l’Indice mondial de la paix, publié chaque année par l’Institut de l’économie et de la paix (Institute for economics and peace), basé à Sydney. Le pays était pourtant classé 84e en 2017 et 93e en 2018. En Asie du Sud, le Bangladesh est au quatrième rang après le Bhoutan, le Sri Lanka et le Népal, mais devant l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan. Selon les analystes, cette tendance s’explique par un manque de protection sociale et une mauvaise gouvernance.

« À l’exception des conflits, le Bangladesh s’est effondré dans toutes les domaines », affirme Saifuddin Ahmed, professeur agrégé du département d’études sur la paix et les conflits de l’université de Dacca. « La couverture sociale a chuté et les opportunités d’emplois ont baissé. Les services de santé et l’éducation se sont développés, mais leur qualité ne s’est guère améliorée. » L’économie du pays est contrôlée par des intérêts particuliers qui profitent au maximum de leurs investissements, tandis que la majorité de la population reste privée de tout, ajoute-t-il, en précisant qu’il y a une migration des plus démunis des campagnes vers les villes, mais que ces personnes finissent encore plus négligées, ajoute-t-il. « Nous sommes au point en ce qui concerne le développement horizontal et infrastructurel, mais nous sommes constamment en retard pour le développement durable et vertical » a dit Ahmed. « En fin de compte, le développement et la paix dépendent énormément du gouvernement et de la bonne volonté des autorités, ce dont nous manquons cruellement dans la plupart des cas, sinon tous. » Au Bangladesh, le développement économique et le développement humain ne progressent pas de pair, note le père Liton H. Gomes, secrétaire de la commission Justice et Paix de la conférence épiscopale bangladaise.

« À l’échelle individuelle, les gens ne perçoivent pas les bénéfices du développement économique. Nous sommes toujours en retard en ce qui concerne le développement humain, dans des domaines comme la qualité de l’éducation, la pollution, les accidents de la route et les violences contre les femmes et les enfants » explique le père Gomes. C’est une stabilité politique apparente qui prévaut au Bangladesh, et la vraie démocratie demeure une illusoire, ajoute-t-il. « On observe le musellement des contestataires, l’étouffement des médias et la répression de l’opposition, ce qui est mauvais pour la démocratie. Si nous voulons aller de l’avant, nous devons nous assurer que nous mettons en œuvre une démocratie véritable et un développement durable », souligne le prêtre. L’Indice mondial de la paix se base sur le niveau de sécurité sociale dans chacun des pays étudiés, sur les manifestations violentes et sur le taux de criminalité, sur les activités terroristes et sur les conflits internes et internationaux, entre autres. L’édition 2019 du GPI constate que la situation s’est améliorée dans 84 pays et qu’elle s’est détériorée dans 79 pays.

(Avec Ucanews, Dacca)


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