Eglises d'Asie

L’Inde annonce le financement de nouveaux logements pour les pèlerins du sanctuaire marial de Madhu

Publié le 17/03/2021




Le 11 mars à Colombo, le Haut-commissariat de l’Inde au Sri Lanka a annoncé la construction de 144 logements pour les pèlerins du sanctuaire Notre-Dame de Madhu, dans le nord-ouest du Sri Lanka. Les travaux, financés par le gouvernement indien, font partie de plusieurs projets destinés à soutenir les relations entre les deux pays et à relancer le tourisme. Les liaisons entre Chennai (au Tamil Nadu) et Jaffna (au nord du Sri Lanka), fermées pendant la pandémie, doivent également être réouvertes. Le sanctuaire de Madhu attire chaque année de nombreux pèlerins chrétiens et non chrétiens.

Le 11 mars, le haut-commissaire indien au Sri Lanka, le ministre sri-lankais du Tourisme et l’évêque de Mannar ont inauguré les travaux de 144 nouveaux logements pour les pèlerins de Madhu.

Dans un geste symbolique, le gouvernement indien a promis son soutien pour l’aide au logement des pèlerins se rendant au sanctuaire Notre-Dame de Madhu, dans le diocèse de Mannar, dans le nord du Sri Lanka. Gopal Baglay, haut-commissaire de l’Inde au Sri Lanka, a confirmé cette mesure sans précédent la semaine dernière. La décision des autorités indiennes a été saluée avec joie et gratitude par les fidèles et les pèlerins du sanctuaire marial de Madhu. Selon les informations fournies par le Haut-commissariat indien, ce jeudi 11 mars à Colombo, New Delhi a donné son feu vert pour la construction de 144 logements intermédiaires, dans un quartier situé face à l’église de Madhu, afin de loger les pèlerins se rendant au sanctuaire. Le haut-commissaire Gopal Bagle, le ministre sri-lankais du Tourisme Prasanna Ranatunga et Mgr Emmanuel Fernando, évêque du diocèse de Mannar, étaient présents pour l’inauguration officielle des travaux. La communauté tamoule était représentée par Selvam Adaikkalanathan, K. Kader Masthan et Kulasingam Dhileeban, des élus locaux tamouls. Les logements seront financés par l’Inde et coûteront près de 300 millions de roupies sri-lankaises (1,27 million d’euros).

Une destination pour de nombreux pèlerins non chrétiens

Les pèlerins se sont réjouis de l’annonce, alors que beaucoup d’entre eux visitent le sanctuaire marial deux à trois fois par an. Ils ont salué « une aide précieuse » qui permet un développement significatif du sanctuaire et du pèlerinage de Madhu. Kanishka De Silva et son épouse, un couple originaire du diocèse de Chilaw dans le nord-ouest du Sri Lanka, confie que « si les logements sont fournis de façon pertinente et organisée, ce sera une grande aide pour les pèlerins » qui pourront prier au sanctuaire « avec l’esprit plus tranquille et disponible ». Pour Selvarani Joseph, une catholique de l’archidiocèse de Colombo, ce sera une « aide précieuse » pour tous les pèlerins, d’autant plus que « des fidèles d’autres religions viennent aussi prier à Madhu, et pas seulement les catholiques ». « Ainsi, tout le monde pourra être logé de façon confortable et paisible », ajoute-t-elle, en espérant que les autorités « entretiendront bien les nouveaux logements ». Le haut-commissaire indien a également annoncé d’autres initiatives futures destinées à renforcer les liens et l’amitié entre les deux pays voisins. Prasanna Ranatunga, le ministre sri-lankais, a aussi souligné que son gouvernement se prépare à restaurer les liaisons directes entre la péninsule de Jaffna (à l’extrême nord du Sri-Lanka) et la ville de Chennai (capitale de l’État du Tamil Nadu, dans le sud-est de l’Inde). Les liaisons avaient été suspendues au début de la pandémie.

Tentatives de relancer le tourisme entre l’Inde et le Sri Lanka

« L’Inde est le plus grand pays émetteur pour le trafic touristique au Sri Lanka », a expliqué Prasanna Ranatunga. « Toutefois, à cause de la crise sanitaire, les touristes indiens ont cessé de venir. » Cette situation a poussé les autorités à lancer différentes initiatives dans le but de relancer le tourisme. Le sanctuaire de Madhu, dans le nord-ouest du Sri Lanka, a été directement affecté par la guerre civile sri-lankaise (1983-2009). La région a notamment été temporairement sous le contrôle des Tigres Tamouls (Tigres de libération de l’Eelam Tamoul, une organisation indépendantiste tamoule fondée en 1976). Depuis 1990, l’Église locale a aidé à loger plusieurs milliers de personnes, jusqu’à ce que la zone entourant le sanctuaire devienne un camp de réfugiés non officiel. Malgré le fait qu’il s’agissait d’une zone non militaire, le site a été bombardé en 2008, forçant l’Église à fermer le sanctuaire et à déplacer la statue de Notre-Dame de Madhu en lieu sûr. Cette dernière est revenue sur le site le 15 août 2010, le jour de la fête de l’Assomption et de la fête annuelle du pèlerinage de Madhu. Le retour de la Vierge de Madhu et la réouverture du sanctuaire, un an après la fin de la guerre civile, avaient réjoui de nombreux fidèles, chrétiens et non chrétiens.

(Avec Asianews, Colombo)


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