Eglises d'Asie

Les travailleurs sociaux lancent un mouvement de grève afin d’alerter sur la crise humanitaire hongkongaise

Publié le 19/12/2019




Le 17 décembre devant le City Hall de Hong-Kong, près de mille travailleurs sociaux hongkongais se sont rassemblés pour appeler à la grève, en sonnant l’alarme face à la crise humanitaire qui frappe la société hongkongaise. Les activistes se sont rassemblés à Edinburgh Place en soutien aux manifestants pro démocratie, et afin de condamner la gestion de la situation par la police depuis les débuts du mouvement de contestation. Depuis six mois, les violences entre les manifestants et la police ont entraîné plus de 6 000 arrestations, dont 40 % d’étudiants. Anthony, qui travaille pour Caritas Hong-Kong, la branche caritative de l’Église catholique hongkongaise, appelle le gouvernement à accepter la présence des travailleurs sociaux : « Si les autorités avaient joué leur rôle et avaient recherché les conseils des ONG, beaucoup de tragédies auraient pu être évitées. »

Mardi 17 décembre, près de mille personnes engagées dans le secteur social hongkongais ont organisé trois jours de grève afin de faire pression sur le gouvernement pour les autoriser à travailler auprès des militants pro démocratie, afin de contribuer à apaiser les tensions après plusieurs mois de contestations. Les militants, dont des équipes de diverses ONG, des membres du département social du gouvernement hongkongais et des étudiants de plusieurs formations sociales, se sont rassemblés devant le Hong-Kong City Hall au début du mouvement de grève. Parmi eux se trouvaient près de cent membres de Caritas Hong-Kong, l’organisation sociale de l’Église catholique à Hong-Kong. Anthony, un employé de Caritas participant à la grève, affirme que le gouvernement hongkongais n’a pas su écouter les différentes catégories de la société, et que les autorités ont « oublié leur devoir ». « Ils ont refusé d’accepter la présence des travailleurs sociaux là où les manifestations ont eu lieu. Cela aurait pu aider à apaiser la situation », regrette-t-il. « Si les autorités avaient joué leur rôle et avaient recherché les conseils des ONG, beaucoup de tragédies auraient pu être évitées au cours des six derniers mois », ajoute-t-il. Samuel Heung, catholique et travailleur social, explique qu’il veut participer au mouvement de contestations en se mettant au service des manifestants, « en particulier auprès de ceux qui ont été victimes d’attaques physiques et qui ont été blessés ou qui sont traumatisés par les événements ». Francis, qui participait également à la grève du 17 décembre, explique que c’est pour lui une occasion de réfléchir au sens de la justice, « une valeur essentielle à notre profession ». « Quand nous voyons les jeunes générations risquer leur vie et s’engager pour la justice, que pourrais-je faire d’autre ? » demande-t-il. Le 17 décembre, au premier jour de la grève, le gouvernement n’a déployé aucune intervention policière. Pour Anthony, cela montre que les autorités « croient en notre capacité d’exposer nos demandes de façon pacifique », ajoute-t-il, en espérant que le gouvernement prenne en compte leur demande d’être autorisés à intervenir en cas de tensions.

(Avec Ucanews, Hong-Kong)


CRÉDITS

DR