Eglises d'Asie

Le gouvernement cambodgien adopte une nouvelle mesure contre le travail des enfants

Publié le 14/06/2019




Le 5 juin, le ministère cambodgien du travail a adopté une nouvelle directive contre le travail des enfants dans les fours à briques, en appelant à poursuivre les propriétaires concernés. La décision a été annoncée suite à un accident industriel dans lequel une fillette de neuf ans a perdu un bras, le 9 mars dans le village de Preah Prasap, dans la province de Kandal dans le sud-est du pays. Même si des missionnaires comme le père Luca Bolelli (PIME) reconnaissent des petits pas en avant en faveur des droits des enfants, le prêtre estime que de telles régulations sont surtout adoptées pour correspondre aux normes imposées par des organisations comme l’Asean (Association des nations d’Asie du Sud-Est).

Le ministre cambodgien du Travail et de la Formation professionnelle a appelé les agences concernées à se référer au Code pénal en poursuivant les propriétaires de fours à briques qui emploient des enfants. Avec une nouvelle directive datée du 5 juin, les propriétaires de fours à briques qui ont recours au travail des enfants peuvent être emprisonnés. Un propriétaire de la province de Kandal, dans le sud-est du pays, fera partie des premiers à être poursuivi sous la nouvelle loi suite à un accident dans lequel une fillette de neuf ans a perdu un bras. Les fours à briques doivent désormais afficher clairement que les mineurs sont interdits sur les lieux. La simple présence d’enfants sur ces sites peut conduire à la poursuite pénale des propriétaires. La servitude pour dette, une violation de la liberté des travailleurs, est également strictement interdite. Les propriétaires doivent également fournir un logement à leurs employés et leurs familles qui vivent loin de leur lieu de travail. Les nouvelles régulations annoncées font suite à un grave accident survenu le 9 mars à Preah Prasap, un village du district de Khasach Kandal, dans lequel Chheng Srey Pheak, 9 ans, a perdu son bras. Ses blessures étaient trop graves et elle a dû être amputée. Le directeur du département du Travail de la province de Kandal et la police locale ont déclaré que la fillette aidait ses parents et qu’elle était forcée de travailler sur le site.

Comme dans beaucoup de pays en développement, « le travail des enfants » est répandu au Cambodge, explique le père Luca Bolelli (PIME). Le prêtre, qui est arrivé au Cambodge il y a douze ans, est curé du village de Kdol Leu, dans la province de Kompong Cham (dans le nord-est du pays), depuis dix ans. « Culturellement, le travail des enfants ne semble pas pour eux un problème majeur, surtout dans un contexte d’extrême pauvreté », ajoute-t-il. « Je vis dans une communauté rurale, où les enfants ont l’habitude d’aider leurs familles dans les fours à briques et dans les champs. Cela fait partie d’un sens du devoir, d’un sentiment d’obéissance et de sacrifice, que la culture locale impose aux enfants. » Aujourd’hui, la société cambodgienne est arrivée à un point critique. La population est très jeune, et la croissance économique la conduit vers la modernité. « Je vois que de petits pas en avant sont faits en faveur des droits des enfants », poursuit le missionnaire, « mais selon moi, les régulations comme celles qui viennent d’être adoptées par le ministère sont imposées surtout pour correspondre aux normes internationales des organisations comme l’Asean [Association des nations d’Asie du Sud-Est]. » Concernant les enfants, « étant donné l’importance que l’Évangile consacre à la dignité humaine, les communautés chrétiennes sont engagées dans beaucoup d’initiatives et campagnes de sensibilisation », assure-t-il. « Dès la maternelle, les enfants reçoivent beaucoup d’attention et de soin. Sur le plan liturgique, nous essayons aussi d’impliquer les enfants dans les activités religieuses, pour les éveiller à l’expérience de la foi. Il est indispensable de lutter contre l’idée que ceux qui ne sont pas productifs sont inutiles à la société. »

(Avec Asianews)


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