Eglises d'Asie – Chine
Le gouvernement chinois cherche à renforcer son contrôle sur les religions officielles
Publié le 13/09/2019

L’article 5 du document souligne que les groupes religieux doivent « suivre la direction du Parti communiste de Chine », « poursuivre la sinisation des religions […] et pratiquer les valeurs socialistes fondamentales ». Ces exigences correspondent aux points essentiels imposés par le président Xi Jinping sur l’administration des Affaires religieuses. Le document consultatif, affirme le professeur Ying, ajoute que les groupes religieux doivent accepter « la supervision et l’administration » du département des Affaires religieuses (article 6). Cependant, l’universitaire se demande ce qui nécessite particulièrement la « supervision et l’accord » du gouvernement ; il mentionne notamment la régulation de la comptabilité financière des groupes religieux, qui pourrait être renforcée. Le chercheur ajoute que le document montre que les autorités présentent les groupes religieux davantage comme des corps politiques que comme des institutions civiles. Il poursuit en affirmant que le document cherche à imposer l’administration des groupes religieux par le parti communiste chinois à tous les niveaux. « Tout est sous la direction et le contrôle du parti », explique-t-il. Dans le passé, SARA a adopté diverses régulations sur l’enregistrement du personnel des groupes religieux ; pour le professeur Ying, c’était une autre façon d’assurer le contrôle du parti. Une réglementation datant de 1991 stipule ainsi qu’« aucuns groupes religieux similaires ou identiques ne peuvent être établis dans la même région administrative ». Bien que ce détail ne soit pas mentionné dans le nouveau document, des exigences similaires sont toujours en place dans le texte sur les Régulations sur l’enregistrement et l’administration des organisations sociales, révisé en 2016. « Il est donc toujours interdit de fonder des groupes religieux autres que les groupes patriotiques », conclut le professeur Ying. En conclusion, ce dernier estime que le document consultatif est une tentative insolente de renforcer le contrôle de Pékin sur les groupes religieux, et de refléter le contrôle de Xi Jinping sur toute la société civile.
(Avec Ucanews, Hong-Kong)
CRÉDITS
Ucanews
