Eglises d'Asie

Les catholiques bangladais réunis pour un plan d’action sur la protection de l’enfance

Publié le 22/05/2019




La Commission épiscopale Justice et Paix et l’ONG World Vision ont organisé un atelier, le samedi 18 mai à Dacca, afin de définir des « Orientations pastorales sur la protection infantile », un véritable plan d’action destiné à garantir la protection infantile au Bangladesh. Ainsi, l’Église locale a signé un accord officiel avec l’ONG World Vision afin de travailler ensemble pour « assurer la protection des enfants contre les abus et assurer un environnement sûr », ainsi que l’a souligné le Dr Benedict Alo D’Rozario, président de Caritas Asie, qui participait à l’événement. Le cardinal Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca, était également présent, ainsi que près de 70 personnes.

Le 18 mai à Dacca, évêques, fidèles et militants catholiques ont participé à un atelier sur les « Orientations pastorales sur la protection infantile », afin de définir un plan d’action pour garantir la protection des enfants au Bangladesh ; afin qu’ils bénéficient d’un environnement sain où ils puissent vivre et grandir, au sein de leur famille et de la société. Pour les participants, il était urgent de définir un programme de protection infantile, comme une ligne directrice, avant tout pour toutes les organisations chrétiennes puis pour la société dans son ensemble. La rencontre de Dacca était organisée par la Commission épiscopale Justice et Paix et par l’ONG World Vision. À cette occasion, l’Église locale a signé un accord officiel avec l’ONG World Vision, afin de travailler ensemble pour la protection de l’enfance, dans le but de définir et démarrer un plan d’action dès cette année. Le Dr Benefict Alo D’Rozario, président de Caritas Asie, qui participait à l’événement, a expliqué que la plupart des abus restaient dans l’ombre, en l’absence de véritable législation. « Aujourd’hui, c’est devenu un sujet brûlant alors que beaucoup de personnes ont osé prendre la parole pour dénoncer les abus et les injustices », a-t-il ajouté. « Il en va de la responsabilité de tous d’assurer la protection des enfants contre les abus et un environnement sûr. »

En tout, près de 75 personnes étaient présentes, dont le cardinal Patrick D’Rozario, archevêque de Dacca, ainsi que quatre évêques et plusieurs prêtres et religieuses. « Au Bangladesh, beaucoup d’enfants sont privés de leurs droits à cause de conditions sociales, éducatives, nutritionnelles et médicales inacceptables », a déclaré Mgr Gervas Rozario, président de la Commission épiscopale Justice et Paix. Malheureusement, a-t-il ajouté, « ils sont également exposés, chez eux, au travail ou dans d’autres lieux publics, à des formes graves de violences physiques et psychologiques ». Pour cette raison, « l’Église catholique doit créer un environnement sûr pour les enfants », a poursuivi l’évêque, assurant que l’Église locale « travaillera avec World Vision Bangladesh, qui a de l’expérience dans ce domaine ».

Créer un environnement sûr

Chandan Gomes, de l’ONG World Vision, a salué les initiatives de l’Église au Bangladesh, en suggérant plusieurs domaines de coopération. « Nous avons appris que les medias locaux avaient rapporté de nombreux cas de viols d’enfants », explique-t-il. C’est pourquoi, ajoute-t-il, certains enfants « ne veulent plus aller à l’école parce qu’ils ont peur » de la distance à parcourir depuis chez eux jusqu’à l’école. « D’autres ont peur d’être persécutés à l’école. C’est pourquoi le gouvernement doit approuver un code de conduite dans les salles de classe. Nos études montrent qu’au Bangladesh, 82 % des enfants sont victimes de violences et que 65 % des filles sont victimes d’abus sexuels par des proches », explique Chandan Gomes. « Les enfants sont comme des fleurs : si vous blessez leur enfance, ils ne pourront jamais l’oublier. »

Le père Liton Gomes, secrétaire de la Commission Justice et Paix, a assuré que le pays n’a aucune législation en matière de protection infantile. De plus, il a reconnu que « dans beaucoup d’écoles catholiques, trop d’enseignants frappent les élèves. Nous devons établir une stratégie contre la violence ». Le prêtre a également rappelé l’appel du pape François, insistant sur le fait que tous, dans l’Église, ont le devoir de contribuer à la création d’un environnement sécurisé pour les mineurs. « Beaucoup de filles de familles aisées racontent qu’elles sont battues par leur père quand elles n’ont pas de bonnes notes aux examens. La violence existe aussi au sein de la famille », regrette sœur Asha Virginia Gomes, directrice de l’école internationale SFX Green Herald, dirigée par les missionnaires xavières. « De même, dans beaucoup de foyers étudiants gérés par l’Église, les jeunes ne mangent pas suffisamment et ils n’ont pas assez de temps libre. Cela aussi, c’est une forme de violence. »

(Avec Asianews et Ucanews)


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