Eglises d'Asie

Le Premier ministre Mahathir Mohamad a présenté sa démission au roi Abdullah Shah

Publié le 27/02/2020




Ce lundi 24 février, la Malaisie a connu 24 heures de crise politique avec la démission du Premier ministre Mahathir Mohamad, âgé de 94 ans. Ce dernier a présenté sa démission au roi Abdullah Shah après une tentative d’alliés de sa coalition de renverser son gouvernement et d’empêcher son successeur désigné, Anwar Ibrahim, de le remplacer. Le Premier ministre Mahathir est revenu au pouvoir il y a deux ans après avoir déjà dirigé le pays de 1981 à 2003. Mais le 24 février, sa coalition, au pouvoir depuis 2018, a éclaté avec le départ de son parti Bersatu (Parti unifié indigène de Malaisie) et de onze parlementaires du parti PKR d’Anwar. La population est désemparée face à cette situation, même si le climat reste calme selon Anil Netto, éditorialiste malaisien. En attendant, le 16e roi malaisien (monarchie constitutionnelle et élective) doit rencontrer les membres du Parlement pour former un nouveau gouvernement.

Le 25 février au matin, des tensions au sein de la coalition malaisienne au pouvoir ont conduit le Premier ministre Mahathir Mohamad, âgé de 94 ans, à démissionner en tant que chef du Parti unifié indigène de Malaisie. À la suite de sa démission, son parti a également quitté la coalition au pouvoir, l’Alliance de l’espoir (Pakatan Harapan). Selon Anil Netto, éditorialiste, « malgré les tensions politiques » et la confusion qui a suivi le départ du Premier ministre, « l’atmosphère reste tout à fait calme dans le pays ». Abdullah Shah, 16e roi de Malaisie –monarchie constitutionnelle et élective –, a accepté la démission de Mahathir Mohamad, qui reste chef du gouvernement par intérim. Le cabinet du Premier ministre a également démissionné. Le roi doit rencontrer sous peu chacun des 221 membres du Parlement, à l’exception de Mahathir, afin d’élire le nouveau chef du gouvernement malaisien (qui doit être soutenu par la majorité des parlementaires, soit au moins 112 d’entre eux). La crise politique est survenue suite à des rumeurs à propos de la création d’une nouvelle coalition qui remplacerait celle dirigée par l’alliance Pakatan Harapan. Le 24 février, le ministre des Affaires économiques, Mohamed Azmin bin Ali, a conduit onze parlementaires du parti PKR (Parti Keadilan Rakyat) d’Anwar Ibrahim à se retirer de la coalition au pouvoir. Selon certains observateurs, les différentes manœuvres qui ont conduit à la crise actuelle étaient destinées à empêcher Anwar Ibrahim de devenir Premier ministre.

Il y a moins de deux ans, Mahathir, ancien Premier ministre de 1981 à 2003, est sorti de sa retraite pour s’associer à Anwar Ibrahim, son ancien adversaire. Il devait lui céder le pouvoir selon un accord électoral passé entre les deux hommes politiques. En mai 2018, ils l’ont emporté sur la coalition du Barisan Nasional, qui dirigeait le pays depuis 1957, l’année de l’indépendance malaisienne. Récemment, les partisans d’Anwar, âgé de 72 ans, avaient commencé à presser le Premier ministre de céder le pouvoir. « Il y a deux ans, quand l’alliance Pakatan Harapan a formé un nouveau gouvernement, ce sont ses promesses de changements et son opposition à la corruption et aux barrières raciales qui ont convaincu les Malaisiens », explique Anil Netto, qui songe particulièrement aux droits de l’homme et à la justice économique et sociale. Selon lui, « les relations entre les deux principaux partis sont tendues, et le pays attend de voir quelle coalition émergera des échanges entre le roi et les parlementaires ». Face à cette situation confuse, « il est attendu des dirigeants et des parlementaires qu’ils mettent de côté les intérêts politiques particuliers pour se concentrer davantage sur l’essentiel, notamment sur le coût de la vie de plus en plus cher et qui devient lourd à supporter pour la population », ajoute-t-il. « La situation est très instable, et certains se sentent trahis. Mais une fois qu’une nouvelle coalition sera annoncée, tout sera plus clair. Il faut aussi souligner que malgré les tensions politiques, le climat est serein et les forces de l’ordre restent discrètes. Si cela s’était produit il y a vingt ou trente ans, cela aura pu tourner à la tragédie », poursuit-il. « Mais ce calme est bon signe, parce que même dans une telle situation, les gens se sentent représentés. »

(Avec Ucanews, Kuala Lumpur)


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