Eglises d'Asie

Le cardinal Charles Maung Bo lance un nouvel appel à la paix et la non-violence à l’approche de Noël

Publié le 14/12/2021




Au début du temps de l’Avent, le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la FABC (Fédération des conférences épiscopales d’Asie), s’est adressé aux catholiques birmans en lançant un nouvel appel à la paix, près de onze mois après le coup d’État militaire du 1er février 2021. « Les violences répugnantes de ces dix derniers mois ont provoqué l’indignation du monde entier. Pourtant, nous refusons de céder au désespoir et à la haine. Avec Jésus, nous voulons proclamer : que la paix règne », a confié une nouvelle fois le cardinal birman.

Le cardinal Bo, archevêque de Rangoun, s’est adressé aux catholiques du pays à l’occasion du début de l’Avent, en renouvelant son appel pour la paix en Birmanie.

Le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun, a publié un message pour le temps de l’Avent, dans lequel il écrit que le véritable Noël surviendra en Birmanie quand le pays croira vraiment en la paix. Le cardinal birman, qui est également président de la FABC (Fédération des conférences épiscopales d’Asie), a souligné cela en évoquant les conflits déclenchés par le coup d’État militaire du 1er février, au cours duquel l’armée a renversé le gouvernement civil élu démocratiquement.

« Les violences répugnantes de ces dix derniers mois ont provoqué l’indignation du monde entier. Pourtant, nous refusons de céder au désespoir et à la haine. Avec Jésus, nous voulons proclamer : que la paix règne. À la nation endeuillée par des blessures auto-infligées, nous disons : Ça suffit, mon cher Myanmar », a confié l’archevêque. « Nous ne justifions jamais l’injustice et la souffrance des innocents. Ceux qui devaient protéger la vie et la sécurité de notre peuple ont été une cause terrible de détresse et de peur. Même à eux, nous disons : il y a du pouvoir dans l’amour. C’est le message de Jésus et de Noël. »

« Je suis particulièrement inquiet pour nos jeunes »

Dans son message, le cardinal Bo a souligné qu’il y a tout juste un an, « ce pays avait un rêve ambitieux dans son cœur, mais qu’ils s’est bientôt changé en cauchemar ». Face à cette situation, il a invité les fidèles à un « examen de conscience », en songeant à « ceux qui ne croient qu’en la violence, ceux qui la perpétue et ceux qui en sont victimes ». « Ceux qui commettent la violence, qui sont coupables de tortures sadiques et de meurtres, sont la première cause de cette vallée de larmes », a-t-il poursuivi.

« Je suis particulièrement inquiet pour nos jeunes. Il y a un an, ils avaient leurs rêves. Des rêves qui ont été supprimés par les armes. Étranglés par une violence inhumaine, la tentation est de chercher vengeance. Mais la victoire ne vient pas seulement par les armes. Gardez la vérité, protégez l’amour. Il y a toujours une voie non-violente, une solution pacifique », a-t-il insisté. « Une fois de plus, j’appelle à ne pas suivre la voie de la violence. La violence n’engendre que la violence. Changez de direction. Ayez foi en la vérité, croyez en la puissance de l’amour. Mahatma Gandhi a un conseil éclairant pour tous ceux qui sont frappés par la violence. La non-violence n’est pas pour les faibles. C’est une arme pour ceux qui ont le cœur bien accroché. », a-t-il écrit.

« Chercher une méthode pacifique ne revient pas à renoncer à nos droits. »

« Le pape François parle constamment en faveur du peuple birman. Durant sa visite, il a choisi de rencontrer tout le monde, pour défendre la cause de la paix. Il a confié à l’Église birmane le rôle d’artisan de paix. Son appel continue d’être répété. Il nous faut chercher la paix et la réconciliation. Frappons à chaque porte, secouons les pouvoirs en place. L’histoire est de notre côté », a-t-il poursuivi. « Chercher une méthode pacifique ne revient pas à renoncer à nos droits. Le concept de paix défendu par l’Église catholique commence par une quête de justice. Il ne peut y avoir de paix durable sans justice dans ce pays. » Pour l’archevêque de Rangoun, ce Noël 2021 peut apporter l’espérance : « Nous espérons que ceux qui sont en prison rentrent chez eux, tout comme ceux qui sont dans les camps IDP [personnes déplacées internes] ; pour que ceux qui se cachent puissent vivre librement, que les blessés soient guéris et que les familles brisées soit réunies. »

« Durant le temps de l’Avent, nous prions pour tous, en particulier pour les jeunes. Nous prions pour qu’ils continuent d’espérer et de croire en la paix. Qu’ils ne se tournent pas vers des solutions désespérées. Que la prophétie d’Isaïe deviennent notre réalité. Comme le disent les Écritures : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » (Is 2, 4)

(Avec Asianews)


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Ucanews