Eglises d'Asie

L’UNHCR adopte une résolution sur la situation des droits de l’homme en Birmanie

Publié le 24/06/2020




Le 22 juin, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (UNHCR) a adopté une résolution sur la situation des droits de l’homme en Birmanie. Le Conseil des Nations unies a notamment décidé de prolonger d’un an le mandat de Thomas H. Andrews, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Birmanie. Selon le rapport d’une mission d’établissement des faits des Nations unies, en août 2017, l’armée birmane s’est rendue coupable de quatre des cinq catégories d’actes génocidaires contre les Rohingyas dans l’État d’Arakan. Kyaw Moe Tun, représentant permanent de la Birmanie aux Nations unies, a rejeté le projet de résolution, en affirmant qu’elle ne ferait qu’imposer « de graves obstacles à nos efforts de paix, de stabilité et de développement ».

Lors de sa 43e session à Genève, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (UNHCR) a appelé la Birmanie à garantir aux corps diplomatiques, aux observateurs indépendants et aux représentants des médias nationaux et internationaux un « accès complet et sans entrave » aux zones de conflits, « sans crainte de représailles, d’intimidations ou d’attaques ». L’UNHCR a également demandé la levée de la coupure Internet dans les États Rakhine (Arakan) et Chin, mise en place dans quatre cantons depuis le 21 juin 2019, et dans cinq autres cantons depuis le 3 février dernier. Le 22 juin, le Conseil des droits de l’homme a adopté une résolution sur la situation en Birmanie (votée par 37 voix contre 2, avec 8 abstentions). Les Philippines et le Venezuela s’y sont opposés, tandis que l’Inde, l’Indonésie et le Népal faisaient partie des huit abstentions. Le Vietnam, de son côté, a rejeté le projet de résolution de l’UNHCR. Le Conseil des Nations unies a notamment décidé de prolonger d’un an le mandat de Thomas H. Andrews, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Birmanie. Celle-ci devra présenter ses conclusions orales lors des 44e et 45e sessions du Conseil, ainsi qu’un rapport lors de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Thomas H. Andrews a été nommé en mars après le départ de Yanghee Lee après six ans de mandat. Le gouvernement birman a interdit Yanghee Lee d’entrée dans le pays depuis décembre 2017, en accusant ses rapports d’être biaisés. Thomas Andrews, ancien membre du Congrès américain, a également travaillé pour l’Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI), pour des ONG et pour des partis politiques dans plusieurs pays, dont le Cambodge et l’Indonésie.

Rejet de la résolution par la Birmanie

Kyaw Moe Tun, représentant permanent de la Birmanie aux Nations unies, a rejeté le projet de résolution, en soulignant que « les questions des droits de l’homme doivent être traitées selon le contexte global à travers une approche constructive, non conflictuelle, non politisée et basée sur le dialogue, d’une façon équitable et juste ». Il a ajouté que le droit de souveraineté du pays devait être respecté. Il a affirmé que la résolution ne permettrait en rien de « contribuer à trouver des solutions permettant de dépasser les épreuves que nous rencontrons », mais qu’elle imposerait « de graves obstacles à nos efforts de paix, de stabilité et de développement ». En août 2017, plus de 700 000 Rohingyas ont dû fuir leurs foyers dans l’État de Rakhine (Arakan) en raison d’une répression violente, dont une majorité sont toujours réfugiés dans des camps au Bangladesh. Selon le rapport d’une mission d’établissement des faits des Nations unies, l’armée birmane s’est rendue coupable de quatre des cinq catégories d’actes génocidaires contre les Rohingyas. Le rapport a conclu que le général Min Aung Hlaing et cinq autres généraux de l’armée birmane devaient être poursuivis en justice pour génocide et pour crimes contre l’humanité. L’armée birmane a nié les accusations, tout en affirmant que les opérations dans l’État de Rakhine avaient été justifiées par des attaques commises en août 2017 contre des postes frontières par l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, un groupe armé actif dans l’État d’Arakan.

(Avec Ucanews, Mandalay)


CRÉDITS

Catholic Bishops' Social Communication Office