Eglises d'Asie

Le Bangladesh célèbre le centenaire de la naissance de Sheikh Mujibur Rahman, le père fondateur de la nation

Publié le 18/03/2020




Près de 700 catholiques ont pris part aux programmes de la paroisse de Tejgaon, dans le centre de Dacca, organisés pour l’inauguration de l’Année Mujib (Bujub Borsho), célébrant le centenaire de la naissance de Sheikh Mujibur Rahman. Ce dernier, père de la Première ministre Sheikh Hasina, est considéré comme le père fondateur de la nation. Une cérémonie d’inauguration, qui devait avoir lieu à Dacca en présence de plus de 100 000 personnes, a été annulée en raison de l’épidémie. Au 17 mars, le pays avait enregistré un total de 8 infectés par le Covid-19, et 2 000 personnes revenant de Chine ou d’Europe ont été mises en quarantaine.

Le 14 janvier devant le Parlement, une horloge compte les jours avant le début de l’Année Mujib (Mujib Borsho), qui célèbre le centenaire de la naissance de Sheikh Mujibur Rahman, père fondateur de la nation bangladaise.

Le 17 mars, les chrétiens bangladais ont célébré avec leurs compatriotes le centenaire de la naissance de Sheikh Mujibur Rahman, considéré comme le père fondateur de la nation, malgré les craintes vis-à-vis de la pandémie du coronavirus Covid-19. Ce mardi matin, toutes les églises catholiques du pays ont organisé des messes spéciales afin de rendre hommage au père de l’actuelle Première ministre Sheikh Hasina. Près de 700 fidèles ont participé à une messe célébrée dans l’église du Saint-Rosaire de Tejgaon, dans le centre de Dacca – la plus grande paroisse catholique du pays –, où ils ont également pris part à une session de réflexion consacrée à la vie et à l’œuvre du père fondateur, surnommé « Mujib ». La rencontre était organisée par l’Association chrétienne du Bangladesh (BCA) et par le groupe Christian Religious Welfare Trust. « Sheikh Mujibur Rahman n’était pas simplement un grand homme politique et un homme d’État, mais aussi un visionnaire et un homme empreint d’une profonde spiritualité. Il est pour nous un signe d’espoir, même de nombreuses années après sa mort, et il reste pour nous une source d’inspiration au quotidien », a déclaré Mgr Shorot Francis Gomes, archevêque de Dacca, durant son homélie. La messe et le programme culturel organisés en l’honneur de « Mujib » par la paroisse de Tejgaon comprenaient également des prières spéciales à l’intention des victimes de l’épidémie du coronavirus à travers le monde, explique le père Bulbul A. Rebeiro, secrétaire de la commission pour les communications sociales de la conférence des évêques du Bangladesh. « Nous traversons une période difficile, alors que le monde lutte contre ce virus mortel. En même temps que cet hommage au grand fondateur, nous avons invité les fidèles à prier Dieu, pour qu’Il puisse aider le Bangladesh et le monde à faire face à la crise », a confié le père Rebeiro, en ajoutant que les catholiques bangladais ont également prévu de planter 400 000 arbres fruitiers à travers le pays au cours de l’année, dans le cadre d’une série de programmes d’Église. Bien que le gouvernement ait appelé la population à la prudence durant les célébrations, les Bangladais ont tenu à participer au centenaire du fondateur de la nation avec enthousiasme, explique Nirmol Rozario, président de l’association BCA.

Inauguration d’une « Année Mujib »

« Le programme de la paroisse de Tejgaon, qui a également organisé une cérémonie de levée des couleurs et le partage d’un gâteau d’anniversaire après la messe et le temps de réflexion, a attiré de nombreuses personnes malgré les craintes vis-à-vis de l’épidémie. Les gens ont dépassé leurs peurs pour pouvoir rendre hommage au fondateur du pays, qui a vécu et qui est mort pour le bien du peuple », ajoute-t-il. Le soir du 17 mars, plusieurs centaines de chrétiens ont participé à une procession aux chandelles. Ils étaient également nombreux à participer aux divers événement politiques, sociaux et culturels – de nombreux Bangladais sont notamment allés déposer des guirlandes de fleurs devant un portrait de « Mujib » devant son ancienne résidence de Dacca, précise Nirmol Rozario. Une cérémonie officielle qui devait avoir lieu hier, au National Parade Square de Dacca, pour l’inauguration de l’année spéciale appelée Mujib Borsho (Année Mujib), a été reportée en raison du Covid-19. Au moins 100 000 personnes devaient y participer, dont plusieurs personnalités politiques. De nombreux événements parrainés par l’État doivent avoir lieu au cours de l’année, dont des diffusions de courts-métrages et de documentaires, des remises de prix internationaux, la publication de livres commémoratifs et d’anciens discours de Mujib, ainsi que des séminaires et autres événements culturels. Au 17 mars, le Bangladesh avait détecté un total de 8 patients infectés par le coronavirus Covid-19, dont une majorité de personnes revenant d’Italie, le pays européen le plus affecté par l’épidémie. Par ailleurs, les autorités sanitaires bangladaises ont déclaré que plus de 2 000 personnes revenant d’Europe et de Chine ont été mises en quarantaine à domicile. Le gouvernement bangladais a également ordonné la fermeture de tous les établissements scolaires du pays jusqu’au 31 mars, l’interdiction de tous les vols provenant d’Europe et de Chine, et la fermeture des frontières avec l’Inde, dans le but de contenir l’épidémie.

(Avec Ucanews, Dacca)


CRÉDITS

Stephan Uttom / Ucanews