Eglises d'Asie

Les jeunes thaïs catholiques touchés par la visite du pape François

Publié le 26/11/2019




Quelques jours après le départ du pape François de Bangkok, alors qu’il termine sa visite apostolique au Japon, les jeunes catholiques thaïlandais se disent profondément touchés par cette visite historique en Thaïlande, 35 ans après celle de saint Jean-Paul II en 1984. Surpris et heureux par cette visite inattendue, les jeunes thaïs sont nombreux à s’être engagés pour le bon déroulement de ces trois jours – y compris parmi les jeunes non catholiques, largement majoritaires dans le pays, et désireux de manifester l’hospitalité thaïlandaise et la culture locale, celle du sourire. Témoignage et reportage de Tanya, jeune thaïlandaise francophone de Bangkok.

Annoncée seulement trois mois auparavant par les autorités, la visite apostolique du pape François en Thaïlande, du 20 au 22 novembre, a véritablement mobilisé les jeunes thaïlandais dans tout le pays, tant catholiques que non-catholiques. Bien que surpris par cette visite inattendue, les fidèles thaïlandais ont manifesté toute leur joie et leur enthousiasme. Atsadong Molaeku, un jeune catholique de l’ethnie Akha, partage sa vive émotion après avoir entendu le pape : « Il me semble que la venue du pape François en Thaïlande est une grâce que le Seigneur nous a offerte. Cette nouvelle signifie que le Seigneur est toujours avec nous. » « Nous sommes très touchés que le pape vienne nous rendre visite, alors que la Thaïlande n’accueille qu’une petite minorité catholique », a renchéri Kansak Chaopaknam, un étudiant de l’université Kasetsart, située dans le nord de Bangko. Saranya Mingmongkon, étudiante de l’université Kasetsart, confie quant à elle que « c’est un grand honneur que nous ayons pu participer à la messe présidée par le pape François ; nous nous en souviendrons toute notre vie » ! De nombreux jeunes croyants ont cherché à se rendre utiles durant les trois jours de visite apostolique dans le pays, en s’interrogeant : « Que puis-je faire pour lui, pour ce vieux père venant de l’autre bout du monde ? Comment contribuer à la réussite de cette visite en m’engageant davantage ? »

« Que l’amour soit un pont »

« Il faut que j’aille demeurer dans ta maison » (Lc 19, 5) : ce verset semblait résonner dans les cœurs des jeunes thaïs catholiques, alors qu’un grand nombre d’étudiants ont participé aux préparatifs de cette visite historique. Kansak Chaopaknam, de son côté, s’est chargé d’enregistrer les personnes voulant accueillir le pape à l’église Saint-Pierre, dans la province de Nakhon Pathom, dans l’est de Bangkok. Il a également répété à maintes reprises la chanson officielle de la visite thaïlandaise, intitulée « Que l’amour soit un pont », avant la messe du 21 novembre, célébrée au Stade National. Pourtant, plusieurs étudiants catholiques, souvent en première ou en deuxième année d’université, n’ont pas pu participer aux deux messes présidées par le pape dans la capitale, qui tombaient pendant la période de leurs examens finaux. C’était le cas des étudiants de l’université de Chulalongkorn, où le pape s’est rendu pour une rencontre interreligieuse, le 22 novembre, en présence des responsables religieux du pays. Malgré le risque de ne pas valider certaines matières – un véritable cauchemar que tous les jeunes thaïs préfèrent éviter –, ces étudiants ont malgré tout consacré du temps pour accueillir le pape le mieux possible dans leur université. « Nous avons décidé de ne participer qu’à cet événement, parce que nous voulions nous donner sans réserve à la préparation et à l’organisation de cette rencontre fraternelle, ici dans notre université », a confié une jeune étudiante catholique, qui a avoué plus tard qu’elle perd près de 20 points (sur 100) en choisissant de participer à cette rencontre interreligieuse.

Il est évident que la réussite de cette visite n’aurait pas pu être la même sans l’engagement de nombreux jeunes non-catholiques, majoritaires dans le pays. Un bon nombre d’élèves et d’étudiants non-croyants de bonne volonté ont participé à la visite du pape à leur manière. Leur objectif était clair : transmettre la culture propre de la Thaïlande, celle du sourire, à un invité venu du bout du monde. En attendant le pape en agitant un petit drapeau thaï dans sa main droite, un élève de 11 ans, bouddhiste, de l’école de l’Assomption, qui ne connaît pas même le nom du pape, explique avoir parlé du pape François à ses amis en estimant qu’il « doit être quelqu’un de très bon et très saint ». Même si cette visite s’adressait avant tout aux fidèles catholiques, elle a trouvé un écho favorable dans toute la société thaïlandaise, dans le monde politique et la royauté, chez les riches comme chez les pauvres, les croyants comme les non croyants, les jeunes comme les anciens. Mais durant ces trois jours de visite, la proximité des jeunes dans le cœur du pape a particulièrement attiré leur l’attention.

(EDA / Tanya Leekamnerdthai)