Eglises d'Asie

Les chrétiens malaisiens appelés à voter de manière responsable lors des élections générales

Publié le 04/11/2022




Le 31 octobre, l’Association des Églises de Sarawak (ACS), un forum œcuménique malaisien, a publié une lettre pastorale avant les élections générales du 19 novembre. Dans deux semaines, près de 21 millions de Malaisiens seront appelés à élire les 222 sièges de la Dewan Rakyat, la chambre des représentants du Parlement. Mgr Simon Poh, président de l’ACS, a demandé aux chrétiens de voter « pour le bien commun ».

L’assemblée d’État du Sarawak, à Kuching. Les élections générales du 19 novembre pourraient mettre fin à des années d’incertitude politique en Malaisie.

L’Association des Églises de Sarawak (ACS), un forum œcuménique malaisien, a demandé aux chrétiens du pays de bien discerner et s’informer avant de déposer leur bulletin dans l’urne lors des prochaines élections générales de mi-novembre. Dans une lettre pastorale publiée le 31 octobre, Mgr Simon Poh, président de l’association, a souligné que « voter, c’est s’engager et être compté ». « Dieu nous a confié ce service pour travailler pour le bien de tous », a-t-il ajouté.

ACS couvre l’État du Sarawak, le plus grand État malaisien, situé au nord de l’île de Bornéo – il s’agit de la seule région malaisienne majoritairement chrétienne, dans un pays à majorité musulmane. Mgr Poh, archevêque de Kuching (capitale de l’État de Sarawak), a confié que les 15e élections générales, qui auront lieu le 19 novembre, sont une occasion d’exercer leur droit électoral comme citoyens malaisiens.

« Nous demandons aux chrétiens de voter comme des citoyens responsables de notre pays, dans le cadre de nos responsabilités morales vis-à-vis de la société et de la construction de la nation », a ajouté Poh, cité par le journal local Borneo Post, tout en précisant qu’ACS ne soutient spécifiquement aucun élu ni parti politique.

Dans sa lettre, l’association œcuménique appelle les chrétiens à ne pas déposer leurs votes aveuglément pour les candidats les plus populaires, mais à vérifier s’ils ont les qualités pour devenir de bons dirigeants : « ACS invite les membres de l’Église à rechercher et à élire des dirigeants capables d’assurer le bien commun de tous, quelles que soient les races, religions et positions sociales dans notre nation. »

Des candidats « responsables et dignes de confiance »

Les signataires de la lettre estiment qu’un bon candidat doit être « capable et compétent, responsable et transparent, digne de confiance et intègre », et aussi quelqu’un « qui craigne Dieu et qui cherche à faire ce qui est bien devant Dieu ». Le message ajoute également des préoccupations vis-à-vis des pauvres, en appelant les futurs élus à veiller à ce que leurs positions ne servent pas à exploiter les plus vulnérables, dans un souci de justice, d’égalité et d’honnêteté.

Les candidats sont également invités à « rejeter le fondamentalisme et l’intolérance religieuse » et à « protéger l’harmonie ». La communauté chrétienne locale est aussi appelée à cultiver elle-même les qualités exigées de la part des dirigeants. « Les chrétiens sont invités à développer ces qualités dans nos familles respectives, sur le lieu de travail et à travers les responsabilités qui nous sont confiées », poursuit la lettre.

Appel à défendre l’harmonie dans un contexte multiculturel et religieux

L’ACS a veillé, dans sa prise de parole, à défendre l’harmonie communautaire et la paix dans un contexte social multiculturel et multireligieux. Les musulmans représentent plus de 60 % de la population sur environ 32 millions d’habitants, contre près de 20 % de bouddhistes (qui forment la plus importante minorité du pays), 10 % de chrétiens et environ 6,3 % d’hindous, selon les estimations du gouvernement pour 2018.

Parmi les 13 États malaisiens, ceux de Sarawak et de Sabah, sur l’île de Bornéo, représentent les deux tiers de la communauté chrétienne du pays, ce qui les rend influents dans la région. Sarawak est le plus grand État du pays en termes de territoire ; les chrétiens y sont près d’1,2 million, soit 50,1 % de la population sur 2,4 millions d’habitants.

Les musulmans sont environ 800 000 (34,2 %) et les bouddhistes 300 000 (12,8 %). Les chrétiens y sont majoritairement protestants (Église anglicane). L’Église catholique y compte cependant plus de 441 300 fidèles entre l’archidiocèse de Kuching et les diocèses de Miri et Sibu.

21 millions d’électeurs appelés aux urnes

Les analystes politiques estiment que le parti UNMO (Organisation nationale des Malais unis) devrait remporter les élections du 19 novembre, l’alliance de l’opposition se trouvant en difficulté en raison de luttes de pouvoir internes. L’UNMO, un parti nationaliste malais, a été au pouvoir de manière ininterrompue après l’indépendance de 1957.

Toutefois, le parti, qui s’est entaché de corruption, en particulier avec un scandale financier impliquant la société 1MDB (1Malaysia Development Berhad), a été vaincu lors des élections générales de 2018. L’affaire en question a conduit le dirigeant du parti UNMO ainsi que l’ancien Premier ministre malaisien Najib Razak en prison.

Le parti a nommé le premier ministre actuel Ismail Sabri Yaakob comme candidat à sa propre succession. Ce dernier a dissous le Parlement le 10 octobre avant d’appeler à des élections anticipées, en affirmant que cela mettrait fin à des années d’incertitude politique dans le pays. Près de 21 millions de Malaisiens sont invités à voter pour les 222 sièges de la Dewan Rakyat, la chambre des représentants du Parlement. Un parti ou une coalition a besoin d’au moins 112 sièges pour pouvoir former un gouvernement.

(Avec Ucanews)