Eglises d'Asie

Les déplacements internes toujours plus préoccupants en Asie et dans le monde selon un nouveau rapport

Publié le 01/05/2020




Selon le nouveau rapport mondial sur les déplacements internes, publié le 28 avril par l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), basé à Genève, l’Inde, les Philippines, le Bangladesh et la Chine sont les pays comptant, en 2019, le plus de personnes déplacées internes (IDP) en raison des catastrophes naturelles. Selon le rapport, en Asie du Sud en 2019, on compte également 498 000 personnes déplacées internes en raison des conflits internes, notamment en Inde et au Pakistan. Au Bangladesh, l’IDMC rapporte 88 500 personnes déplacées internes, tous motifs confondus. Le père Anthony Sen, de la commission Justice et Paix du diocèse de Dinajpur, estime que ces déplacements sont souvent dus à des menaces et à des injustices envers les minorités.

L’Inde, les Philippines, le Bangladesh et les États-Unis sont en tête des pays comptant le plus de personnes déplacées par les catastrophes naturelles au cours de l’année 2019, selon le nouveau Rapport mondial sur les déplacements internes (GRID). Le nombre de personnes déplacées par les catastrophes et par les conflits armés à travers le monde a atteint le record absolu de 50,8 millions de personnes l’an dernier, soit près de 10 millions de plus par rapport à 2018. Le rapport a été publié ce 28 avril par l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), basé à Genève, qui cite la Syrie, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Burkina Faso et l’Afghanistan parmi les pays comptant le plus grand nombre de personnes déplacées internes en raison des conflits armés ou des violences.

88 500 déplacés internes au Bangladesh

Au Bangladesh, en 2019, 88 500 personnes ont été déplacées par les catastrophes naturelles et par les violences religieuses et politiques, indique le rapport. Le père Anthony Sen, représentant de la commission Justice et Paix pour le diocèse de Dinajpur, dans le nord du Bangladesh, explique que ces déplacements sont souvent dus à des menaces et à des attaques envers les minorités, ou à des dénis de justice. Ainsi, la semaine dernière, quatre familles catholiques d’une paroisse de Ruhea, dans le district de Thakurgaon, ont été attaquées par des musulmans et ont reçu des menaces d’expulsion, ajoute le père Sen. « J’ai appelé la police et la situation s’est calmée », confie-t-il. Le prêtre évoque également le sort de plusieurs milliers de catholiques de l’ethnie Santal, dans le district de Gaibandha, qui ont été chassés violemment en 2016 dans le cadre d’un long conflit foncier. Il assure que la situation n’a pas bougé depuis. « Il n’y a eu aucune compensation ni de justice pour les victimes de ce litige, à part une petite aide alimentaire. Il semble que l’affaire ait été bloquée. »

Malgré de nombreuses promesses faites par le gouvernement, rien n’a été fait, ajoute Philemon Baskey, un catholique santal et responsable local de Gaibandha. Un responsable de Caritas Bangladesh estime quant à lui que le nombre véritable de personnes déplacées internes (IDP) dans le pays est encore bien plus élevé, et qu’elles ont besoin d’être mieux soutenues par le gouvernement et par les ONG. « Les aides envoyées sont souvent insuffisantes et ne leur sont pas toujours versées correctement. De plus, il y a un manque de coordination entre les autorités et les ONG, ce qui n’aide pas. En utilisant correctement les ressources dont nous disposons, il est possible de loger toutes les personnes déplacées », affirme-t-il. Muhammad Shah Kamal, secrétaire principal du ministère de la Gestion des catastrophes et de l’Action humanitaire, assure de son côté que le gouvernement prévoit un programme de relogement pour les personnes sans domicile et déplacées. « Notre objectif est de fournir des logements en dur à 68 038 personnes, et le programme a été étendu cette année. Peu importe la raison pour laquelle les personnes concernées ont été déplacées, nous voulons fournir un logement à tous », souligne-t-il. L’IMDC, l’auteur du rapport, craint pourtant que les conséquences de la pandémie n’affectent encore davantage la vie des personnes déplacées internes (IDP) à travers le monde. « Les IDP sont souvent particulièrement vulnérables et vivent dans des camps surpeuplés, des abris d’urgence ou des logements informels, avec peu d’accès aux soins », rappelle Alexandra Bilak, directrice d’IMDC. « La pandémie les rendra encore plus vulnérables. Cela risque de rendre leurs conditions de vie encore plus précaires. »

(Avec Ucanews, Dacca)


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