Eglises d'Asie

Les temples bouddhistes souffrent de l’absence de touristes étrangers

Publié le 08/06/2021




En Thaïlande, près d’un an après le début de la pandémie, les temples bouddhistes subissent les conséquences financières de la crise sanitaire et de l’absence de touristes étrangers. En 2019, près de 40 millions de touristes étrangers ont visité le pays, l’une des destinations les plus populaires au monde ; mais depuis début 2020, leur nombre est devenu insignifiant à cause de la fermeture des frontières et des mesures de quarantaine. L’économie informelle autour des temples a également été fortement touchée par la situation.

Le temple de Wat Pho (Bangkok) recevait jusqu’à 10 000 visiteurs étrangers par jour avant la pandémie.

Les temples bouddhistes thaïlandais subissent les conséquences financières de la pandémie et de l’absence de tourisme. Certains experts et moines résidents déplorent des dons insuffisants, entre autres sources de revenus nécessaires pour maintenir leur mode de vie monastique. Cette situation est particulièrement flagrante dans les villes comme Bangkok et Chiang Mai, qui étaient des destinations touristiques populaires avant le Covid-19. À Bangkok, le temple de Wat Pho Chettuphon, plus connu sous le nom de Wat Pho ou du temple du Bouddha Couché, recevait ainsi jusqu’à 10 000 visiteurs étrangers par jour avant la crise sanitaire, selon Phra Rattanasunthorn, abbé adjoint du temple de Wat Pho. Chaque visiteur étranger était invité à payer des frais d’entrée de 100 bahts (2,64 euros) pour accéder au temple, qui a également été visité par le pape François durant son voyage apostolique dans la capitale thaïlandaise, en novembre 2019. Toutefois, alors que les frontières sont restées fermées au tourisme de masse durant plus d’un an, les sources de revenus se sont taries. Par ailleurs, le temple a dû trouver au moins 3 millions de bahts (79 089 euros) par mois pour payer l’eau courante, l’électricité et les salaires des employés travaillant sur le site – notamment les administrateurs, les agents de sécurité et le personnel d’entretien. « Si les touristes viennent, nous pourrons rester ici, au temple historique. Mais s’ils ne viennent pas, ce sera difficile pour nous de continuer de vivre ici », a expliqué récemment Phra Rattanasunthorn, cité dans un journal local.

L’économie informelle fortement touchée

La situation est similaire dans une grande majorité des autres temples du cœur historique de Bangkok, ainsi qu’à Chiang Mai et dans tout le pays. « Certains temples bouddhistes, qui se reposaient en grande partie sur les dons des touristes étrangers, peinent aujourd’hui à survivre à la pandémie », explique Brooke Schedneck, professeur assistant d’études religieuses au Rhodes College (États-Unis), qui a mené des recherches en Thaïlande. « Les pertes ont été significatives pour les membres de la communauté monastique locale et pour les petits commerces qui pullulent à proximité des temples thaïlandais. Beaucoup de commerçants, qui vendent de l’eau, de la nourriture ou des souvenirs autour des temples, ont perdu leurs revenus. »

Plusieurs millions d’autres Thaïlandais à faible revenu travaillent pour une économie informelle largement dépendante du tourisme. À cause de la pandémie et de ses conséquences, la plupart d’entre eux n’ont touché aucun salaire durant plusieurs mois, parfois un an. Le pays a subi une nouvelle vague ces dernières semaines, avec un taux d’infection et de décès relativement élevé. Selon une étude menée par le Bureau national des statistiques en 2018, plus de 21 millions de Thaïlandais, sur une population de 69 millions d’habitants, travaillent pour le secteur informel de l’économie, avec une proportion semblable d’hommes et de femmes. En 2019, près de 40 millions de touristes étrangers ont visité la Thaïlande, l’une des destinations les plus populaires au monde. Toutefois, depuis le début de la pandémie, début 2020, le nombre de touristes étrangers a été réduit à un niveau insignifiant. En l’absence de touristes étrangers, d’autres initiatives populaires autour des temples bouddhistes, comme les « Monk Chats » (des échanges interreligieux réguliers entre les moines bouddhistes et les visiteurs étrangers), ont dû être également suspendues. « Il est difficile de mesurer les pertes, mais elles auront assurément un impact conséquent et pour un certain temps », assure Brooke Schedneck.

(Avec Ucanews)


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