Eglises d'Asie

Le gouvernement de Mahathir nomme une femme à la tête de la justice malaisienne

Publié le 03/05/2019




Le 2 mai, le gouvernement de Mahathir Mohamad a annoncé la nomination de Maimun Tuan Mat, une juge de la Cour fédérale, à la tête de la justice malaisienne. Une nouvelle décision historique pour le pays, après la précédente nomination de Richard Malanjum au même poste. Ce dernier, catholique, était le premier non musulman à ce poste. Après avoir pris sa retraite le 12 avril après un mandat court mais salué par la magistrature malaisienne, Maimun Tuan Mat devient la première femme à la tête de la justice du pays. Abdul Fareed Abdul Gafoor, président du barreau de Malaisie, qui salue la réputation et les compétences de la nouvelle juge en chef de la Cour fédérale malaisienne, estime que cette nouvelle nomination sera l’occasion idéale de poursuivre les réformes du système judiciaire malaisien.

Encore une première pour le pays, la Malaisie a nommé une femme juge à la tête de la justice malaisienne. Le 2 mai, le gouvernement a annoncé la nomination de Maimun Tuan Mat comme juge en chef de la Cour fédérale malaisienne, alors que le poste était vacant depuis le mois dernier. Une annonce qui rassure les détracteurs, prouvant que le mouvement de réformes du gouvernement est toujours d’actualité. Le roi de Malaisie a accepté la nomination, mettant fin aux spéculations suite au départ de Richard Malanjum à la tête de la justice malaisienne, le premier non musulman à avoir été nommé à ce poste. L’annonce a été saluée par la magistrature malaisienne, rassurée que le nouveau gouvernement du pays majoritairement musulman ne se soit pas laissé influencer par un islam plus conservateur, après le bilan mêlé de scandales du gouvernement précédent du Premier ministre Najib Razak. Abdul Fareed Abdul Gafoor, président du barreau de Malaisie, a déclaré que le barreau, qui représente les magistrats de la péninsule malaisienne, « salue chaleureusement » la nomination. « C’est un moment décisif de l’histoire du pays, alors que pour la première fois, une femme a été élue à la tête de la justice, l’une des trois branches du gouvernement aux côtés des pouvoirs exécutifs et judiciaires », a-t-il confié dans un communiqué adressé aux médias locaux. « C’est un rappel que les critères de genre ne doivent jamais l’emporter sur le mérite ou sur les capacités individuelles », a-t-il souligné. Abdul Fareed a ajouté que Maimun Tuan Mat est connu pour être « une juge équitable avec un bon sens de la justice et une excellente maîtrise de la loi ». « Le barreau de Malaisie a toujours eu d’excellentes relations de travail avec elle, depuis l’époque où elle était registraire en chef de la Cour Fédérale », a-t-il ajouté.

Un signe favorable pour la réforme du système judiciaire

Maimun Tuan Mat, 59 ans, devrait rester à ce poste durant les six ou sept prochaines années. Les juges du pays doivent prendre leur retraite à l’âge de 66 ans, mais ils peuvent continuer à exercer leurs fonctions pendant six mois supplémentaires. « Puisqu’elle sera à la tête de la justice pendant plusieurs années, ce sera une occasion idéale de poursuivre des réformes au sein du système judiciaire malaisien, afin de prendre de la hauteur et de sortir des erreurs du passé », a déclaré Abdul Fareed. George Varughese, le président précédent du barreau de Malaisie, a lui aussi salué les compétences de la nouvelle juge en chef. Il a confié aux médias locaux que Maimun Tuan Mat est « connue pour ses décisions justes, son sens irréprochable de la justice et par-dessus tout pour son indépendance », ajoutant que sa nomination « est de bon augure, en particulier pour la réforme du système judiciaire ». La nouvelle juge en chef de la Cour fédérale a débuté sa carrière judiciaire en 2006 en tant que commissaire judiciaire au sein de la Haute Cour de Kuala Lumpur. Elle a été nommée juge de la Haute Cour l’année suivante, puis au sein de la Cour d’appel en 2013, et enfin au sein de la Cour fédérale en novembre 2018. Ce n’est pas la première fois que le nouveau gouvernement de Mahathir Mohamad, 93 ans, fait l’histoire depuis son élection l’an dernier. Juste deux mois après être arrivé au pouvoir, le juge Malanjum, un catholique, avait déjà été nommé au même poste. Il a pris sa retraite le 12 avril 2019. Malgré la brièveté de son mandat, il a été salué comme un fervent défenseur de la Constitution fédérale et pour l’application de multiples réformes du système judiciaire malaisien.

(Avec Ucanews, Kuala Lumpur)


CRÉDITS

Cephoto / Uwe Aranas