Eglises d'Asie

L’université baptiste de Hong-Kong partage ses craintes face à la future loi sur la sécurité nationale

Publié le 05/06/2020




Le 1er juin, l’université baptiste de Hong-Kong (HKBU), la première université chrétienne hongkongaise, a partagé ses craintes concernant la mesure approuvée le 28 mai par le Parlement chinois (NPC) à propos de la future loi sur la sécurité nationale. Les organisations de défense des droits de l’homme et de nombreux médias craignent que les clauses de la future loi destinées à punir les actes terroristes ne visent les meneurs des manifestations pro démocratie à Hong-Kong. La loi doit être rédigée et promulguée au cours des trois prochains mois, afin d’entrer en vigueur d’ici septembre. Certains y voient la fin du principe « un pays, deux systèmes ».

La seule université chrétienne de Hong-Kong a refusé de se joindre au communiqué conjoint de cinq universités majeures de la région administrative spéciale hongkongaise, qui ont salué la mesure controversée sur la sécurité nationale, approuvée par le parlement chinois. Le projet de loi est dénoncé comme une tentative de répression du mouvement démocratique hongkongais. Cinq des huit universités publiques de Hong-Kong ont soutenu la nouvelle loi sur la sécurité nationale, destinée à réprimer et punir les tentatives de subversion, de sécession, d’ingérence étrangère et de terrorisme. Mais l’université baptiste de Hong-Kong (HKBU), la seule université chrétienne hongkongaise, a refusé de se joindre au communiqué. Le 1er juin, l’université a publié son propre communiqué, en exprimant ses inquiétudes à propos du projet de loi, tout en soulignant la nécessité de renforcer la sécurité nationale et la stabilité à Hong-Kong. La mesure a soulevé de nombreuses critiques et inquiétudes parmi la population, y compris parmi les étudiants et universitaires, selon une déclaration signée par le professeur Roland Chin Thai-hong, président et vice-chancelier de l’université HKBU. Dans son message, il a confié son espérance que « le gouvernement continue de communiquer activement avec le public afin d’assurer que la loi soit appropriée à la situation de Hong-Kong, qu’elle réponde aux attentes du public et que ce dernier puisse la comprendre pleinement ».

« Un pays, deux systèmes »

Le 28 mai, le parlement chinois (NPC) a approuvé la mesure sans en préciser les détails. Les organisations de défense des droits de l’homme et de nombreux médias craignent que les clauses destinées à punir les actes terroristes ne visent les meneurs des manifestations pro démocratie à Hong-Kong. La loi doit encore être rédigée et promulguée au cours des trois prochains mois, afin d’entrer en vigueur d’ici le mois de septembre. Beaucoup d’observateurs y voient la détermination des autorités chinoises à en finir avec le principe « un pays, deux systèmes ». « Nous espérons que la loi sur la sécurité nationale protège l’autonomie et la liberté académique garantie aux universités hongkongaises par la Loi fondamentale [qui sert de mini-Constitution pour Hong-Kong] », a déclaré l’université HKBU, fondée il y a près de soixante ans. « L’université baptiste continuera de faire son devoir en poursuivant sa mission d’éducation, en transmettant le savoir, en faisant fructifier les talents et en contribuant à la société. » L’université est issue du Hong Kong Baptist College, fondé en 1956 par la Convention baptiste de Hong-Kong. L’école est devenue une institution publique officielle en 1983, et elle a obtenu le statut d’université en 1994. Hong-Kong est une société pluraliste, ce qui suppose différentes positions parmi la population.

Pour l’université HKBU, qui l’a rappelé dans son communiqué, c’est l’une des raisons de la Loi fondamentale, qui garantit la liberté académique et l’autonomie institutionnelle, ainsi que la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de publication, d’association, de rassemblement, de procession et de manifestation. La déclaration de l’université a été publiée deux jours après le communiqué signé par les présidents de cinq universités publiques hongkongaises. Pour ces dernières, une telle loi est nécessaire pour garantir « un environnement social stable et sûr » et un système législatif digne de ce nom, pour maintenir l’État de droit et pour défendre le pluralisme et la tolérance, essentiels au développement à long terme de Hong-Kong. Toutefois, leur communiqué précise également soutenir pleinement le principe « un pays, deux systèmes » et le droit à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et de publication et à la liberté de rassemblement, « garantis par la Loi fondamentale ». L’université Shue Yan fait partie des premières à avoir réagi, un jour avant que la mesure ne soit approuvée par le NPC. Elle a déclaré s’attendre à ce que le gouvernement « protège pleinement l’État de droit, la liberté d’expression, de publication, de rassemblement, d’association et la liberté académique » de la population hongkongaise. Le communiqué de l’université Shue Yan a également signalé que « la sécurité nationale doit défendre la prospérité et la stabilité de Hong-Kong et l’application efficace du principe ‘un pays, deux systèmes’ ».

(Avec Ucanews, Hong-Kong)


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