Eglises d'Asie

Les églises à nouveau ouvertes ce dimanche au Sri Lanka

Publié le 10/05/2019




Près de trois semaines après les attentats du 21 avril, le dimanche de Pâques au Sri Lanka, le cardinal Malcolm Ranjith archevêque de Colombo, a déclaré que les messes dominicales seront à nouveau célébrées le 12 mai. Après les écoles publiques où les cours ont repris le 6 mai, les écoles catholiques seront rouvertes dès le 14 mai. Le 9 mai, l’archevêque de Colombo a tenu une conférence de presse dans la capitale et célébré la messe dans l’église Saint-Sébastien de Negombo, où plus de cent personnes sont mortes le 21 avril. Aux côtés de douze évêques catholiques et de nombreux responsables religieux du pays, le cardinal Ranith a également appelé au calme en défendant l’unité interreligieuse et nationale.

Les églises catholiques au Sri Lanka seront à nouveau ouvertes ce dimanche 12 mai, alors que les évêques du pays s’efforcent de défendre l’unité interreligieuse suite aux attentats du dimanche de Pâques qui ont tué 258 personnes. Les écoles catholiques ouvriront à nouveau leurs portes cette semaine, dès le 14 mai, tandis que les cours ont redémarré dans les écoles publiques depuis le 6 mai. Le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a déclaré que les messes dominicales seront à nouveau célébrées le 12 mai. « Nous ne voulons pas que les enfants souffrent à cause de ces attaques. Nous avons décidé de rouvrir les écoles le 14 mai. Cela dépendra aussi de l’évaluation des forces de l’ordre dans plusieurs régions du district », a-t-il expliqué aux médias locaux lors d’une conférence de presse organisée le 9 mai à Colombo, aux côtés de douze évêques et du président Maithripala Sirisena. Le cardinal Ranjith a également critiqué le gouvernement pour son inaction malgré les informations des services de renseignement étrangers, qui avaient signalé des projets d’attentats le dimanche de Pâques. « Les autorités ont reçu cette information, mais cela n’a pas été communiqué correctement et nous avons subi de grandes pertes », regrette-t-il. « Nous espérons que désormais, les autorités travailleront avec les services de renseignement et qu’une stratégie adaptée sera mise en place pour combattre les activités terroristes dans le pays. »

Reconstruire l’unité

Le président Sirisena a assuré que la sécurité du pays était sous contrôle. Le cardinal Ranjith a appelé les fidèles de toutes les confessions religieuses à rester calmes. « Nous voulons répéter que tous les musulmans ne sont pas responsables de ces attaques. Ce sont des jeunes qui ont été endoctrinés par une idéologie extrémiste opposée aux enseignements de l’islam. Il n’y a pas de guerre entre les religions, il s’agit de terrorisme », a-t-il souligné. « J’ai demandé aux catholiques de ne pas chercher à se venger contre les musulmans. Notre foi nous apprend à pardonner même à ceux qui nous font du mal. » Une foule s’est attaquée à des boutiques tenues par des musulmans le 5 mai, suite à une dispute entre un conducteur de tuk-tuk et des villageois au village de Porutota, près de Negombo. Le cardinal Ranjith a célébré la messe le 9 mai dans l’église Saint-Sebastien de Negombo, où plus de cent personnes sont mortes le 21 avril.

Mgr Norbert Andradi, évêque d’Anuradhapura, a confié que le diocèse avait organisé plusieurs rencontres interreligieuses depuis les attentats. « Nous avons célébré plusieurs messes, sous la protection des forces de l’ordre, et les bouddhistes ont célébré le Bodhi Pooja [rituel de l’arbre Bodhi], afin de prier pour les âmes des défunts », explique Mgr Andradi. L’évêque ajoute qu’il a échangé avec plusieurs responsables religieux afin de défendre l’unité interreligieuse et nationale. Mgr Joseph Ponnaiah, évêque de Batticaloa, explique que les gens ont peur depuis les attaques, mais qu’ils ont généralement de bons rapports avec les musulmans. « La plupart des boutiques de Batticaloa sont tenues par des musulmans, et ceux-ci ont soutenu les forces de l’ordre. Nous demandons à la population de rester vigilants et de prendre des mesures de sécurité. Nous avons échangé avec les responsables religieux du pays afin de construire la paix, l’harmonie et la réconciliation. »

(Avec Ucanews, Colombo)