Eglises d'Asie

Les évêques birmans et le Conseil des Églises du Myanmar appellent à prier et à jeûner pour la paix

Publié le 11/02/2021




Le 9 février, la Conférence épiscopale birmane (CBCM) et le Conseil des Églises du Myanmar ont publié un communiqué commun afin d’appeler l’armée birmane à agir pacifiquement et à libérer immédiatement Aung San Suu Kyi et les autres dirigeants civils, arrêtés lors du coup d’État du 1er février. « Nous appelons les chrétiens à prier et à jeûner pour la paix, la justice et le développement dans le pays », ont-ils déclaré. La CBCM et le Conseil des Églises du Myanmar ont également demandé d’éviter toutes formes de violence et de discrimination, et appelé la communauté internationale à venir en aide au peuple birman.

Le 9 février a Loikaw, des prêtres, religieuses et séminaristes participent à une procession pacifique.

La Conférence épiscopale birmane (CBCM) et le Conseil des Églises du Myanmar ont appelé les militaires birmans à libérer immédiatement Aung San Suu Kyi et les autres dirigeants civils arrêtés lors du coup d’État, en leur demandant d’agir pacifiquement. Les dirigeants chrétiens ont déclaré partager les mêmes sentiments que les manifestants, qui ont exprimé leur opposition à l’état d’urgence imposé dans le pays après les événements du 1er février. « Nous appelons les chrétiens à prier et à jeûner pour la paix, la justice et le développement dans le pays », ont déclaré les responsables chrétiens dans un communiqué, publié le 9 février. La CBCM et le Conseil des Églises du Myanmar ont également demandé d’éviter toutes formes de violence et de discrimination. Ils ont appelé la communauté internationale à venir en aide au peuple birman. Le pape François a également demandé la libération des dirigeants politiques détenus, en exprimant sa solidarité avec le peuple du Myanmar. Des manifestations se poursuivent et s’intensifient dans tout le pays.

Le 9 février, plusieurs milliers d’habitants sont descendus dans les rues de Naypyidaw, de Rangoun, de Mandalay et des autres principales villes du pays, en défiant les interdictions des rassemblements publics de plus de cinq personnes. À Naypyidaw, la police a utilisé des canons à eau, du gaz lacrymogène et des balles réelles ; selon les médias locaux, une femme a été tuée et un autre manifestant a été hospitalisé. À Mandalay, au moins 60 personnes ont été arrêtées par la police durant les manifestations. Les États-Unis ont condamné l’usage de la force par les forces de l’ordre. « J’appelle les forces de l’ordre à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, y compris le droit de rassemblement et la liberté d’expression », a également déclaré Ola Almgren, coordonnateur résident des Nations unies en Birmanie, dans un communiqué publié le 9 février.

La CBCM appelle à la prudence lors des manifestations

Le 9 février, la CBCM a également publié une directive signée par le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun et président de la Conférence épiscopale, et par Mgr John Saw Yaw Han, secrétaire général. « Tous les prêtres, religieux et séminaristes sont interdits d’organiser des manifestations dans la rue en affichant des symboles catholiques, le drapeau du Vatican ou les noms d’organisations catholiques », ont-ils souligné, en expliquant qu’ils peuvent exprimer leur soutien aux citoyens birmans, mais sans utiliser les symboles catholiques et le drapeau du Vatican. Les directives des évêques ont été publiées après la participation de prêtres, de religieuses et de séminaristes à une procession pacifique organisée par les catholiques locaux à Loikaw, afin de montrer leur solidarité avec le peuple birman. Le 8 février, Mgr Marco Tin Win, archevêque de Mandalay, s’est tenu devant l’église locale avec d’autres prêtres, afin d’exprimer son soutien aux manifestants. Plusieurs catholiques se sont également exprimés ouvertement sur les réseaux sociaux concernant l’avis publié par les évêques. L’un d’entre eux y voit de « l’autoritarisme », tandis qu’un prêtre appelle la CBCM à retirer la directive. « Les manifestations pacifiques contre un dictateur ou contre l’injustice sont encouragées par la doctrine sociale de l’Église », a-t-il affirmé sur Facebook.

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Aung Nge Philip