Eglises d'Asie

Le diocèse de Hong-Kong s’oppose à la nouvelle loi controversée sur la sécurité nationale

Publié le 24/06/2020




Alors que le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire chinoise doit se rassembler à nouveau à compter du 28 juin, 86 organisations ont cosigné une lettre ouverte adressée au gouvernement chinois, afin d’exprimer leurs inquiétudes concernant la nouvelle loi controversée sur la sécurité nationale à Hong-Kong. La nouvelle législation, qui pourrait être promulguée officiellement et entrer en vigueur au cours des prochaines semaines, condamne les actes de sédition, de séparatisme, de terrorisme et les influences étrangères. De nombreuses organisations locales, dont le diocèse de Hong-Kong, font part de leur opposition à une loi qui risque de « menacer les droits fondamentaux et les libertés des Hongkongais ».

Mgr Joseph Ha célèbre la messe dans l’église de la Sainte-Croix, afin de marquer le 31e anniversaire du massacre de la place Tiananmen (4 juin 1989).

Le diocèse de Hong-Kong a cosigné une lettre ouverte adressée au gouvernement chinois, demandant que la loi controversée sur la sécurité nationale, imposée par Pékin, soit retirée. La lettre, qui a été signée par 86 organisations dont la commission Justice et Paix du diocèse de Hong-Kong, a été adressée à Li Zhanshu, président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire (NPC), l’assemblée nationale chinoise. « Nous écrivons pour exprimer nos vives inquiétudes concernant l’adoption récente, par l’Assemblée nationale populaire, d’une décision officielle imposant directement la loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong. Nous appelons le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire [NPCSC] à la rejeter », écrivent les signataires. « Bien qu’aucun détail du contenu de la loi n’ait été rendu public, la décision – ainsi que des commentaires des autorités chinoises et de Hong-Kong – menace les droits fondamentaux et les libertés des Hongkongais. Nous sommes particulièrement inquiets des conséquences de cette loi sur Hong-Kong, en particulier pour sa société civile si dynamique. » Davantage de détails sur la nouvelle législation, qui condamne les actes de sédition, de séparatisme, de terrorisme et les influences étrangères, ont été publiés ce week-end.

La nouvelle loi promulguée d’ici fin juin

La nouvelle loi pourrait favoriser des poursuites judiciaires contre les catholiques, y compris les autorités religieuses locales. Dans le cadre de la loi, un nouveau système doit être mis en place avec un nouveau comité dirigé par Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hongkongais, et comprenant un représentant de Pékin, afin de contrôler l’application des lois controversées. Les autorités chinoises ont planifié une rencontre du NPCSC le 28 juin, soit deux rencontres en une semaine – une décision peu habituelle pour l’assemblée chinoise. « Nous ne voyons pas d’autres raisons d’organiser une seconde session ce mois-ci, autre que celle d’approuver la loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong d’ici la fin du mois », affirme un observateur auprès du NPC, qui analyse les décisions du parlement chinois. « Le NPCSC va bien sûr commencer par approuver la loi durant les trois jours de session. Le président Xi Jinping signera ensuite un ordre présidentiel afin de la promulguer, et elle deviendra alors officiellement une loi nationale. La nouvelle loi pourrait devenir officielle à compter du 1er juillet, soit 24 ans après la rétrocession de Hong-Kong à la Chine par la Grande Bretagne », ajoute-t-il.

Certains détails de la nouvelle loi ont été rendus publics après la rencontre du NPCSC qui s’est achevée le 2 juin, mais la proposition de loi n’a pas été publiée intégralement. Pékin a confirmé que dans le cadre de la nouvelle législation, le gouvernement aura le pouvoir d’extrader des personnes accusées dans le cadre de la nouvelle loi, pour être jugées au sein du système judiciaire chinois, réputé pour sa brutalité et son manque de transparence. Une commission locale sur la sécurité nationale, supervisée par Pékin, devra contrôler l’application de la législation. Hong-Kong sera chargée de prendre en charge la majorité des cas, mais Pékin pourra s’imposer concernant certaines affaires. Pékin et le gouvernement hongkongais insistent sur le fait que cela restera exceptionnel, mais la plupart des observateurs ne sont pas convaincus. La nouvelle législation permettra également aux autorités de contrôler les établissements scolaires, y compris plusieurs dizaines d’écoles catholiques locales. Les écoles pourront également être visées par une autre loi controversée, votée le 12 juin par le Conseil législatif hongkongais, pénalisant les insultes envers l’hymne national chinois. Le 18 juin, le département de l’Éducation hongkongais a ordonné aux écoles primaires et aux collèges d’afficher le drapeau national chinois et de faire chanter l’hymne national pour certaines occasions.

(Avec Ucanews, Hong-Kong)


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