Eglises d'Asie

Les autorités municipales de Pékin annoncent la fermeture de 155 lieux de culte

Publié le 12/01/2021




Le 8 janvier au Bureau d’information de la municipalité de Pékin, les autorités municipales de la capitale ont annoncé la décision de fermer les 155 lieux de culte à Pékin, dans le but d’éviter la propagation de la pandémie. La nouvelle décision semble avoir été provoquée par une nouvelle vague de plus de 300 cas rapportés dans la province du Hebei, et notamment à Shijiazhuang, capitale de la province. Certaines publications anonymes sur les réseaux sociaux ont accusé les catholiques de répandre le virus. Dans un communiqué, l’Association patriotique des catholiques chinois de Shijiazhuang a dénoncé ces affirmations.

Les autorités municipales de Pékin ont décidé de fermer les 155 lieux de culte de la capitale chinoise afin d’éviter la propagation de la pandémie du Covid-19. La décision a été annoncée lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 8 janvier au Bureau d’information de la municipalité de Pékin (Beijing Municipality’s Information Office). Les responsables du Bureau d’information, aux côtés du Bureau pour les Affaires religieuses et ethniques et du Front uni local, ont décidé que « dorénavant, tous les 155 lieux de culte de la ville seront fermés au monde extérieur et toutes les activités religieuses collectives seront suspendues ». Curieusement, le Bureau d’information a pourtant reconnu que « pour l’instant, il n’y a pas eu de nouvelles infections au coronavirus ou de suspicions de nouveaux cas parmi les 155 centres religieux de notre ville, et le but ‘zéro contagion’ a été atteint ». Les églises et les temples, tout comme les particuliers chinois, ont été sujets à un confinement radical depuis janvier 2020.

Ce n’est qu’en juillet dernier que les lieux de culte ont pu rouvrir, alors que les centres commerciaux, les boutiques, les marchés et les cinémas étaient déjà à nouveau ouverts depuis un moment. Et les lieux de culte ont pu rouvrir mais dans des conditions drastiques – nombre de paroissiens limités durant les célébrations publiques, avec le respect des distanciations physiques, des célébrations plus courtes, des prises de température à l’entrée des églises, etc. – afin d’éviter les risques d’infection. Le Bureau d’information de la municipalité de Pékin a également reconnu que « durant les fêtes religieuses importantes, comme la naissance du Bouddha, l’Eid-al-Fitr, Noël ou autres, les activités religieuses sont restées stables et ordonnées dans les divers lieux de culte ». D’autant plus que face aux conditions sanitaires drastiques et aux visites constantes de la police, beaucoup de prêtres ont choisi de garder les églises fermées, en choisissant de poursuivre les activités paroissiales en ligne. La nouvelle décision des autorités pékinoises semble avoir été provoquée par une nouvelle vague de plus de 300 cas de Covid-19, rapportée la semaine dernière dans la province de Hebei, et notamment à Shijiazhuang, capitale de la province.

Protestation de l’Église à Shijiazhuang

Selon le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (Chinese Centre for Disease Control and Prevention), ces nouveaux cas seraient apparus dans une région rurale où des rassemblements religieux ont lieu au moins une fois par semaine. Certaines publications anonymes sur les réseaux sociaux, notamment sur WeChat et Weibo, ont mis en cause les fidèles catholiques et des prêtres étrangers qui auraient contaminé plusieurs villages dans le district de Gaocheng, dans la province de Hebei. Selon ces publications anonymes, il y a une vingtaine de jours, des prêtres européens et américains auraient participé à des activités religieuses sans prendre de précautions sanitaires. Dans un communiqué publié le 7 janvier, l’Association patriotique des catholiques chinois de Shijiazhuang a dénoncé ces affirmations comme erronées, en soulignant que le diocèse n’a rien à voir avec cette nouvelle propagation du virus, et qu’à ce jour, « un seul catholique de Shijiazhuang a été enregistré positif au Covid-19 ». « Ces rumeurs représentent une grave violation des droits et des intérêts des prêtres de l’Église catholique, et elles portent atteinte à l’harmonie et à la stabilité de la société », a déclaré l’Association patriotique des catholiques chinois du district de Gaocheng, à Shijiazhuang.

« Aujourd’hui, il est presque impossible, pour des prêtres européens ou américains, de venir en Chine. Et même si c’était possible, tous les immigrants doivent être mis en quarantaine dans des hôtels prévus à cet effet durant 14 jours », a protesté l’association dans son communiqué, en ajoutant que les migrants doivent également présenter un certificat prouvant un double test négatif afin d’entrer dans le pays. « Afin de protéger nos droits et nos intérêts, nous avons protesté auprès de la police contre ces rumeurs. » Malgré ces déclarations, les églises et les temples resteront fermés et les autorités ont promis d’organiser « des enquêtes spéciales sur les activités religieuses illégales dans les régions rurales, et des contrôles sur les activités religieuses, afin d’éviter les risques de propagation de la pandémie ». Pour certains catholiques de la capitale chinoise, les autorités utilisent la pandémie pour étouffer les communautés souterraines qui représentent la majorité des catholiques au Hebei, avec près d’un million de membres.

(Avec Asianews et Ucanews, Pékin)


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