Eglises d'Asie

Les responsables religieux sri-lankais prient pour la fin de la pandémie

Publié le 07/04/2020




Ces derniers jours, les responsables chrétiens et bouddhistes du Sri Lanka se sont associés aux fidèles pour prier pour la fin de la pandémie. Ce vendredi 3 avril, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a présidé une prière spéciale à Notre-Dame de Lanka afin de demander son intercession pour le pays et pour le monde face à la crise, en direct via les médias et les réseaux sociaux. De leur côté, les responsables bouddhistes du pays ont appelé les temples sri-lankais à chanter le Rathana Suthraya, un discours sacré bouddhiste, tout au long de la semaine pour la protection du pays. Au 6 avril, le pays avait officiellement rapporté 176 infections confirmées, dont 5 décès.

Les moines bouddhistes sri-lankais se sont rassemblés dans les temples du pays, le 6 avril, afin de prier pour le pays confronté à la pandémie. Sampath Darmaraja, un responsable bouddhiste de Kurunegala, explique que les moines ont chanté le discours sacré Rathana Suthraya (Ratana Sutta) pour prier pour la fin de l’épidémie. « Le monde entier reste pétrifié par cette épidémie ; malgré les technologies actuelles, aucun traitement n’a encore été trouvé », s’inquiète Sampath, qui est marié à une chrétienne. Il explique que du vivant de Bouddha, quand la ville de Visala a été frappée par la maladie, le Rathana Suthraya a été chanté afin d’enrayer la contagion. Ce texte a été utilisé à plusieurs reprises, depuis, contre des maladies mortelles. Les moines de beaucoup de temples ont commencé à réciter tous ses versets, ce qu’ils poursuivront toute la semaine afin de prier pour le pays. Sampath Darmaraja explique que les responsables bouddhistes sri-lankais ont demandé à tous les temples du pays de chanter le Rathana Suthraya tous les matins et tous les soirs. « La société sri-lankaise reconnaît que cela a permis de réduire l’impact de plusieurs graves épidémies », affirme-t-il.

Au 6 avril, les autorités sanitaires du pays ont rapporté un total de 176 infections confirmées, dont 5 décès. Le premier décès, enregistré le 28 mars dans le pays, était un patient âgé de 60 ans. Plusieurs districts ont été identifiés comme des zones à risque, et un couvre-feu y a été instauré. Les aéroports du pays ont été fermés jusqu’à nouvel ordre. Plus de 2 900 détenus ont été libérés sous caution afin de prévenir la propagation de l’épidémie dans les prisons surpeuplées. Cette mesure concerne les prisonniers condamnés à des peines mineures ou ceux qui ont déjà achevé une majeure partie de leur peine. L’Église locale a annulé les messes et célébrations publiques depuis le 15 mars ; une décision survenue au milieu du carême, et avant les nombreux pèlerinages et scènes de la Passion qui rassemblent habituellement de nombreux pèlerins sri-lankais chaque année. Le 22 mars, la conférence épiscopale sri-lankaise a appelé tous les fidèles à vivre une journée de jeûne et de prière pour la protection et la guérison du pays.

Prière spéciale à Notre-Dame de Lanka

Les évêques ont également invoqué l’intercession de la Vierge Marie pour la protection et la guérison de toutes les victimes, au Sri Lanka et à travers le monde. Le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, a célébré une prière spéciale à la Vierge, le 3 avril, pour la protection du Sri Lanka et du monde entier contre le virus. Le cardinal a demandé aux catholiques de prier le chapelet et de prier tous les soirs ensemble à 19h, comme une seule famille. « En cette période de troubles, durant laquelle toute l’humanité se retrouve paralysée, notre Mère Marie, veuillez écouter nos prières », a prié le cardinal, en direct depuis la basilique Notre-Dame de Lanka de Tewatta, à Ragama. « Veuillez sauver notre pays bien aimé et le monde entier de cette épidémie tragique. » Ainsi, le pays a été consacré à Notre-Dame de Lanka pour la deuxième fois de l’histoire du pays. « Tournons-nous vers notre Mère bien aimée, qui a déjà protégé notre patrie autrefois, durant la [deuxième] guerre mondiale », a poursuivi l’archevêque de Colombo. Après une courte pause silencieuse, le cardinal s’est adressé aux fidèles et à toutes les personnes suivant la célébration devant leurs écrans, en les invitant à faire un examen de conscience et à demander à Dieu la miséricorde pour leurs péchés : « Demandons-Lui de pardonner nos péchés et de nous guérir. »

Le cardinal Ranjith a rappelé que Marie a été confiée à Jean, le disciple bien-aimé, au pied de la croix, avec les mots « Voici ta mère ! » (Jn 19, 27), et que le disciple a été confié à Marie : « Voici ton fils. » « En disant cela, Jésus a confié toute l’humanité et le monde entier à Marie. C’est pourquoi, depuis ses débuts, l’Église catholique s’est tournée vers la Vierge Marie dans les difficultés. C’est pourquoi aujourd’hui, nous sommes venus prier à ses pieds », a-t-il confié. Le cardinal s’est ensuite agenouillé devant la statue de Notre-Dame de Lanka, en silence, avant d’écrire un vœu à la Vierge sur un papier placé au pied de la statue. L’archevêque de Colombo a ensuite conclu : « Après avoir employé de grands moyens, à l’aide de toute la sagesse humaine et des technologies à notre disposition, nous n’avons toujours pas trouvé de solution. Notre Mère, vous qui avez protégé notre pays durant la Deuxième Guerre mondiale, veuillez sauver notre peuple, notre pays et le monde entier. » Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l’archevêque de Colombo, Mgr Jean-Marie Masson, s’était engagé à construire la basilique Notre-Dame de Lanka si le pays était épargné par la guerre. Le premier cardinal du pays, Mgr Thomas Benjamin Cooray, a ensuite entamé les travaux dès 1950 – la basilique a été consacrée et inaugurée en 1974.

(Avec Ucanews et Asianews, Colombo)


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