Eglises d'Asie

Les chrétiens sri-lankais se joignent aux communautés cingalaises et tamoules pour le nouvel an

Publié le 16/04/2021




Le 13 avril, les chrétiens sri-lankais célébraient le nouvel an cingalais et hindou aux côtés des communautés bouddhistes et hindoues, en signe de fraternité interreligieuse après 30 ans de guerre civile (1983-2009). « Les gens aiment la diversité, et le nouvel an est important pour cela. Nous nous sommes battus pendant 30 ans, et le nouvel an est une occasion de rassembler ces deux groupes », souligne Ayoma Silva, une enseignante chrétienne d’Anuradhapura, dans le centre du pays – une ville considérée comme le berceau du bouddhisme au Sri Lanka.

En avril 2019, des décorations traditionnelles à base de graines pour le nouvel an sri-lankais.

Ayoma Arundhi Silva, une enseignante chrétienne d’Anuradhapura, a fêté le nouvel an cingalais et tamoul avec sa famille bouddhiste. « Mon mari est bouddhiste, et nous suivons toutes les coutumes du festival avec ma famille élargie. Je fais cela depuis dix ans, depuis que nous sommes mariés », explique Ayoma Silva, qui enseigne à l’école du dimanche. Sa ville, Anuradhapura, dans le centre du pays, est considérée comme le berceau du bouddhisme au Sri Lanka. On y trouve un vaste réseau de temples bouddhistes anciens, de monastères et autres lieux de culte. Les chrétiens sri-lankais participent aux festivités aux côtés des bouddhistes et des hindous afin de soutenir la fraternité et la paix interreligieuse. « Les gens aiment la diversité, et le nouvel an est important pour cela. Nous nous sommes battus pendant 30 ans, et le nouvel an hindou et cingalais est une occasion de rassembler ces deux groupes ensemble », souligne Ayoma Silva, qui évoque les trois décennies de la guerre civile sri-lankaise, qui ont causé plus de 100 000 morts entre 1983 et 2009.

Favoriser l’unité après 30 ans de guerre civile

« Ce festival permet de soutenir la paix et l’unité sociale entre les bouddhistes, les hindous, les chrétiens et les musulmans », assure-t-elle, en ajoutant que sa famille a déjà participé à plusieurs événements, et qu’il y aura d’autres rituels et célébrations d’ici lundi prochain. « En participant à cela, nous nous rapprochons des autres religions et des autres groupes ethniques en travaillant ensemble. Nous devons apprendre à nos enfants à travailler et à vivre avec les différents groupes religieux et ethniques. » Le nouvel an hindou et cingalais, qui dure du 13 au 19 avril, commence par le nettoyage des maisons. On allume les lampes à huile, et divers événements et rituels sont marqués selon des divers calculs astrologiques. Le 13 avril, particulièrement important, est férié dans le pays. Le festival marque aussi le début de la saison des récoltes. Durant le festival, tous les membres de la famille préparent une table en disposant divers plats traditionnels pour le nouvel an.

De nombreuses festivités sont organisées dans les villages, auxquelles participent les enfants. « Dès l’aube du nouvel an, on prépare de nouveaux habits, le riz est cuit et presque tout le monde rend visite à ses proches et aux plus âgés », confie Ayoma Silva. Nilani Fernando, une enseignante catholique de Wennappuwa, au nord de Colombo, s’est également préparée pour le nouvel an. Elle évoque un rituel spécial, une onction versée sur la tête avec une huile végétale, préparée par un moine ou un chef de village. Le père Roshan Fernando, curé de la paroisse Saint-Antoine de Weliweriya, dans l’ouest du Sri Lanka, près de la capitale, explique que dès la fin de la messe dominicale du 11 avril, toute l’assemblée était invitée à préparer le nouvel an cingalais dans l’enceinte de la paroisse. « Nous organisons des festivités pour les enfants, en respectant les restrictions sanitaires. Les enseignants de l’école du dimanche et d’autres volontaires s’investissent dans le but de soutenir la coexistence et l’unité parmi les enfants », confie le prêtre.

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Saliya Bandara