Eglises d'Asie

Les catholiques chinois célèbrent à domicile face à l’épidémie du coronavirus

Publié le 05/02/2020




Ce dimanche, de nombreux catholiques chinois sont restés prier chez eux, assis sur un canapé ou à genoux à même le sol, autour d’une table transformée en autel. Depuis le début de l’épidémie du nouveau coronavirus chinois, quelques jours avant le Nouvel an lunaire, les évêques de nombreux diocèses du pays ont donné des instructions et annulé des messes, rassemblements et autres célébrations dans le but de contrer le développement de l’épidémie. Afin de célébrer le jour du Seigneur, l’Église locale a suggéré aux fidèles de se rassembler en petits groupes pour prier ensemble et méditer la Parole de Dieu.

Ce dimanche, de nombreux catholiques chinois ont célébré le jour du Seigneur en restant chez eux, autour d’une Bible ouverte sur une table servant d’autel, afin de lire les lectures du jour, prier le chapelet, réciter des litanies et partager des intentions de prière. Ainsi, que ce soit dans l’Église officielle ou clandestine, tous ont pu prier tout en prenant des précautions sanitaires face à la crise actuelle qui frappe le pays. Mgr Joseph Li Shan, évêque de Pékin, a demandé aux membres de sa communauté de lire la Bible et de prier le chapelet. De son côté, Mgr Pierre Shao Zhumin, évêque « souterrain » de Wenzhou (dans la province de Zhejiang), a demandé la même chose en invitant notamment à prier saint Roch, protecteur des victimes de la peste, et à choisir un jour de la semaine pour jeûner et prier pour la fin de l’épidémie. Les circonstances ont placé toutes les communautés catholiques, officielles ou non, dans la même situation. Dans l’impossibilité de se rendre à l’église pour la messe, tous ont dû rester prier chez eux, dans des lieux non enregistrés comme lieux de culte, en violant au passage les nouvelles règles religieuses imposées par le gouvernement chinois. Et ainsi, défiant les instructions des autorités sur les affaires religieuses, les jeunes de moins de 18 ans ont pu prendre part à la liturgie dominicale.

« D’habitude, le dimanche, la police et les membres de l’Association patriotique restent debout devant l’église pour empêcher les enfants et les jeunes d’entrer. Mais maintenant, comme le gouvernement a demandé aux gens de rester chez eux pour éviter de répandre l’épidémie, les enfants peuvent participer à la prière à la maison, autour d’un autel improvisé », explique Mgr Zhumin. Certains estiment que l’épidémie du coronavirus pourrait entraîner un relâchement du contrôle des autorités sur les religions, mais cela ne se produira pas dans tout le pays de la même manière. Comme dans un village du nord-est de la Chine, où des membres du bureau des Affaires religieuses sont allés de porte en porte pour vérifier que les catholiques n’accrochent pas de vœux du Nouvel an mentionnant Dieu ou Jésus. Il leur a été demandé de se contenter d’écrire « quelque chose qui célèbre le Parti ou la nation ». Dans leur idéologie, de nombreux membres du parti communiste chinois ne prennent pas en compte toutes les initiatives contre la crise actuelle, comme celle de Mgr Thaddeus Ma Daqin, évêque auxiliaire de Shanghai depuis 2012 et assigné à résidence au séminaire de She Shan, qui a publié un message sur son blog : « Tous les jours, j’entends parler de nouveau cas d’infections, et je découvre les larmes et la sueur du personnel de santé qui est en première ligne. Tous les jours, je vois l’application des mesures de prévention des autorités locales, et les initiatives des habitants qui savent toujours comment se protéger au mieux et s’entraider. Tous les jours, j’apprends toutes les aides de nos amis à l’étranger, et toutes les initiatives touchantes envers la ville de Wuhan provenant de toutes les régions du pays. En Chine, malgré les difficultés, nous restons unis face à la crise. Continuons de prier avec ferveur. Que Dieu bénisse la Chine ! »

(Avec Asianews)


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