Eglises d'Asie

Le gouvernement d’unité nationale en exil appelle à un soulèvement national contre la junte birmane

Publié le 11/09/2021




Le 7 septembre, Duwa Lashi La, « président par intérim » du gouvernement d’unité nationale (NUG) depuis avril dernier, avocat et membre de la minorité ethnique Kachin, a annoncé officiellement une « guerre de résistance » populaire contre la junte en appelant la population à la révolte contre le coup d’État dirigé par le général Min Aung Hlaing. Plus de 1 040 personnes ont été tuées par les militaires, et au moins 7 000 personnes ont été détenues par la junte au cours des sept derniers mois. Plusieurs heurts auraient déjà eu lieu après l’appel du NUG.

Le 7 septembre, le Gouvernement d’unité national en exil a annoncé une « guerre de résistance » populaire en appelant la population à la révolte.

Le gouvernement d’unité nationale (NUG) en exil, formé d’anciens législateurs chassés du pouvoir, de militants prodémocratie et de membres de divers groupes ethniques, continue de condamner fermement les actes de la junte militaire birmane. Depuis le coup d’État du 1er février qui a entraîné une résistance civile de grande ampleur, le pays connaît une grave crise politique et économique. Le 7 septembre, Duwa Lashi La, « président par intérim » du NUG depuis avril dernier, avocat et membre de la minorité ethnique Kachin, a annoncé officiellement une « guerre de résistance » populaire contre la junte en appelant la population à la révolte contre le coup d’État dirigé par le général Min Aung Hlaing, actuellement au pouvoir. Dans une déclaration publiée par le Gouvernement d’unité nationale, l’opposition birmane en exil a souligné que les offensives militaires dans les régions des minorités ethniques risquent d’entraîner « une grave crise humanitaire ». « Plusieurs millions de civils devront faire face à une situation où ils seront forcés de quitter leurs maisons », a déploré le NUG.

« Beaucoup des nôtres ont été déplacés de force »

Le gouvernement en exil a précisé, dans sa déclaration, qu’« au cours de cette révolution populaire, tous les citoyens du Myanmar doivent se soulever à travers le pays contre la junte militaire dirigée par le général Min Aung Hlaing ». « Des mois de meurtres, de tortures et d’arrestations par les militaires sont passés. Tout le monde connaît les actes inhumains continus perpétrés par les soldats lorsqu’ils occupent des maisons, des édifices religieux, des hôpitaux et des écoles », a déclaré Duwa Lashi La. Plus de 1 040 personnes ont été tuées par les militaires, et au moins 7 000 personnes ont été détenues par la junte au cours des sept derniers mois. Dans son message, le NUG a également appelé les soldats et les policiers à rejoindre la résistance, ainsi que les membres des différents groupes ethniques armés en conflit contre la junte. De nombreux jeunes semblent avoir répondu aux appels du gouvernement en exil en rejoignant le mouvement. Des premiers heurts auraient déjà eu lieu, notamment à Kalaymyo dans la région de Sagaing, dans l’ouest du pays. Le cardinal Charles Maung Bo, président de la Conférence épiscopale birmane, qui est intervenu le 7 septembre lors du 52e Congrès eucharistique international, en a profité pour lancer une nouvelle fois un appel à la paix en Birmanie. « Les catholiques ont beaucoup souffert. Nos églises ont été attaquées. Beaucoup des nôtres ont été déplacés de force sur nos propres terres », a-t-il confié, en saluant le pape François qui est intervenu à plusieurs reprises concernant la crise birmane.

Libération du moine ultranationaliste Ashin Wirathu

Par ailleurs, le moine bouddhiste ultranationaliste Ashin Wirathu, connu pour ses discours de haine contre les musulmans Rohingya, a été libéré de prison par la junte le 6 septembre, alors que le gouvernement militaire birman a levé toutes les charges à son encontre, sans préciser aucune raison officielle. Cependant, Ashin Wirathu est toujours soigné dans un hôpital militaire, selon des médias locaux citant le porte-parole de la junte. Aucune information complémentaire n’a été diffusée sur le moine birman, qui aurait des liens étroits avec la junte bien qu’il se soit plaint de mauvais traitements en prison dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Ashin Wirathu, surnommé le « Ben Laden birman », a été accusé dans le cadre de la loi de 2019 sur la sédition pour des discours critiquant violemment l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi et son gouvernement NLD (Ligue nationale pour la démocratie).

Il a été en cavale et un mandat d’arrêt a été affiché contre lui dans son monastère de Mandalay, dans le nord du pays, le 9 juillet 2019. Il s’est rendu à un commissariat de police de Rangoun en novembre 2020 après 18 mois de cavale. Il attendait son procès depuis. Le moine extrémiste, ancien dirigeant du groupe bouddhiste ultranationaliste Ma Ba Tha – aujourd’hui interdit –, est connu pour des incitations à la haine contre les minorités religieuses, en particulier les musulmans. Ses discours et son idéologie ont entraîné des émeutes massives en 2013 et 2014. Il a ensuite été interdit de discours publics durant un an en mars 2017, puis chassé de Facebook en janvier 2018. Depuis 2018, il a changé de discours et adopté une position pro militaire, en visant Aung San Suu Kyi et son gouvernement civil.

(Avec Ucanews)

Crédit : ซาร่า สาขาสาทร (CC BY-SA 4.0)