Eglises d'Asie

Le lycée catholique Saint-Nicolas de Gazipur, institution phare de l’enseignement bangladais, a célébré ses 100 ans

Publié le 09/01/2020




Le lycée Saint-Nicolas de Nagari, à Gazipur, un quartier industriel de Dacca, a célébré ses cent ans ; il s’agit de la première école fondée dans le district, où vivent aujourd’hui plusieurs millions de travailleurs du textile. Depuis 1920, plusieurs milliers d’élèves, dont une majorité de musulmans, ont eu l’opportunité d’étudier dans les salles de classe de l’école missionnaire. Parmi eux, Tajuddin Ahmad, homme politique bangladais et militant pour l’indépendance du pays, qui fut le premier Premier ministre du Bangladesh d’avril 1971 à janvier 1972, peu après la déclaration d’indépendance le 26 mars 1971. Pour cette raison, le lycée Saint Nicolas est considéré comme l’une des institutions « phares » du Bangladesh.

Du jeudi 2 au samedi 4 janvier, le lycée Saint-Nicolas de Gazipur, un district industriel de Dacca, a fêté un siècle de présence auprès de la population bangladaise. Fondé par les missionnaires de la Sainte-Croix en 1920, le lycée était destiné à donner aux garçons une éducation morale et spirituelle en plus de l’enseignement scolaire principal. Pour les missionnaires, l’éducation générale d’un enfant doit lui permettre de réussir dans sa vie et dans son travail. Meher Afroz Chumki, membre du Parlement bangladais, qui a été accueilli comme invité d’honneur pour le centenaire du lycée, a déclaré qu’à Gazipur, « certains missionnaires chrétiens qui dirigent des écoles jouent un rôle essentiel dans le secteur éducatif du pays ». « Le lycée Saint-Nicolas en fait partie. Beaucoup de personnalités bangladaises ont été formées et se sont développées dans cette école. J’espère qu’à l’avenir, cet établissement continuera de servir d’une façon aussi exemplaire », a-t-il ajouté. Le cardinal Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca, qui présidait les célébrations du centenaire du lycée Saint-Nicolas, a également confié que le lycée « fournit une éducation non sectaire, adaptée à tous, quelle que soit l’origine ou la croyance ». Le Dr Benedict Alo D’Rozario, président de Caritas Asie, fait partie des anciens élèves du lycée. Présent durant les célébrations, il a confié que « les frères de la Sainte-Croix et les enseignants m’ont aidé à construire ma vie et à préparer ma carrière ». « Si je n’avais pas étudié ici, je n’aurais sûrement pas réussi de la même manière », a-t-il assuré, en conseillant aux élèves d’être « honnêtes, de travailler dur, et de prier Dieu tout-puissant pour qu’ils puissent s’épanouir et réussir dans la vie ». Manjur Kader Khan, musulman et inspecteur général adjoint de la police bangladaise, a également étudié au lycée Saint-Nicolas. « Je suis fier d’avoir pu étudier ici. Cette école m’a appris à être honnête et à rechercher le bien dans ma vie », a-t-il témoigné, en invitant les anciens élèves du lycée à travailler au service de la société bangladaise. « Tous les ans, plusieurs centaines d’élèves quittent le lycée pour poursuivre leurs études », a confié le directeur actuel de l’établissement, le frère Prodip L. Rozario. « Nous prévoyons également de lancer un cursus supérieur. » Le Bangladesh compte près de 166 millions d’habitants, dont une grande majorité de musulmans. Les chrétiens ne représentent que 0,3 % de la population. Pourtant, les catholiques bangladais dirigent plus d’un millier d’écoles et participent activement au développement du pays, au service de millions de Bangladais quelle que soit leur confession religieuse.

(Avec Asianews, Gazipur)


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