Eglises d'Asie

Les minorités appellent à soutenir le pluralisme au sein des institutions d’État

Publié le 09/01/2021




Cette semaine, les responsables du Conseil pour l’unité hindoue, bouddhiste et chrétienne du Bangladesh (BHBCUC) ont appelé le gouvernement à introduire la lecture des livres saints des quatre principales religions du pays au début des sessions parlementaires et cérémonies d’État. Les dirigeants du conseil BHBCUC, le plus grand groupe représentant les minorités religieuses hindoues, bouddhistes et chrétiennes au Bangladesh, estiment que ce serait un geste symbolique pour soutenir le pluralisme, alors que le pays s’apprête, en 2021, à fêter les cinquante ans de son indépendance.

En 2016, des responsables chrétiens bangladais participent à un rassemblement national de l’Association chrétienne du Bangladesh.

Les représentants des groupes religieux minoritaires au Bangladesh ont appelé le gouvernement à introduire la lecture des Saintes Écritures des quatre principales religions présentes dans le pays, au début des sessions parlementaires et des cérémonies d’État. Le Conseil pour l’unité hindoue, bouddhiste et chrétienne du Bangladesh (BHBCUC), le plus grand groupe interreligieux du pays, a lancé cet appel cette semaine durant une conférence diffusée en ligne. Actuellement, les sessions parlementaires et les cérémonies d’État commencent toute avec la lecture du Coran, dans un pays majoritairement musulman. Les responsables du conseil BHBCUC estiment que le fait d’introduire des lectures saintes des quatre grandes religions serait un geste symbolique pour soutenir le pluralisme au Bangladesh, alors que le pays s’apprête à célébrer les cinquante ans de son indépendance (acquise le 26 mars 1971) cette année. Rana Dasgupta, juge de la Cour Suprême bangladaise et secrétaire du conseil BHBCUC, approuve une telle mesure afin de reconnaître la dignité et les droits des minorités au même titre que la majorité musulmane. « Notre Constitution a donné les mêmes droits à toutes les religions, mais seul le Coran est lu au Parlement et dans les diverses institutions de l’État. Nous espérons qu’en introduisant la lecture de toutes les Écritures, nous pouvons remplir ce vide et respecter davantage l’esprit de la Constitution », a déclaré Rana Dasgupta le 8 janvier, en ajoutant que son organisation compte organiser une conférence de presse et soumettre un mémorandum au président du Parlement, afin de faire pression sur le gouvernement.

Moins d’1 % de chrétiens sur 160 millions d’habitants

Le père Liton H. Gomes, secrétaire de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale bangladaise, approuve la demande du groupe. « Au Bangladesh, cela fait partie de notre culture ; quand nous organisons un programme, quel qu’il soit, dans nos écoles, nos universités et nos institutions laïques, nous récitons toujours des passages des quatre livres saints. Puisque notre Constitution garanti le même statut à toutes les religions, on peut introduire la même pratique au parlement et dans les autres institutions d’État », commente le père Gomes. Cette pratique de réciter les textes des quatre principales religions a été introduite au Parlement bangladais en 1972, après l’indépendance du pays. Ce système a été finalement abandonné après l’assassinat, le 15 août 1975, du président Sheikh Mujibur Rahman, considéré comme le père de la nation bangladaise et l’un des principaux acteurs de l’indépendance du pays. L’assassinat et le coup d’État avaient entraîné des troubles politiques et un régime militaire dans le pays, jusqu’au retour de la démocratie dans les années 1990. La population bangladaise, sur plus de 160 millions d’habitants, compte près de 90 % de musulmans et environ 8 % d’hindous. La population restante appartient à diverses autres religions dont le bouddhisme et le christianisme. Les chrétiens sont estimés à moins d’1 %, soit environ 600 000 fidèles.

(Avec Ucanews, Natore)


CRÉDITS

Robin Bhabuk