Eglises d'Asie

Le Sri Lanka face à une catastrophe environnementale après l’incendie d’un porte-conteneurs au large de Colombo

Publié le 02/06/2021




Le 20 mai au large de la capitale sri-lankaise, un incendie a éclaté sur le porte-conteneurs X-press Pearl, à environ 9,5 milles nautiques de la côte, entraînant une grave catastrophe environnementale pour les plages de la côte ouest du Sri Lanka et pour les pêcheurs en mer. L’incendie, maîtrisé au bout de plus d’une dizaine de jours, a déversé plusieurs tonnes de déchets plastiques et chimiques sur les côtes, entre Negombo et Mannar. Le père Sujeewa Athukorala, curé de l’église Saint-Sebastien de Negombo, explique qu’il faudra vingt ans pour que l’écosystème marin local s’en remette.

Le 31 mai, le porte-conteneurs X-Press Pearl a subi un incendie au large de Colombo, la capitale sri-lankaise, en déversant plusieurs tonnes de plastique sur les plages.

Antony Ruwan Silva, un catholique de Negombo qui enseigne à l’école du dimanche de sa paroisse, témoigne des tonnes de déchets chimiques et plastiques qui ont été rejetés sur les plages alentour après l’incendie du porte-conteneurs X-press Pearl, au large de Colombo, la capitale sri-lankaise. Il explique que de nombreux poissons et animaux marins, comme des tortues de mer, sont victimes de la catastrophe, et que l’on peut voir leurs corps sur les plages. « Il a déjà été dit que les matériaux bruts utilisés pour la production de matière plastique affecteraient tout le système océanique. Des particules microplastiques invisibles, inférieures à 5 millimètres de diamètre, peuvent être ingérées par les poissons avant d’être avalées par les hommes », déplore Antony Silva. Le gouvernement sri-lankais a lancé une enquête criminelle à propos de l’incendie massif qui s’est déclenché sur le porte-conteneurs, en provoquant une grave pollution plastique le long des plages sur la côte ouest du pays.

L’incendie, qui a éclaté le 20 mai au large de Colombo, semble n’avoir été maîtrisé que le 31 mai, soit onze jours après. « Les pêcheurs de la région risque de perdre leur travail à cause de cette catastrophe, et pas uniquement pour quelques semaines, mais peut-être pour plusieurs années pour certains d’entre eux », affirme Antony. Selon des experts, l’oxyde d’azote qui a été libéré dans l’air et dans l’océan, en grande quantité, risque de provoquer des pluies acides à l’avenir. Plusieurs conteneurs ont également été jetés à la côte, alors que le porte-conteneurs a jeté l’ancre à environ 9,5 milles nautiques (17,6 km) du port de Colombo. Les sauveteurs ont évacué 25 membres d’équipage. Des avions bombardiers d’eau et des embarcations ont été envoyés sur place pour combattre l’incendie. Le père Sujeewa Athukorala, curé de l’église Saint-Sebastien de Negombo, confie que 4 300 familles ont été déplacées dans sa paroisse à cause des conséquences environnementales de l’incendie. « Les experts estiment qu’il faudra au moins vingt ans pour que l’écosystème marin local se remette complètement de cette catastrophe malheureuse. Ils disent que même les plus petites créatures marines et leurs œufs seront détruits », déplore le prêtre.

Appels à indemniser les pêcheurs en mer sri-lankais

Un groupe de prêtres catholiques, en charge de plusieurs paroisses dans les régions côtières affectées par l’incendie du X-press Pearl, ont exprimé leur déception et invité le gouvernement à indemniser financièrement les pêcheurs en mer. « Il faut agir immédiatement pour indemniser tous les pêcheurs qui perdront leur travail à court et long terme à cause de l’incendie », demandent les onze prêtres, qui ont signé une déclaration spéciale le 28 mai. « Il faudrait également identifier et s’occuper des récifs de corail en danger, et fournir des rations alimentaires déshydratées aux familles de pêcheurs dès que possible. Nous espérons que de vraies actions pourront être entreprises rapidement au profit des pêcheurs. » Selon les environnementalistes, les tonnes de particules microplastiques et d’oxyde d’azote déversées affecteront gravement l’écosystème. Le Dr H.B. Jayasiri, de l’université océanique du Sri Lanka, estime que les déchets chimiques relâchés à cause de l’incendie risquent de pénétrer le système marin et menacer la vie marine à court et long terme. « Parmi les substances qui ont été transportées par le porte-conteneurs, il peut notamment y avoir des particules microplastiques et nanoplastiques, qui peuvent provoquer la mort si elles sont ingérées par la vie marine. Elles peuvent aussi représenter un danger sanitaire si elles sont ingérées par l’homme », a-t-il averti. Le Dr Ajantha Perera, une scientifique et universitaire sri-lankaise, explique que quand l’acide d’azote entre dans la mer, il détruit le calcium et provoque l’acidification de la vie aquatique. « Les récifs coralliens sont essentiellement constitués de carbonate de calcium, et l’acide détruit les coraux qui ont mis tant d’années à se régénérer », poursuit-elle.

Ainsi, de nombreux experts marins avertissent des conséquences sanitaires et environnementales de l’incendie sur la côte ouest sri-lankaise, de Negombo à Mannar. Malgré les restrictions sur les déplacements en raison de la pandémie, de nombreuses personnes ont approché les plages pour ramasser des débris rejetés par la mer. Le porte-parole de la police sri-lankaise, Ajith Rohana, a déclaré que la police enregistrera les déclarations du capitaine du vaisseau et de son équipage suite à une plainte déposée par l’Autorité sri-lankaise de protection de l’environnement marin (MEPA). De son côté, Antony Silva estime qu’à long terme, les pêcheurs et l’environnement marin subiront de graves conséquences à cause de la catastrophe. « C’est vraiment une tragédie pour notre écosystème marin. Le gouvernement doit faire son maximum pour protéger les êtres humains et l’environnement affectés. »

(Avec Ucanews)


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