Eglises d'Asie – Sri Lanka
Le festival de Kachchathivu, un lieu d’unité pour les pêcheurs indiens et sri-lankais
Publié le 22/03/2019

« C’est notre seule opportunité de prier ensemble »
La Marine fournit les repas, l’accès à l’eau potable et les installations sanitaires nécessaires à l’organisation du festival. Les organisateurs installent également des pontons temporaires pour les bateaux, et des équipes médicales sont déployées. Pour Mary Nileeshia, qui enseigne dans une école du dimanche de Negombo, le festival annuel de Kachchathivu est une expérience magique qui rassemble des gens qui, quelques années plus tôt, étaient dans les camps opposés d’une guerre civile. « C’est notre seule opportunité de prier avec des personnes d’un autre pays, et avec des groupes d’autres origines ethniques de notre pays », explique-t-elle. « Cette année, nous avons prié pour la réconciliation nationale. » Le Sri-Lanka souffre encore de la guerre civile de 26 ans qui a pris fin il y a dix ans, quand les militaires ont réprimé la dernière résistance des Tigres tamouls, un mouvement de guérilla qui se battait pour l’indépendance. Avant le déclenchement du conflit en 1983, les pêcheurs et les femmes des deux pays avaient l’habitude de se rencontrer régulièrement, mais durant la guerre, ils n’ont pas pu visiter l’île et le sanctuaire. « Des pèlerins indiens viennent ici pour la fête de saint Antoine depuis que le sanctuaire a été fondé en 1905. Ils viennent à la messe et dorment à la belle étoile », confie Mary Nileeshia. Une bouddhiste du sud du Sri Lanka, qui est venue avec quelques amis. « La Marine s’occupe de tout. Ils prennent en charge la sécurité et tout ce dont nous avons besoin », ajoute-t-elle.
La Marine sri-lankaise a également investi 10 millions de roupies en 2016 afin de commencer la construction d’une deuxième église catholique sur cette petite île du détroit de Palk, qui était utilisée autrefois par les pêcheurs indiens pour sécher leurs filets. Le sanctuaire est dédié à saint Antoine de Padoue, que les pêcheurs catholiques considèrent comme un protecteur. La Marine sri-lankaise accorde une exemption de visa aux visiteurs indiens pour un séjour de 24 heures sur l’île. Il leur faut environ deux heures pour rejoindre l’île, dans le diocèse de Jaffna, depuis Rameswaram, une ville de l’île de Pamban, dans le sud-est de l’État indien du Tamil Nadu. Cette année, la messe était célébrée par le père Joseph Lurduraj, un prêtre indien, par Mgr Justin Gnanapragasam, évêque de Jaffna, et par plusieurs autres prêtres. Joseph Manuel décrit le sanctuaire Saint-Antoine comme un lieu unique, parce qu’il se trouve sur une frontière maritime entre le Sri Lanka et l’Inde. « Les pèlerins indiens sont assez courageux pour entreprendre la traversée jusqu’à Rameswaram, qui n’est pas sans risques », ajoute Joseph. « Et pourtant, ils viennent parce qu’ils ont une grande dévotion pour saint Antoine, tout comme nous. »
(Avec Ucanews, Colombo)
CRÉDITS
Ucanews
