Eglises d'Asie

Les chrétiens bangladais déçus face à de nouvelles restrictions avant les fêtes de Noël

Publié le 23/12/2021




Mgr Bejoy N. D’Cruze, archevêque de Dacca, a réagi suite à une annonce du ministère de l’Intérieur, qui a appelé à prendre des mesures afin de réduire les célébrations de Noël et du 31 décembre face au contexte sanitaire. « Il est vrai que le coronavirus se répand dans le monde, mais ce n’est pas autant le cas au Bangladesh pour le moment. De plus, l’État a célébré le 50e anniversaire du Bangladesh à grande échelle il y a seulement quelques jours », a-t-il déploré. Dans un pays majoritairement musulman, Noël est l’unique fête chrétienne bénéficiant d’un jour férié.

Des étudiants chrétiens fêtent Noël dans la capitale bangladaise, Dacca. Les responsables chrétiens du pays ont déploré de nouvelles restrictions annoncées avant les fêtes.

Les responsables chrétiens bangladais ont fait part de leur frustration suivant une mesure gouvernementale, visant à imposer des restrictions sur les célébrations de Noël et du Nouvel An à cause de la pandémie de Covid-19. Dans une lettre publiée par le ministère de l’Intérieur, le département de la Sécurité publique a appelé plusieurs États et agences malaisiennes à prendre des mesures afin de réduire les célébrations et d’interdire toute festivité en extérieur, à l’occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An.

« Ce serait raisonnable de suspendre les réunions et les rassemblements, et d’assurer que les programmes religieux, sociaux et culturels soient très imités et respectent strictement les consignes sanitaires sur le jour de Noël et la nuit du 31 décembre, le dernier jour du calendrier chrétien », souligne la lettre, datée du 14 décembre. « En raison du niveau de contagion du coronavirus, toutes les cérémonies religieuses et sociales et tous les rassemblements publics à travers le monde sont célébrés en intérieur et de façon très limitée. Les cérémonies religieuses des musulmans, des hindous et des bouddhistes ont également été célébrées dans cet esprit au Bangladesh. »

Selon les chiffres du gouvernement, le Bangladesh a enregistré une baisse de 2 % des infections au Covid-19 au cours des dernières semaines. Deux joueuses bangladaises de cricket, qui ont été testées positives au variant Omicron récemment, sont guéries. Toutefois, les autorités sanitaires du pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant une nouvelle vague, dans un contexte où les gens deviennent de plus en plus réticents envers le port du masque et les recommandations sanitaires.

« Pour les chrétiens bangladais, Noël est l’unique grande fête annuelle »

Mgr Bejoy N. D’Cruze, archevêque de Dacca, a décrit cette décision concernant les fêtes de Noël comme regrettable. « Il est vrai que le coronavirus se répand dans le monde, en particulier le variant Omicron, mais ce n’est pas autant le cas au Bangladesh pour le moment. De plus, l’État a célébré le 50e anniversaire du Bangladesh à l’échelle nationale il y a seulement quelques jours. Le gouvernement n’aurait pas dû prendre cette décision tout juste avant Noël », a-t-il déploré.

L’évêque bangladais a remarqué que durant les célébrations du jubilé national, rien n’a été limité comme c’est le cas pour Noël, et que des visiteurs étrangers ont même participé aux événements. Il a ajouté que les établissements éducatifs, les marchés et les bureaux sont ouverts, et qu’il n’y a aucune restriction particulière ailleurs dans le pays. « Pour les chrétiens bangladais, Noël est l’unique grande fête annuelle, et ils veulent la célébrer librement, avec des mesures sanitaires adaptées. Il y a des ordinations sacerdotales qui sont également célébrées dans plusieurs paroisses. Alors pourquoi cette interdiction ? Oui, nous devons respecter les règles sanitaires, mais si nécessaire, nous ferons de notre mieux pour négocier avec le gouvernement », a-t-il insisté.

Nirmol Rozario, président de l’Association chrétienne du Bangladesh, explique qu’il n’a pas encore consulté les directives du ministère de l’Intérieur. « Récemment, nous avons rencontré des membres du ministère de l’Intérieur, qui nous ont assuré leur protection [durant les fêtes], mais ils ne nous ont pas parlé de restriction. Toutefois, je pense que nos programmes pourront avoir lieu comme c’était prévu, sans problèmes particuliers. Nous nous adressons aux institutions gouvernementales responsables pour en parler », réagit Nirmol Rozario, un catholique. Dans un pays majoritairement musulman, les chrétiens représentent moins d’1 % de la population sur plus de 160 millions d’habitants. On compte près de 600 000 chrétiens bangladais, majoritairement catholiques, et plus de la moitié d’entre eux viennent de groupes indigènes. La fête de Noël est l’unique festival chrétien bénéficiant d’un jour férié dans le pays.

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Stephan Uttom / Ucanews