Eglises d'Asie

L’Église catholique bangladaise compte 21 nouveaux diacres, un signe de vitalité des vocations locales

Publié le 17/06/2020




Ces derniers jours, l’Église catholique bangladaise a célébré l’ordination de 21 nouveaux diacres en vue du sacerdoce. Trois autres séminaristes, qui poursuivent leurs études à l’étranger, doivent également être ordonnés prochainement. Habituellement célébrées au grand séminaire du Saint-Esprit de Dacca, les ordinations diaconales ont été célébrées dans les diocèses respectifs des séminaristes à cause de la pandémie et du confinement. Pour l’Église locale, qui compte seulement 390 000 catholiques pour 161 millions d’habitants, majoritairement musulmans, c’est un signe de vitalité des vocations sacerdotales et religieuses au Bangladesh.

L’Église catholique bangladaise a célébré l’ordination de 21 nouveaux diacres en vue du sacerdoce, tandis que trois séminaristes, actuellement à l’étranger pour leurs études, doivent être ordonnés diacres prochainement. C’est la première fois de l’histoire de l’Église locale que 24 séminaristes deviennent diacres presque en même temps. La communauté catholique bangladaise a accueilli ces nouvelles vocations comme une grâce de Dieu. Certains des nouveaux ordonnés viennent du séminaire du Saint-Esprit de Dacca ; six autres ont été ordonnés à Rampura (Dacca) dans la chapelle du scolasticat de la congrégation de la Sainte-Croix. Les autres séminaristes ordonnés viennent de six autres diocèses bangladais. Le grand séminaire du Saint-Esprit, situé à Banani (Dacca), est le seul du pays et compte 125 séminaristes, pour une petite communauté catholique de près de 390 000 fidèles pour 161 millions d’habitants, majoritairement musulmans.

Parmi les nouveaux diacres, deux d’entre eux viennent du diocèse de Barisal. Le père Anol Terence D’Costa, prêtre du diocèse de Barisal, a participé à la formation des nouveaux diacres au séminaire du Saint-Esprit. « L’Église catholique semble bénie par ces jeunes qui sont formés au séminaire pour devenir prêtre », se réjouit-il. « C’est bon signe. Les vocations religieuses se portent bien dans le pays. Nous en sommes très heureux. » Il salue également l’excellente contribution des parents, des enseignants, des prêtres et de religieuses au service des vocations. « Ces jeunes ont reçu une bonne éducation au sein de leurs familles, et auprès des prêtres et des religieuses ; grâce à cela, ils ont choisi de rejoindre la vie sacerdotale », ajoute-t-il. Le père Anol confie que l’ordination des diacres a lieu habituellement au grand séminaire de Dacca, mais qu’en raison de la pandémie et du confinement, ils ont été ordonnés dans leurs diocèses respectifs.

« Nous sommes auprès des pauvres face à la pandémie »

« Dès aujourd’hui, ils vont aider les prêtres de leurs diocèses, selon les directives de leurs évêques », explique le père Anol. « Nous sommes particulièrement investis auprès des pauvres en ce moment, et les diacres y contribueront, avec notamment des visites aux familles et des soins pastoraux. » Parmi les nouveaux ordonnés, certains ont témoigné de la découverte de leur vocation. L’un d’entre eux, Lanard Rozario, originaire de Tumilia, une paroisse de l’archidiocèse de Dacca, confie que ses parents et ses proches l’ont encouragé dans cette voie. « Leurs encouragements m’ont aidé à me décider à entrer au séminaire, et aujourd’hui, je suis enfin devenu diacre et j’en suis très heureux. Ce que j’espérais dans la vie est devenu une réalité », ajoute-t-il. L’histoire de Richard Babu Halder est similaire. Richard, originaire du diocèse de Barisal, explique qu’il a voulu être prêtre dès son enfance. « Aujourd’hui, cela se rapproche alors que j’ai atteint la dernière étape. Ma mère et ma grand-mère m’ont beaucoup encouragé », assure-t-il. « J’ai observé la vie sainte que menait un prêtre local, le père Sylvester, et cela m’a donné envie de devenir prêtre à mon tour. » Il explique que le père Sylvester a consacré sa vie à Dieu en tant que serviteur du Christ, et que lui aussi, à son tour, il désire « travailler pour tous les croyants, au service de leur vie spirituelle ».

Anil Ignatius Marandy, quant à lui, a été ordonné diacre dans le diocèse de Rajshahi. En plus du travail pastoral au sein de sa paroisse, il souhaite venir en aide aux détenus, aux travailleurs et aux enfants. Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi, a présidé son ordination diaconale. « En tant que diacres, vous devez être serviteurs, quelles que soient les responsabilités qui vous sont confiées », a déclaré Mgr Rozario dans son homélie. « Vous devez travailler selon la volonté de Dieu, être fidèles envers lui », a-t-il ajouté, en souhaitant ses meilleurs vœux aux nouveaux ordonnés. Le nombre de vocations religieuses masculines dans l’Église catholique bangladaise est satisfaisant, selon l’Église locale, mais le nombre de vocations féminines est en déclin, particulièrement à cause de la modernisation et du développement accélérés du pays. Certains prêtres et religieuses partent travailler à l’étranger en tant que missionnaires, et d’autres s’y préparent dans un avenir proche. Il y a trente ans, l’Église catholique bangladaise a reçu l’aide de plusieurs congrégations missionnaires étrangères dont l’Institut pontifical pour les missions étrangères (PIME), les Xavériens ou la congrégation de la Sainte-Croix. Peu d’entre eux sont toujours là aujourd’hui, et les prêtres et religieux locaux sont devenus majoritaires dans le clergé bangladais.

(Avec Asianews, Dacca)


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