Eglises d'Asie – Birmanie
Les sœurs du Bon Pasteur auprès des victimes de la traite des personnes
Publié le 29/03/2019
Dans le village reculé de Yangon Ywar, près de Tachileik, dans l’État Shan sur la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, quatre religieuses d’une branche locale des Sœurs du Bon Pasteur ont fondé un centre en 2017, afin d’accueillir les jeunes filles et les femmes exposées à la traite des personnes et craignant les risques d’abus. Les religieuses y dirigent un programme d’accueil afin de proposer un hébergement temporaire à ces femmes, tout en leur offrant une formation professionnelle. Le centre, dirigé par sœur Eugenia, accueille actuellement cinq filles catholiques âgées de onze à quinze ans, et dirige un programme destiné à sensibiliser la population locale sur les dangers de la traite des personnes. Deux des filles sont infectées par le virus du Sida, et l’une d’entre elles a été victime de violences domestiques. « Le programme est ouvert à tous, quelle que soit l’origine ou la religion », explique sœur Eugenia. Le centre ne peut accueillir beaucoup de filles cette année faute de moyens. « Nous prévoyons d’accueillir encore quinze autres filles l’année prochaine. Nous organisons aussi un programme de sensibilisation », précise la religieuse, qui ajoute que l’accompagnement de ces filles est particulièrement difficile, beaucoup d’entre elles étant blessées psychologiquement. « Nous devons faire attention dans notre façon de nous occuper d’elles, parce qu’elles ont besoin de soutien psychologique et social, et qu’elles souffrent de dépression », explique sœur Eugenia, qui leur prépare aussi les repas. Sœur Eugenia précise que les religieuses leur proposent une formation et les sensibilise sur leurs droits. Celles que le centre ne peut héberger sont envoyées dans les locaux de la congrégation du Bon Pasteur à Loikaw, dans l’est de la Birmanie, et à Rangoun.
Pauvreté, illettrisme et sensibilisation

Les sœurs du Bon Pasteur enseignent également auprès de plusieurs dizaines d’élèves des villages voisins, qui viennent au couvent le soir. « Nous enseignons l’anglais et d’autres matières, afin de leur donner des cours de soutien en plus de l’école », confie sœur Theresa Kham, qui donne aussi des cours de peinture. Les religieuses dirigent aussi une maternelle et parrainent les frais de scolarité de 70 élèves, du CP à l’université. La Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur a été fondée en France en 1835 par sœur Marie-Euphrasie Pelletier. Les sœurs se sont installées en Birmanie en 1866. Le pays compte aujourd’hui 51 religieuses dans cinq diocèses.
(Avec Ucanews, Tachileik)
CRÉDITS
Ucanews