Eglises d'Asie

L’ONU soutient le rôle des femmes dans la société thaïlandaise

Publié le 14/11/2018




Pour l’ONU, le manque de parité au sein du pouvoir politique est un obstacle à la fondation d’une société juste et équitable. Peu de Thaïlandaises parviennent à des postes de direction ou de gouvernement. Parmi elles, la première à avoir atteint le rôle de premier ministre, Yingluck Shinawatra (photo), a été écartée lors d’un putsch en 2014, avant de fuir le pays en septembre 2017, suite à des accusations de négligence dans le cadre d’un programme de subventions aux riziculteurs. La junte militaire est au pouvoir depuis mai 2014.

La Thaïlande est l’un des pays au monde comptant le moins de femmes au sein des postes clés du pouvoir. Pour l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), c’est un signe que le pays a encore des progrès à faire pour soutenir l’engagement politique des Thaïlandaises. L’agence des Nations unies rapporte qu’en janvier 2017, le parlement thaïlandais comptait 4,9 % de femmes, plaçant le pays à la 184e place sur 190 pays, concernant la représentation des femmes au sein des principales instances du pouvoir. Dans le monde, les femmes détiennent près de 22 % des sièges parlementaires. Même au Cambodge voisin, ce chiffre est quatre fois plus élevé qu’en Thaïlande, avec 20,3 % de femmes au parlement. En plus d’être largement sous-représentées au sein des organes du pouvoir, les femmes thaïlandaises restent souvent victimes de violences. « L’indice d’inégalité de genre du Programme des Nations unies pour le développement plaçait la Thaïlande à la 93e place en 2017 », indique l’agence de l’ONU. Plusieurs hauts fonctionnaires des Nations unies affirment que cette situation empêche la Thaïlande de devenir une société juste et équitable. « La participation équitable des hommes et des femmes est une condition importante pour une bonne gouvernance et une démocratie efficace », souligne Pirkka Tapiola, ambassadeur des Nations unies pour la Thaïlande, dans un communiqué. « Cela peut contribuer à sauver des vies, à fonder des sociétés plus équitables, à améliorer le niveau de vie, à renforcer le développement de l’éducation, de la santé et des infrastructures, et à réduire la corruption politique. »

Warisara Ampornsiritam, responsable recherche et développement de l’Institut King Prajadhipok de Bangkok, le confirme. « Comme le montrent les expériences locales de développement, la mentalité et la vision des femmes sont vitales pour le développement. » Même si les Thaïlandaises sont libres et qu’elles ont progressivement acquis davantage de droits, la société reste largement patriarcale et beaucoup reste à faire. Les femmes occupent rarement les postes de direction – excepté quelques-unes qui viennent de familles aisées et bien établies. La première Thaïlandaise à avoir atteint le poste de premier ministre, Yingluck Shinawatra, a été écartée lors d’un putsch en 2014. Les militaires derrière l’opération sont restés au pouvoir depuis, réprimant la plupart des formes d’opposition. Avant le coup d’État, lors des manifestations, ses opposants scandaient régulièrement des slogans misogynes, en brandissant des pancartes à connotation sexiste. En août 2017, elle a fui la Thaïlande suite à des accusations de négligence dans le cadre d’un programme de subventions aux riziculteurs. L’ex-Première ministre, qui reste exilée à l’étranger, a été condamnée par contumace à cinq ans de prison, suite à ce que beaucoup de ses partisans considèrent comme un procès politique. « Les hommes qui détiennent l’argent et les armes ont toujours été à la tête du pays », dénonce une militante pour les droits des femmes qui réside à Bangkok.

(Avec Ucanews, Bangkok)


CRÉDITS

World Economic Forum