Eglises d'Asie

Le cardinal Bo, président de la FABC, appelle les évêques asiatiques à défendre la paix

Publié le 04/06/2019




Le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et premier cardinal birman, qui est président de la Fédération des conférences épiscopales asiatiques (FABC) depuis le 1er janvier, s’est adressé aux membres de la Fédération lors d’une rencontre organisée à Bangkok le 16 mai, en rappelant le rôle des pasteurs en Asie, appelés à prêcher la paix et à promouvoir la réconciliation face à la montée du nationalisme, de l’extrémisme religieux et du terrorisme. Le cardinal Bo a invité les évêques asiatiques à ne pas se « laisser envahir et paralyser par la peur », en soulignant que « les pasteurs doivent suivre le chemin de croix, en ne perdant jamais l’espoir d’un avenir meilleur, pour le peuple et pour toutes les victimes du mal ».

L’archevêque birman a souligné que la première tâche des pasteurs est de prêcher la paix, et non la vengeance. « L’Église, selon les mots de François d’Assise, a besoin de devenir un instrument de paix, en priant pour que ‘là où est la haine, que je mette l’amour’. » Le cardinal, qui a pris la parole seulement quelques semaines après les attentats au Sri Lanka, qui ont causé 253 morts et plus de 400 blessés, a expliqué que les chrétiens font face à quatre menaces : le nationalisme, le terrorisme, l’extrémisme religieux et la manipulation de la colère populaire. Beaucoup de pays asiatiques font face à une autovictimisation de la communauté majoritaire, estime Mgr Bo.

En Birmanie, au Sri Lanka et en Inde, affirme-t-il, des groupes majoritaires revendiquent leur statut de victimes alors que les minorités deviennent des boucs émissaires. Le cardinal Bo ajoute que les meurtres des chrétiens sont liés aux conflits au Moyen Orient ainsi qu’au fait qu’ils sont de plus en plus identifiés aux intérêts politiques et économiques de l’Occident. « Le monde n’a pas pris au sérieux le génocide silencieux des chrétiens », dénonce l’archevêque de 70 ans. Il évoque les émeutes religieuses en Inde, l’assassinat de musulmans innocents en prière par des suprémacistes blancs en Nouvelle Zélande, et les attentats suicides qui ont tué tant de chrétiens au Sri Lanka. Le cardinal a également regretté l’émergence de la violence parmi les moines bouddhistes, un phénomène choquant survenu au Sri Lanka comme en Birmanie, ajoutant que même certains groupes chrétiens marginaux ont proféré des discours haineux et abusifs envers les autres religions.

Le cardinal Bo a également souligné les conséquences de la pauvreté, alors que chaque jour, plus de 20 000 enfants meurent de faim et de malnutrition à travers le monde – soit près de 10 millions d’enfants par an. La pauvreté affecte presque 800 millions de personnes sans abri ou souffrant de malnutrition à travers le monde. Plusieurs millions de personnes sont également touchées par les formes modernes d’esclavage. Selon le cardinal, trois moyens sont possibles pour combattre la pauvreté : le développement humain, la justice et la paix, et une réponse humanitaire. L’archevêque de Rangoun ajoute que « la nouvelle évangélisation nous pousse à vivre et à travailler au milieu de nos frères et sœurs non chrétiens ».

(Avec Ucanews)


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