Eglises d'Asie

Les responsables musulmans malaisiens appellent à la tolérance religieuse et à l’unité nationale

Publié le 24/04/2021




Ces derniers jours, plusieurs responsables musulmans ont appelé à l’harmonie religieuse et à l’unité nationale. Malgré la décision de la Haute Cour de Malaisie, il y a plus d’un mois, d’autoriser les non-musulmans à utiliser le mot « Allah » dans leurs publications, l’accès à la liberté religieuse reste sensible dans le pays. Dans un message publié le 17 avril, Mgr Julian Leow Beng Kim, archevêque de Kuala Lumpur, a commenté la décision récente en appelant les chrétiens à la prudence : « Nous devons nous efforcer de trouver un terrain d’entente et une compréhension mutuelle avec nos frères musulmans. »

La cathédrale Saint-Jean de Kuala Lumpur.

Ces derniers jours, plusieurs responsables religieux malaisiens ont appelé à l’harmonie religieuse et à l’unité nationale, dans un pays majoritairement musulman où les islamistes se montrent de plus en plus intolérants envers les minorités religieuses, et en particulier envers les chrétiens. Le Dr Zulkifli Mohamad Al-Bakri, ministre des Affaires religieuses de Malaisie, a également appelé tous les Malaisiens à travailler davantage en faveur d’une société pluraliste. « En Malaisie, l’islam est inscrit comme la religion de la fédération, mais la liberté de religion est pratiquée depuis longtemps », a assuré le ministre, cité par Bernama, l’agence de presse nationale malaisienne. « Ce droit est inscrit dans la Constitution fédérale, pas seulement pour l’islam mais pour toutes les religions, à condition de ne pas troubler l’ordre public ni de nuire à aucun parti », a-t-il ajouté. Les propos du ministre ont été partagés par Shah Kirit Kakulal Govindji, président du Global Unity Network, une ONG islamique basée à Kuala Lumpur qui soutient « l’unité par le savoir ». « Les mentalités et les actions qui conduisent à mépriser ou insulter d’autres religions ne devraient pas exister en Malaisie », a-t-il souligné. « Nous devons respecter le droit à la liberté religieuse garanti dans ce pays. »

Les chrétiens autorisés à utiliser le mot « Allah » depuis le 10 mars

Les chrétiens représentent environ 10 % de la population sur 32 millions d’habitants. Ils sont souvent visés par les discriminations des islamistes extrémistes, bien que les violences directes restent rares. Ainsi, malgré la liberté religieuse censée être garantie, les chrétiens malaisiens subissent régulièrement des restrictions et discriminations. « En Malaisie, le gouvernement et les groupes religieux surveillent les églises, et il est illégal de partager l’Évangile avec les musulmans malaisiens », explique l’organisation Portes Ouvertes, une ONG évangélique internationale qui soutient les chrétiens persécutés. « Les convertis de l’islam au christianisme sont les plus persécutés, car toute personne de l’ethnie malaise est censée être musulmane. Ces croyants sont souvent forcés de cacher leur foi et de se rencontrer en secret. S’ils sont découverts, ils risquent d’être rejetés par leur famille ou même d’être envoyés dans un camp de rééducation. » Depuis que la Haute Cour de Malaisie, le mois dernier, a autorisé les chrétiens et les communautés non musulmanes à utiliser le mot Allah après une bataille juridique de longue date, plusieurs responsables politiques et religieux musulmans du pays se sont montrés agressifs contre les chrétiens, les accusant de s’approprier les pratiques musulmanes.

Ces dernières années, plusieurs personnalités politiques malaisiennes ont également accusé les chrétiens de vouloir convertir les personnes pauvres et peu éduquées dans le cadre de leurs programmes d’aide aux communautés démunies. De leur côté, les responsables catholiques malaisiens ont sans cesse appelé à la tolérance religieuse et demandé à pouvoir pratiquer leur foi en paix, selon les droits à la liberté religieuse garantis par la Constitution. La semaine dernière, Mgr Julian Leow Beng Kim, archevêque de Kuala Lumpur, a commenté la décision récente de la Haute Cour en rappelant que les chrétiens malaisiens devaient montrer de la retenue et rester respectueux envers leurs concitoyens musulmans. « Bien que la décision ait été en notre faveur, il nous faut éviter de nous vanter et de crier victoire, parce que l’usage du mot Allah par les non musulmans reste une question sensible dans notre pays », a-t-il confié dans un message publié le 17 avril. « Nous devons nous efforcer de trouver un terrain d’entente, un respect et une compréhension mutuels avec nos frères et sœurs musulmans. Nous continuerons de lutter pour la paix et pour la justice sur notre terre, ainsi que pour l’harmonie mutuelle et pour servir les aspirations de notre nation. »

(Avec Ucanews)


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