Eglises d'Asie – Bangladesh
Les réfugiés rohingyas sceptiques face au nouveau plan de rapatriement
Publié le 22/08/2019

Demandes clés
Muhib Ullah rappelle que les réfugiés ont précisé clairement et à de nombreuses reprises qu’ils n’accepteront de repartir que si leurs trois demandes principales – citoyenneté birmane, sécurité assurée à un niveau international et retour chez eux et non dans des camps – sont remplies. Ils s’inquiètent également de la situation actuelle dans l’Arakan. « Les Rohingyas craignent que le délai prévu pour leur rapatriement ne soit pas adapté, alors que les rebelles de l’Armée d’Arakan continuent de se battre contre l’armée birmane », conteste Muhib Ullah. « Si le gouvernement birman peut garantir la paix en Arakan et que nos demandes sont respectées, ils seront prêts à partir à n’importe quel moment. » Muhammad Rezwan, 22 ans, qui est arrivé dans le camp de Kutupalong début septembre 2017 avec les sept membres de sa famille, partage ces inquiétudes. « Je me demande s’il est possible d’entamer le processus de rapatriement dès maintenant, parce que les conflits entre les rebelles et l’armée se poursuivent toujours. Même si les noms de ma famille sont sur la nouvelle liste, je ne repartirai pas parce que c’est dangereux et que la situation n’est pas favorable », prévient-il. Muhammad Rezwan ajoute que la voix des Rohingyas a été ignorée quand le Bangladesh, la Birmanie et l’UNHCR ont signé l’accord de rapatriement l’an dernier. « Cela ne fait aucun doute que les réfugiés repartiront volontiers si leur sécurité est assurée et que leur vie en Birmanie promet d’être meilleure », ajoute-t-il. James Gomes, directeur régional de la Caritas de Chittagong, estime qu’il pourrait s’agir d’une opération « symbolique », avant le second anniversaire de l’exode des Rohingyas. « Je pense que le Bangladesh et la Birmanie essaient de faire quelque chose autour de la date du 25 août, deux ans après la fuite des Rohingyas en Bangladesh depuis l’État d’Arakan pour échapper aux atrocités de l’armée », analyse James Gomes. « Une issue pacifique à la crise des Rohingyas n’est possible que si leur retour dans leur patrie est assuré dans la dignité. Nous attendons le lancement des opérations de rapatriement, mais leur retour doit être entièrement volontaire. »
(Avec Ucanews, Dacca)
CRÉDITS
Stephan Uttom / Ucanews
