Eglises d'Asie

Le centre CRP de Dacca pour la réhabilitation des paralysés célèbre ses 40 ans aux côtés de sa fondatrice, Valérie Ann Taylor

Publié le 14/12/2019




Mercredi 11 décembre, le Centre pour la réhabilitation des paralysés (CRP) de Savar, dans la région de Dacca, a célébré ses 40 ans de service auprès des personnes handicapées. Sa fondatrice, Valérie Ann Taylor, une kinésithérapeute et philanthrope chrétienne d’origine britannique est souvent surnommée la « Mère Teresa du Bangladesh » dans le pays pour son action. Mercredi, la Première ministre Sheikh Hasina s’est jointe à la célébration des quarante ans du centre en envoyant ses meilleurs vœux. « Je l’admire », indiquait son message à propos de la fondatrice, en honorant son « immense travail au service du Bangladesh » auprès des paralysés.

Valérie Ann Taylor, fondatrice du Centre pour la réhabilitation des paralysés (CRP) de Savar, dans la région de Dacca, est née dans le Kent, en Angleterre, en 1944. Elle est arrivée au Bangladesh, alors appelé Pakistan oriental, en 1969 en tant que volontaire pour l’ONG Voluntary Service Overseas (VSO), pour travailler comme kinésithérapeute au sein de l’hôpital chrétien de Chandraghona, un centre médical dirigé par l’Église baptiste dans la région de Chittagong, dans le sud-est du Bangladesh. « Quand j’ai commencée, il n’y avait aucun fauteuil roulant pour les personnes paralysées, qui étaient totalement démunies. J’ai alors décidé de travaillé pour eux. Au début, je ne pensais rester dans le pays que pour quinze mois, mais je suis finalement restée cinquante ans, par amour pour eux », explique la fondatrice, qui a obtenu la nationalité bangladaise en 1998. Elle s’est très vite intéressée aux soins auprès des paralysés quand elle a vu la négligence avec laquelle les patients atteints de lésions médullaires (atteints à la moelle épinière) étaient traités. « En 1971, durant la guerre de libération [du Bangladesh], j’ai été évacuée. À l’époque, j’ai vu beaucoup de blessés qui avaient besoin de traitements. » En 1973, elle a parcouru l’Angleterre pour lever des fonds. Deux ans plus tard, elle est revenue au Bangladesh où elle a ouvert le CRP, le 11 décembre 1979. Au début, le centre ne comptait que quatre patients et était situé dans un entrepôt abandonné de l’hôpital Shaheed Suhrawardy de Dacca.

80 000 patients en 40 ans

Aujourd’hui, le centre de Savar compte plus d’une centaine de lits. Tous les ans, le CRP traite environ 400 patients atteints de paralysie – au fil des décennies, plus de 80 000 patients sont passés par le centre. L’hôpital du centre CRP est destiné à aider les patients à se réintégrer dans la société, où ils ne trouvent pas toujours bon accueil. En tant qu’étrangère, Valérie Ann Taylor a elle-même fait l’expérience de la discrimination. En 1995, elle a été reçue dans l’Ordre de l’Empire britannique par la reine Elizabeth II, et elle a reçu la citoyenneté bangladaise trois ans plus tard. En 2004, elle a également reçu la médaille du Jour de l’indépendance du Bangladesh (Independence Day Award), la plus haute distinction délivrée par l’État. En plus des titres et distinctions, elle confie avoir surtout reçu des paroles encourageantes de la part des patients traités par son organisation. « J’ai été rejeté par ma famille et par la société », confie Jahirul Islam, un jeune patient musulman du CRP. « Valérie m’a donné une nouvelle famille. J’ai appris un travail et aujourd’hui, je gagne ma vie », se réjouit-il. « Elle est comme Mère Teresa ; je suis infiniment reconnaissant. » Comme Jahirul, des milliers de patients handicapés ont pu retrouver une vie digne grâce à l’accompagnement du centre. En fait, le CRP offre non seulement des soins médicaux, mais aide aussi les patients à se former professionnellement pour pouvoir devenir auto-suffisants. « Valérie a donné une nouvelle vie aux patients qui ont été exclus de la société. Elle est très aimée par les handicapés et les marginalisés. Toutes mes félicitations », ajoute Gowher Rizvi, conseiller aux affaires internationales de la Premier ministre Sheikh Hasina.

(Avec Asianews, Dacca)


CRÉDITS

DR