Eglises d'Asie

Les affirmations de la Chine sur sa capacité à vaincre l’extrême pauvreté ne convainquent pas

Publié le 01/12/2020




Ces derniers jours, la CCTV (Télévision centrale de Chine) a déclaré la « victoire » du pays sur l’extrême pauvreté, et ce malgré les conséquences économiques de la pandémie. La chaîne officielle chinoise a affirmé que 832 comtés, encore considérés officiellement comme « pauvres », seraient sortis de cet état. Cependant, de nombreuses critiques estiment que le seuil de pauvreté fixé par les autorités locales est « trop bas » – un revenu annuel de 4 000 yuans, soit 507 €. Par ailleurs, beaucoup sont sceptiques alors que les travailleurs migrants internes chinois sont particulièrement affectés par la crise sanitaire.

La Chine, selon une affirmation diffusée il y a quelques jours par la CCTV (Télévision centrale de Chine), le réseau principal de télévision publique de la République populaire de Chine, a déclaré sa « victoire sur l’extrême pauvreté », malgré les conséquences économiques négatives de la pandémie du coronavirus. Selon la chaîne de télévision chinoise, les derniers 832 comtés chinois encore considérés officiellement comme « pauvres » seraient sortis de cet état. Les autorités chinoises devraient publier une annonce officielle une fois que toutes les données auront été confirmées. L’un des objectifs du président chinois Xi Jinping était de supprimer la pauvreté d’ici 2021, soit 100 ans après la fondation du Parti communiste chinois. Les critiques ont réagi en soulignant que le seuil de pauvreté fixé par la Chine est trop bas – un revenu annuel de 4 000 yuans (507 €). Ils estiment aussi que dans de nombreuses régions du pays, beaucoup d’habitants verraient leur niveau de vie baisser drastiquement si le gouvernement devait supprimer ses programmes de soutien du revenu. Ils affirment que le calcul fait par les autorités chinoises se base sur une moyenne nationale. Plusieurs observateurs ont ajouté que le fossé économique entre les populations chinoises urbaines et rurales continue de se creuser.

Les migrants internes chinois appauvris par la crise sanitaire

Au cours des neuf premiers mois de cette année, le revenu disponible par habitant a atteint un total de 20 524 yuans (2 600 €), contre 10 650 yuans (1 349 €) dans les zones rurales. Entre 2013 et 2019, la différence entre les revenus d’un habitant de Shanghai et d’un autre de la province rurale du Xinjiang est passée de 13 506 yuans (1 711 €) à 24 376 yuans (3 089 €). Beaucoup d’analystes étrangers se montrent sceptiques quant aux chiffres officiels avancés par les autorités chinoises, qui sont souvent contradictoires. Par exemple, la crise sanitaire a plongé davantage de travailleurs migrants internes chinois dans la pauvreté – ils sont près de 29 millions dans le pays – soit une augmentation d’environ 2 millions de personnes en un an. Les chiffres sur la consommation des ménages remettent également en question les affirmations des autorités chinoises sur la fin de l’état de pauvreté des provinces concernées. Selon le Bureau national des statistiques de Chine, les ventes au détail ont chuté de 5,9 % entre janvier et octobre 2020, comparé à l’an dernier à la même période. Ces doutes ont d’ailleurs été indirectement confirmés par le Premier ministre chinois, Li Keqiang. Samedi dernier, durant une vidéoconférence avec les gouvernements de cinq provinces chinoises, il a demandé aux autorités locales de « dire la vérité » sur l’état économique réel des régions qu’ils administrent. Par ailleurs, un haut niveau d’endettement des administrations locales risque de menacer les projets de croissance du gouvernement central, qui se basent sur la stimulation de la consommation domestique.

(Avec Asianews, Pékin)


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