Eglises d'Asie

Le gouvernement chinois renforce son contrôle sur les géants chinois de la « high-tech »

Publié le 19/03/2021




Le 12 mars, l’Administration centrale de régulation du marché chinois (SAMR) a condamné à une amende 12 géants de la « high-tech » dont Tencent, Baidu, Didi Chuxing et SoftBank, pour avoir violé les règles anti-monopole. En décembre, le gouvernement chinois a annoncé le lancement d’une nouvelle réglementation anti-trust et anti-monopole, comme l’une des priorités économiques du pays pour 2021. Pékin cherche ainsi à renforcer son contrôle sur les géants comme Tencent, propriétaire du réseau social WeChat, considérés comme trop influents (WeChat est utilisé par plus d’un milliard d’internautes).

Le réseau WeChat du géant chinois Tencent est utilisé par plus d’un milliard d’internautes.

Le Parti communiste chinois cherche à contrôler les géants chinois tels que Tencent, propriétaire du réseau social WeChat, considérés comme trop grands et influents, et donc représentant un danger pour le régime de Pékin. La CCTV (Télévision centrale de Chine, le principal réseau de télévision chinois) a annoncé que le président chinois Xi Jinping a ordonné aux autorités compétentes de contrôler l’activité des géants d’Internet en Chine, afin d’empêcher les monopoles dans le secteur et de soutenir une « concurrence loyale ». Le 12 mars, l’Administration centrale de régulation du marché chinois (SAMR) a condamné à une amende 12 géants chinois de la « high-tech », dont Tencent, Baidu, Didi Chuxing et SoftBank, pour avoir violé les règles anti-monopole. Après l’annonce, Tencent a perdu près de 52 milliards d’euros sur le marché boursier. Le réseau WeChat du géant Tencent est utilisé par plus d’un milliard d’internautes. Tencent possède également une application de paiement en ligne, concurrente du service Alipay (géré par Ant Group, ancienne filiale du groupe Alibaba). Le groupe Tencent, cofondé par le milliardaire chinois Ma Huateng (alias Pony Ma, l’un des hommes les plus riches du pays), a également investi dans les secteurs de la banque, des assurances et du divertissement.

Les investisseurs craignent que Tencent ne soit visé par les autorités chinoises de la même manière que le groupe Alibaba, la multinationale d’e-commerce fondée par le milliardaire Jack Ma. En novembre dernier le gouvernement chinois a bloqué l’entrée en bourse de Ant Group, l’ancienne branche financière d’Alibaba. Les activités d’Ant Group étaient dénoncées comme contrevenant aux nouvelles règles du gouvernement sur les services de microfinancement via les plateformes web. De nombreux observateurs ont affirmé que les autorités chinoises n’avaient pas apprécié le discours de Jack Ma du 24 octobre, quand il s’était attaqué publiquement au système bancaire et financier du pays. En décembre, le gouvernement chinois a annoncé le lancement d’une nouvelle réglementation anti-trust et anti-monopole, comme l’une des priorités économiques du pays pour 2021. Le même mois, les autorités ont condamné Alibaba et Tencent à des amendes pour non-respect des règles anti-trust. Afin de limiter l’influence des géants de la « high-tech », Pékin semble vouloir diviser leurs activités. Selon le Wall Street Journal, le gouvernement a ordonné à Alibaba de céder les médias contrôlés par le groupe – la société possède le South China Morning Post et possède des parts du réseau social chinois Weibo (équivalent chinois de Twitter). Ant Group doit également restructurer ses services de paiement numérique. Simon Hu, le patron d’Ant Group, a annoncé sa démission le 12 mars, en avançant « des raisons personnelles ».

(Avec Asianews, Pékin)


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