Eglises d'Asie

Les habitants de Sylhet et Sunamgonj en détresse après d’importantes inondations

Publié le 10/06/2022




Mi-mai dans les districts de Sylhet et de Sunamgonj, dans l’est du Bangladesh, des inondations importantes ont affecté près de 2 millions d’habitants après plusieurs semaines de fortes précipitations dans le nord-est de l’Inde. À Laxmiprasad East Union dans le sous-district de Kanaighat (Sylhet), 20 000 familles ont perdu leurs maisons et leurs cultures. « Je n’ai jamais vu une telle inondation. Après cette tragédie, je veux demander une aide financière et une maison au gouvernement », espère un habitant. Il s’agit de la pire inondation dans la région depuis deux décennies.

Shahriar Hossain Chowdhury, un habitant du district de Sylhet, a perdu son fils de trois ans dans des inondations qui ont affecté près de 2 millions d’habitants mi-mai.

Shahriar Hossain Chowdhury, père de six enfants, a perdu son fils Ahriar, âgé de trois ans, à la suite d’un glissement de terrain, quand leur maison en terre s’est effondrée mi-mai, durant la nuit après des inondations soudaines, alors qu’ils étaient tous endormis.

« Mon enfant ne mange pas beaucoup de riz d’habitude, mais ce soir-là, il en mangeait un peu dans ma main. Sa mère l’a allaité avant de le coucher, et il n’a pas rouvert les yeux », se lamente Shahriar, interrogé le 30 mai par Ucanews. Les inondations avaient commencé à atteindre leur jardin vers midi la veille, le 13 mai, mais Shahriar, son épouse et leurs six enfants ne réalisaient pas la gravité de la situation. Le niveau de l’eau s’est considérablement élevé en seulement quelques heures.

« Nous avons été choqués de voir la maison s’effondrer soudainement. J’ai pu me débrouiller pour porter les enfants, y compris mon fils handicapé de cinq ans, Aryan, pour les mettre en sécurité. Mais malheureusement, je n’ai pas pu secourir Ahriar à temps et il a été enseveli sous les débris. » L’enterrement du jeune garçon a été compliqué alors que le niveau de l’eau ne diminuait pas. Depuis, la famille bangladaise, de Laxmiprasad East Union dans le sous-district de Kanaighat (Sylhet), s’est réfugiée dans des tentes avec peu de nourriture et d’accès à l’eau potable.

Shahriar, un fermier qui fait pousser du riz et des légumes, a également perdu 8 de ses 16 chèvres à cause de maladies liées aux inondations. « Je n’ai jamais vu une telle inondation de toute ma vie. Après cette tragédie, je veux demander au gouvernement de me donner une maison et une aide financière pour que je puisse nourrir ma famille », confie-t-il, alors qu’il n’a reçu que 10 kg de riz du gouvernement.

2 millions d’habitants affectés à Sylhet et Sunamgonj

Les inondations qui ont frappé la région en mai ont été causées par de fortes précipitations dans le nord-est de l’Inde au cours des semaines précédentes. Près de 2 millions d’habitants ont été affectés dans les districts de Sylhet et de Sunamgonj. Rien qu’à Laxmiprasad East Union, au moins 50 000 personnes ont été affectées. Selon le conseil municipal, près de 20 000 familles ont vu leurs maisons de terre détruites et leurs cultures abîmées.

Hadisul Haque vit avec sa femme et leurs quatre enfants à 300 mètres de la famille de Shahriar. Leur maison s’est également effondrée. Ils se sont réfugiés chez un proche et ils ont aussi reçu 10 kg de riz. Ils demandent également des aides du gouvernement, et espèrent pour l’instant que les ONG présentes pourront les aider à acheter des vaches et des chèvres pour survivre. « Nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, seulement de vêtements et d’un peu de nourriture », explique sa femme.

« Nous évaluons l’étendue des dégâts »

Mohammad Tamij Uddin, président de Laxmiprasad East Union, précise que du riz et d’autres rations sèches ont été distribués à 1 000 familles. Il reconnaît cependant que ce n’est pas suffisant et qu’il y a encore beaucoup à faire pour venir en aide aux victimes. Il ajoute que la situation est aggravée par les cultures détruites et le bétail tué. Il appelle le gouvernement à proposer une solution de logement à long terme et des aides agricoles. Selon Nurul Islam, du bureau de gestion des catastrophes du district, près d’1,5 million d’habitants ont été affectés par la situation à Sylhet.

« Près de 345 tonnes de riz ont déjà été distribuées et nous avons encore 244 tonnes de riz en stock. De plus, sur 2,5 millions de takas [25 000 euros] alloués aux aides, 1,5 million [15 000] ont été distribués. Il y a aussi près de 6 000 paquets de rations alimentaires », explique-t-il. « Nous évaluons l’étendue des dégâts et nous prendrons les mesures nécessaires », précise-t-il. De son côté, Caritas Bangladesh est engagée dans la région de Kanaighat depuis trois ans. « Nous sollicitons l’aide des bienfaiteurs afin de lancer des programmes alimentaires et de réhabilitation », confie Daniel Dhritu Snal, responsable de la gestion des catastrophes pour l’agence catholique à Sylhet.

(Avec Ucanews)


CRÉDITS

Stephan Uttom / Ucanews